Les masques vont tomber !

En lisant attentivement le droit de réponse de la firme MagEnergy, l’impression qui se dégage est que Le Phare n’aurait pas fait son travail de manière professionnelle. MagEnergy nous accuse pratiquement d’avoir inventé des histoires et de lui avoir imputé des faits qui ne relèveraient pas de sa responsabilité.

Au Phare, nous vouons un très grand respect à nos lecteurs et internautes. Nous ne mangeons donc ni le pain de la falsification et encore moins celui de la manipulation. C’est pour cette raison que nous nous faisons le devoir à la fois professionnel et patriotique de dire à l’auteur de la mise au point que les informations diffusées par le quotidien de l’avenue Lukusa ont été, comme d’habitude, puisées à bonne source. Et dans le cas en concerne, la source a été pour Le Phare et pour tous les organes de presse intéressés par ce dossier, les audiences de la Cour d’Appel de Kinshasa/Gombe lesquelles ont été publiques et donc ouvertes à tous.

Contrairement à l’attitude innocente que tente d’afficher MagEnergy, toute la trame du dossier montre qu’elle est omniprésente dans l’affaire, depuis son examen au niveau de l’Assemblée Nationale, lors de sa session de mars 2008, jusqu’au procès à la Cour d’Appel de Gombe, en passant par la Police Judiciaire des Parquets de la Gombe.

On se trouve ici en face d’un dossier clair. C’est le ministère public qui a permis à l’opinion de constater que toutes les questions adressées aux deux prévenus gravitaient autour de l’argent (23 millions de dollars américains) que MagEnergy aurait mis à la disposition de la Snel pour la réhabilitation du Groupe 23 d’Inga et que les intéressés étaient aussi accusés d’avoir dissimulé l’original de la Convention signée entre MagEnergy et la Snel en 2007.

C’est à l’audience du vendredi 12 février 2010 que Daniel Yengo et Nicolas Muhiya ont révélé n’avoir jamais touché un seul rond sur les 23 millions Usd et que le mouvement des fonds s’opérait entre MagEnergy, en sa qualité de pourvoyeuse des fonds, et Franco Tosi  comme entrepreneur. C’est aussi au cours de la même audience que les deux mandataires de la Snel ont indiqué qu’ils ne pouvaient dissimuler l’original d’une Convention négociée avant leur entrée en fonction et bloquée au niveau du ministère du Portefeuille en raison de son caractère léonin.

La même audience, décidément riche en informations, a permis à tous d’avoir la confirmation du caractère léonin de la Convention Snel-MagEnergy, déjà dénoncée en son temps au niveau des élus du peuple, à savoir que la Snel avait déjà eu à débourser un total de 1.800 dollars Us au profit de MagEnergy dans la rubrique « Rémunération des services », à raison de 200.000 Usd par mois, en attendant un bonus de 84 mégawatts à défalquer d’Inga et qu’elle allait commercialiser à l’étranger, auprès des clients de son choix. Ce sont ces dispositions léonines que l’ensemble du Comité de gestion de la Snel avait refusé d’appliquer, avec la bénédiction du ministère du Portefeuille, leur tutelle, et de l’Assemblée Nationale.

Entendue à l’audience du lundi 22 février, l’ADGA de la Snel, Bernadette Tokwaulu, était elle aussi interrogée au sujet du présumé détournement, par Yengo et Muhiya, des fonds décaissés par MagEnergy ainsi que du crédit de 6,5 millions Usd négocié par la Snel auprès de la BIC. Lors de la toute dernière audience, celle du lundi 1 mars 2010, MagEnery était également citée, au même titre que la BIC, Raw Bank et Afriland comme « renseignants ».

Le Phare n’a rien ramassé dans la rue, comme tente de l’insinuer MagEnergy. Le quotidien de l’avenue Lukusa pense qu’il est de son devoir de renseigner correctement le public et les décideurs sur les dessous des cartes d’une affaire où, sous couvert des poursuites judiciaires contre deux mandataires publics, sont terriblement menacés les intérêts de la RDC sur le site de la centrale hydro-électrique d’Inga. Au fait, à qui profiterait la condamnation de l’ADG et de l’ADF de la Snel ?

Pour bien cerner les enjeux du dossier judiciaire de Yengo et Muhiya, Le Phare a mis à la disposition de ses lecteurs, à l’image de ses confrères « Le Potentiel » et « Forum des As », des éléments en rapport avec une grande maffia planétaire baptisée « Fonds vautours », dont les principales victimes se recrutent parmi les sociétés des pays sous-développés. Tous ceux qui ont pris connaissance du modus operandi des architectes des « Fonds vautours » ont appris qu’il existe, à travers le monde, des firmes spécialisée dans le rachat, à des prix modiques, des dettes d’entreprises, surtout publiques, des pays pauvres, qu’ils réussissent à faire multiplier sous forme de créances exponentielles à travers des procès expéditifs au niveau des juridictions internationales.

Et, comme par hasard, Le Phare a relevé deux cas concernant la Snel, qui vient d’être condamnée tout récemment par un tribunal de Hong Kong à des pénalités de l’ordre de 151 millions Usd à payer à la firme américaine FG Hémisphère, pour une dette libellée au départ à 35,9 millions Usd, quel cette dernière avait rachetée auprès la véritable créancière de la Snel, à savoir la firme serbe Energoinvest. Cette affaire encore en suspens a comme conséquence bizarre la menace de saisie des pas de porte chinois en faveur de la Gécamines, soit 350 millions de dollars Uds, attendus de l’entreprise chinoise China Railways. Tout se passe comme dans la fable de La Fontaine (Le loups et l’agneau), selon la logique du plus fort : si n’est pas la Snel, c’est donc sa « sœur », la Gécamines.

S’agissant toujours des « Fonds vautours », la Snel a vient d’encourir une autre condamnation au niveau de la Cour Suprême d’Afrique du Sud, avec des pénalités estimées à 105 millions de dollars Us au bénéfice de FG Hémispère une fois de plus. Cela sous-entend le risque de confiscation, pendant 15 ans, des recettes d’exportation du courant d’Inga vers l’Afrique du Sud, dans un contrat signé pourtant avec la firme ESKOM.

Au regard du développement de l’affaire ministère public contre Yengo et Muhiya, Le Phare attire l’attention des Congolais sur ce qui pourrait arriver à la République, entre autres un procès en bonne et due forme que MagEnergy pourrait intenter contre la Snel auprès des juridiction internationales, en s’appuyant sur l’arrêt de la Cour d’Appel de Gombe. Le décor d’un nouveau feuilleton genre « Fonds vautours » semble en instance d’être planté. Les masques ne vont certainement pas tarder à tomber. On ose croire que nos décideurs politiques ont saisi la nature des enjeux. Il ne faut pas que l’opération « tolérance zéro » se mue en acte de haute trahison des intérêts de la République. Ci-dessous : le droit de réponse de MagEnergy et le reportage de Radio Okapi confirmant les faits relatés par Le Phare.

                                               La Rédaction

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