Les médias : un atout pour la participation massive des femmes

Dans le souci de favoriser une plus grande participation des femmes aux élections prochaines, l’ONGDH Femmes des Médias pour la Justice au Congo (FMJC) a organisé le vendredi 5 décembre 2014, une journée de partage à l’intention des professionnels des médias,  sur leur rôle pour l’inscription massive des femmes sur les listes électorales pour les élections urbaines, municipales et locales en RDC. Cette matinée de réflexion a eu lieu dans la salle des réunions de l’AETA (Agir pour des Elections Transparentes et Apaisées), dans la commune de Limete.

Durant ces échanges, la présidente de FMJC, Kenneth Empi, ensemble avec les autres intervenantes et participants, a fait le diagnostic de la situation actuelle de la femme en ce qui concerne son apport et sa participation dans la sphère politique, en évoquant ses différents problèmes, ainsi que l’apport des médias pour le changement de la donne.

A ce sujet, Astrid Tambwe, coordinatrice du groupe thématique Droits des Femmes et Violences Sexuelles, a indiqué dans son intervention, que la RDC a ratifié plusieurs instruments juridiques internationaux qui garantissent la participation politique et publique de la femme. Malgré des avancées normatives, le pourcentage des femmes reste très faible. Elle a évoqué plusieurs raisons, considérées comme les causes de cette faible participation de la gente féminine au niveau politique du pays. Il s’agit notamment de l’enregistrement en nombre réduit de celle-ci sur les listes électorales, des pesanteurs socioculturelles qui freinent la femme et la laissent dans une position de subordination, les divisions sexuelles des tâches, la sensibilisation tardive de la CENI, la méconnaissance du concept parité par la masse, et la pauvreté qui touche beaucoup plus la femme.

En ce qui concerne le rôle des médias pour l’inscription accrue des femmes sur les listes électorales, Anna Mayimona, présidente de l’Union Congolaise des Femmes des Médias, a avant tout présenté la situation actuelle des femmes et hommes dans les médias. Elle a soulevé la problématique des stéréotypes et des préjugés répétés par les médias dans leur représentation. A cet effet, elle a appelé aux études ayant démontré que la femme est souvent représentée dans les médias comme une victime, une personne limitée, qui vient en réponse aux besoins de l’homme.  Tandis que l’homme est vu comme la personne qui a réussi la vie,  le plus fort et entrepreneur, etc.

Face à tous ces problèmes, il a été convenu que la sensibilisation de la femme, à travers les médias, est un apport moteur pour booster la participation des femmes aux élections, en plus de l’éducation des hommes comme des femmes  sur la notion de parité en partant de la cellule de base de la société qui est la famille.

C’est ainsi que les professionnels des médias présents à cette rencontre ont été appelés à mettre en place des mécanismes et stratégies qui puissent mettre la femme en confiance avec elle-même et son partenaire, mais aussi, des mécanismes amenant les politiques congolais (chefs des partis politiques et autres), à soutenir l’électorat et la représentativité de la femme à tous les niveaux.
Myriam Maroy

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