Les Kuluna refont surface et frappent à Kimbanseke

kuluna_0Une journée harassante de rondes interminables dans les rues de Matete, passée à écouler un bassin rempli de mandarines, Mme Marie-Louise Ilanga, 43 ans, divorcée, s’est approvisionnée en denrées alimentaires au marché de cette commune, afin d’aller préparer de la nourriture pour ses cinq enfants qu’elle a quittés tôt le matin. Pressant le pas pour atteindre son domicile situé à un millier de kilomètres, elle a emprunté ce vendredi 30 mai 2014, son chemin habituel constitué de rues du quartier Ngilima, à Matete.  Il est 22 heures.

Vers la jonction de deux avenues, non loin d’un ancien dépotoir, des ordres fusent de l’obscurité. Venez tous par ici ! tonne une ombre humaine qu’elle aura du mal à identifier. Mme Ilanga pense qu’il s’agit probablement des policiers en patrouille qui interpellent les piétons. Sa carte d’électeur servant de pièce d’identité bien rangée dans un étui, la vendeuse des fruits ne craint pas ce genre de contrôle policier. Elle progresse d’un pas sûr et se rend compte bien tard que ce sont des bandes des Kuluna en pleine activité.

Soudain, des cris de détresse. Un homme qui n’a pas pu satisfaire aux exigences des malfaiteurs lui réclamant de l’argent, a été grièvement blessé à l’avant-bras gauche à l’aide d’une machette.  Il ne sera pas la seule victime des Kuluna. Car, ces marginaux drogués et surexcités en feront d’autres. Mme Marie-Louise Ilanga également agressée et dépouillée de ses recettes de la journée, ainsi que de son colis de la farine de manioc et un paquet des poissons, a regagné sa maison, la mort dans l’âme, maudissant cette rencontre malheureuse. Cette nuit-là, ses enfants  n’auront rien mangé, ni elle aussi. Les gosses se contenteront du récit émouvant de l’agression de leur mère.

Les Kuluna que l’on croyait enfin reconvertis à d’autres activités recommandables, après l’opération Likofi I qui a inspiré la police de Brazzaville dans sa réplique de l’opération Mbata ya mukolo, viennent de signer leur retour sur la scène du banditisme urbain. Les cas de violence sont légion.

Kimbanseke, l’horreur au sortir d’une rue sombre

La veille, soit le jeudi 29 mai 2014, d’autres Kuluna se signalaient déjà dans la commune de Kimbanseke. Non pas en paradant à travers les rues, mais en frappant les esprits avec des scènes de cruauté dignes de vandales.

Au sortir d’une rue sombre, quelques piétons sont encerclés par ces bandits sentant l’herbe et brandissant des armes blanches, dont des machettes, des barres de fer, des pierres et des bâtons. Ils sont une douzaine et tous, sont menaçants et très agressifs.

            Leurs exigences ? Donnez tout ce que vous avez, de l’argent et des téléphones portables ! ordonne un malfaiteur avec sa machette. Autoritaire, il passe pour le chef de bande, bien qu’il paraît âgé de moins de 25 ans.

            M. Kumwimba Kabange, habitant sur avenue Tuzolana n° 87, quartier Kisantu, ne peut céder que son téléphone, un petit appareil sans beaucoup d’options. Son butin énerve les délinquants qui estiment que ce n’est pas assez pour obtenir sa « libération ».

            Pendant qu’il est brutalisé par quatre gaillards, il va tenter d’opposer une résistance, espérant qu’il sera suivi par d’autres victimes malmenées dans une sorte de front anti-agression. Un violent coup de barre de fer à la jambe gauche. Kumwimba blessé se tord de douleurs.

            Ses compagnons d’infortune sont également violentés. Guylain Kungenika, demeurant sur avenue Nguma n° 46, au quartier Ma Campagne, à Ngaliema, qui s’est retrouvé cette nuit-là à Kimbanseke. Un délinquant l’a empoigné au cou, lui promettant de passer un très mauvais quart d’heure. Il sera blessé à la tête. Il saigne.

            M. Mukendi Kande, domicilié sur avenue Batshikama n°118, quartier Buma, dans cette commune de Kimbanseke, s’en est sorti lui avec une blessure béante à la jambe droite. Les trois victimes abandonnées par leurs agresseurs, iront se plaindre à la police où ils ont été aussitôt identifiés.

Depuis ces agressions barbares, les enquêtes sont ouvertes pour tenter de retrouver ces marginaux qui répandent de nouveau la terreur à Kimbanseke.

Le commissariat provincial de la police ville de Kinshasa qui semble avoir  baissé les bras dans la lutte contre les Kuluna, doit se ressaisir et traquer ces bandits, afin de les traduire devant la justice.

J.R.T.     

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