Les jeunes de Goma réclament des armes

Un nouvel esprit est en train de naitre dans les milieux des jeunes gens, tous âges et sexes confondus. La démonstration de cet état d’esprit a été vécue hier à Goma dès les premières heures de la matinée avec la descente fracassante et spontanée d’une foule des jeunes conducteurs des motos-taxi en direction du siège de la 8ème Région Militaire. Sous les vrombissements des moteurs, klaxons, sifflets et cris de colère, ces jeunes gens criaient à tue-tête tout au long du parcours menant au quartier où se trouve le bâtiment qui abrite la 8ème Région Militaire pour réclamer des armes et munitions de guerre. La circulation des véhicules et motos a été momentanément perturbée sur les grandes artères de cette ville provoquant par moment la panique parmi les habitants des quartiers situés loin des artères principales empruntées par les manifestants.
 Des jurons, des quolibets, des appels à la mobilisation générale fusaient de partout jusqu’aux piétons qui s’étaient aussi mis dans la danse de sorte que la foule grossissait au fur et à mesure que cette marée humaine avançait vers le lieu du rendez-vous.
 
  Un mouvement spontané de colère, d’indignation, de désespoir d’une population qui s’estime abandonnée par ceux qui sont sensés la protéger contre des perturbateurs de l’ordre et de la paix sous des prétextes fallacieux pour couvrir des ambitions hégémoniques. «Comme vous ne voulez pas combattre, donnez-nous des armes et des munitions pour bouter dehors les envahisseurs rwandais», tel est l’appel  que lançaient ces jeunes gens tout au long de leur progression vers l’Etat Major provincial de la 8ème Région militaire des FARDC. Dieu merci, on n’a enregistré  aucun incident majeur mais cette montée de fièvre a eu comme effet d’être interprétée en sens divers particulièrement par les populations d’expression kinyarwanda dont certains ont pris la direction des villes et localités du Rwanda voisin.
 
Signaux clairs en direction de la communauté internationale
 
Ce mouvement spontané des jeunes gens réclamant des armes rappelle celui qui avait eu lieu au lendemain du raid manqué des éléments rwandais commandés par le général James KABAREBE en août 1998 pour prendre la ville de Kinshasa. Ce sont des jeunes  des communes périphériques de Kinshasa-Est, notamment Masina, Kimbanseke et Ndjili qui avaient surpris les soldats rwandais du RCD en se servant des pierres et autres objets tranchants, ce qui avait refroidi les ardeurs des  envahisseurs qui ont été finalement chassés de Kinshasa. Ces jeunes avaient aussi participé aux patrouilles de ratissage de la ville pour déloger les collaborateurs des agresseurs avant de répondre à l’appel à la mobilisation générale lancée par les autorités politiques sous L-D. KABILA. Ce fut le premier recrutement des volontaires pour enrichir les rangs des militaires pour une guerre «longue et populaire». Celle-ci dura finalement cinq ans  et opposa les Congolais aux troupes rwando-ougandaises et  autres mercenaires sous la couverture du RCD et du MLC dirigés par des leaders congolais recevant des ordres directement de Kigali et de Kampala.
 
Signaux clairs et spontanés en direction de la Communauté Internationale qui assiste sans réagir au génocide qui se poursuit en RDC. Signaux clairs pour rappeler au régime du Front Patriotique Rwandais que la bonne foi et le sens de l’hospitalité légendaire des congolais ne signifient pas qu’ils sont incapables de défendre leurs terres convoitées par des gens qui se croient encore à l’ère des conquêtes territoriales révolues des barbares, comme sous Alexandre le Grand, les Hittites, les Wisigoths, les Huns, les Vandales, les Perses, les Kirghizes, Napoléon 1er, Adolf HITLER, etc. Comme aime à le dire un observateur de la sous-région des Grands Lacs « tôt ou tard, la Communauté Internationale sera accusée de non assistance à un peuple victime d’un génocide ». Des nombreux rapports ont mis à nu l’implication des officiels rwandais dans la perturbation de la paix dans les territoires de l’Est du pays, notamment le rapport MAPPING qui a dénoncé le génocide perpétré par les troupes de l’AFDL et l’Armée Patriotique Rwandaise lors de leur avancée vers Kinshasa. Tout récemment, HUMAN RIGHTS WATCH et des experts des Nations Unies ont rendu publics leurs rapports contenant des preuves accablantes sur l’implication du Régime au pouvoir à Kigali dans la déstabilisation de la paix en RDC. Un éminent patriote français avait dit un jour que la France avait perdu une bataille et non la guerre. C’est le sens qu’il faut donner à l’appel à la résistance lancée hier par les jeunes de Goma contre les agresseurs rwandais.
Face à ce déferlement de colère, il faut espérer que la raison finira par l’emporter à Kigali où certaines voix commencent à trouver que le régime de Kagame a poussé le bouchon trop loin en voulant prendre en otage tout un pays. En toute chose, il faut toujours savoir raison garder.
 
   FM.    

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