Les Kinois déçus par l’attitude de la CENI

Une ronde du micro baladeur à travers les principaux quartiers de Kinshasa, pour connaître les principales attentes de la population kinoise quant au processus électoral qui affiche jusqu’à ce jour, une grande opacité de par la volonté des responsables de la Ceni, une moisson des critiques a été enregistrée par-ci par-là traduisant de sérieuses inquiétudes qu’il faudrait vite évacuer, afin de cheminer vers des élections souhaitées par tous, démocratiques, libres et transparentes. Et aussi, vers des scrutins apaisés.

La lecture de toutes ces diverses opinions donne l’état d’esprit qui règne actuellement au sein de la population congolaise, à la veille du lancement de la prochaine campagne électorale et de l’organisation des scrutins présidentiel et législatifs.
Giscard Masamuna, étudiant, fustige la résistance manifestée depuis le début par le président de la Commission électorale nationale indépendante jusqu’à ce jour. Le pasteur Daniel Ngoy Mulunda, fait remarquer cet étudiant, ignore qu’il gère cette institution d’appui à a démocratie au nom et avec l’acceptation de deux grandes familles politiques, la MP, et l’opposition institutionnelle. Etant gestionnaire et non propriétaire, il doit pouvoir rendre compte à ces deux familles politiques et à la population congolaise, de la manière dont le processus est conduit et tous les équipements utilisés et doit pouvoir répondre à toutes les exigences de transparence formulées par l’opposition.

Pareille attitude de résistance, note Giscard Masamuna, ne favorise pas la transparence, mais l’opacité dans la gouvernance d’un processus qui va décider du choix des futurs dirigeants de ce pays.
Pour le professeur Kabengele, le fait que le président de la Ceni tergiverse à répondre aux exigences de transparence exprimées par des acteurs politiques, est un signe qui ne trompe pas sur les dessous des cartes dans la gestion du matériel électoral. Si tout est clair comme l’eau de roche, s’est interrogé cet enseignant du niveau universitaire, il n’aurait aucun intérêt à ranger les cahiers de charge de l’opposition dans les oubliettes.
Le professeur Kabengele qui ajoute que satisfaire aux revendications de la famille politique « opposition », c’est également rassurer une frange importante de la population congolaise qui s’y reconnaît.
Au fil des semaines et des mois, déclare Ramazani Ali, chercheur indépendant, on constate que le président de la Ceni fait traîner les choses en longueur, dans l’unique but de faire oublier ces préalables à l’opposition qui sera pressée de vite se lancer dans la campagne électorale à l’intérieur du pays où elle était absente durant la « pré-campagne ».

Avec ce processus électoral, les acteurs politiques ne manquent pas de déplorer l’absence de l’esprit de partenariat dans le chef des responsables de la Ceni. A ses yeux, le professeur Ndjoli ne défend pas avec efficacité, les intérêts de la famille politique qu’il représente au sein de cette institution d’appui à la démocratie. Evite t-il de s’attirer le désaveu et la désapprobation de l’autre famille politique ? Telle est la question qui est suspendue sur ses lèvres.
Kahindo Séverin, homme d’affaires, se dit sceptique quant à la transparence de certains maillons de la chaîne du processus électoral par les actuels gestionnaires de la Ceni. Car, ils n’offriraient pas des garanties suffisantes de gestion orthodoxe et transparente du processus. Il n’y a qu’à se rendre compte de la manière dont ils résistent à satisfaire aux attentes légitimes exprimées par l’opposition politique.

Yav M., opérateur minier, ne s’explique pas par exemple, le transfert des bureaux de vote des territoires peuplés vers des localités isolées enclavées que les électeurs n’atteindraient qu’après des jours, voire des semaines de marche. La logique du rapprochement des bureaux de vote des électeurs aurait pu guider cette démarche, mais force est de constater que la tendance est de décourager des populations à ne pas remplir leur devoir civique. Et si de fortes pressions ne sont pas exercées sur la Ceni, prévient un pasteur, notre confrère en fera de sa tête et de ses humeurs. On sent qu’il se préoccupe plus de mettre en œuvre les stratégies de sa famille politique, allègue cet homme de l’église. Puisque cette famille politique ne formule aucune revendication, voilà que Ngoy Mulunda s’obstine à ne pas donner une suite satisfaisante à l’autre famille politique qui se trouve dans ses droits de réclamer plus de transparence à la Ceni. On ne peut donc pas l’en empêcher, fait observer le pasteur.

Les choses doivent être clarifiées et remises en ordre avant la campagne électorale, réclame Otshudi, un acteur politique, qui estime que vider les questions fondamentales posées par le cahier des charges de l’opposition politique, est plus que prioritaire que l’organisation des élections. On peut reporter la date de la tenue des scrutins, personne ne s’en plaindrait dès lors que le temps mis, a servi à rassurer les uns les autres.
A quoi bon se précipiter sans garantie de transparence, aux élections dont on contesterait les résultats pour une raison ou une autre ? s’est-il interrogé.
De toutes ces opinions, force est de constater que la majorité de la population congolaise préoccupée par l’organisation des scrutins apaisés, réclame que le fichier électoral soit assaini et publié, que le serveur central soit audité et qu’il y ait une mise à jour de la cartographie des bureaux de vote tenant compte de la densité de la population appelée à voter, des questions d’enclavement et autres pouvant isoler de nombreux compatriotes et leur priver de remplir leur devoir civique et de se choisir des dirigeants répondant à leurs attentes.

J.R.T.

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