Les fidèles de Kengo insistent pour un dialogue inclusif

 

Réunis à l’hôtel Memling le samedi 22 décembre dernier, les acteurs politiques rassemblés au sein du regroupement dénommé « Partisans des Négociations Républicaines (PNR) proche de Léon Kengo ont fait une déclaration politique en rapport avec l’actualité nationale qui reste dominée par la guerre au Nord Kivu, avec à l’affiche les négociations entre le gouvernement et le M23.

Dans cette déclaration politique, la deuxième du genre après la première faite le 23 novembre 2012, ce rassemblement exprime sa dvolonté «de s’employer à exiger du pouvoir exécutif la tenue d’un dialogue constructif et inclusif qui réunirait les leaders des forces vives du pays ».

Le discours du chef de l’Etat passé au peine fin

Analysant le discours de Joseph Kabila du 15 décembre dernier sur l’état de la nation, le PNR dit être d’accord avec le chef de l’Etat lorsqu’en parlant du social, il a reconnu que les gens ne vont pas manger le cadre macroéconomique. En clair, la population veut des résultats palpables.

Saluant la confirmation par le chef de l’Etat de l’agression de notre pays par le Rwanda, le rassemblement pose la question ci-après : quelles sont alors les dispositions prises par le pouvoir exécutif dans ce cas d’espèce ? «Avant de répondre : rien n’a été dit ».

Le PNR constate avec satisfaction que toute la classe politique, la société civile, l’intelligentsia et la diaspora parlent le même langage en ce qui concerne la déconfiture de nos forces armées et notent la nécessité de redonner à l’armée sa force de frappe.

 «Ainsi, nous reconnaissons tous finalement l’absence d’un leadership politique qui devait permettre, depuis plusieurs années, la constitution d’une armée forte et républicaine ».

Concernant la cohésion nationale qui fait défaut aujourd’hui, les «Partisans des Négociations Républicaines» rappellent qu’à plusieurs reprises les évêques, des personnalités de l’opposition et de la société civile ont dénoncé le fait que la politique d’exclusion et de défi pratiquée par le pouvoir exécutif conduisait le pays vers une fracture sociale sans précédent.

Cependant, constate le PNR, le pouvoir a fini par reconnaître le fait sur le tard. Et cela permet de faire une lecture commune de la situation sociopolitique.

En outre, le PNR juge les pistes de solution indiquées par le chef de l’Etat pour résoudre la crise plus suggestives que perceptives.

« …concernant les attentes de la population se rapportant à l’amélioration de ses conditions de vie, le chef de l’Etat ne donne aucun élément, même à titre exemplatif, qui témoigne de la volonté de l’exécutif de mettre en place une politique sociale susceptible d’alléger la misère du Congolais ».

S’agissant la stratégie à trois axes (militaire, diplomatique et politique) pour mettre fin à la guerre, le PNR souligne que les trois voies sont intimement liées et qu’aucune d’elles ne peut se déployer sans les autres.

Pour le PNR, la voie politique devra déboucher sur la réforme des forces armées qui exige d’une part la création d’une armée professionnalisée, bien formée et équipée, nourrie ; et d’autre part une représentation systématique et pondérée de chaque province.

Avant de rappeler : « Après tant de frustrations endurées par les ressortissants de certaines provinces au sein de nos forces armées, il paraît évident que le recrutement de nouvelles unités ou le retour d’anciennes unités encore aptes et compétentes et pourront jamais s’opérer sans la participation effective des leaders provinciaux qui par leur influence peuvent convaincre ces dernières à embrasser ou à réintégrer le métier des armes. La voie politique surgit ainsi à la rescousse de la voie militaire ».

En ce qui concerne l’appel de Joseph Kabila à la cohésion nationale, le PNR estime qu’il y a des préalables à remplir.

« Parlant de la cohésion nationale, le chef de l’Etat la veut sans conditionnalité. C’est une erreur : la cohésion nationale ne se secrète pas, elle se construit, car elle est par nature le fruit d’une série de conditionnalités ».

Parmi ces conditionnalités, le rassemblement cite la mobilisation permanente de diverses composantes de la population autour de l’idéal républicain, l’action des leaders sur le comportement des masses, la confiance de ces dernières, et la participation des leaders à la gestion de la chose publique.

Pour le PNR, aussi longtemps que ces préalables ne sont pas réunis, on ne peut pas s’attendre à des résultats.

A ce sujet, les Partisans des Négociations Républicaines imputent l’échec du recrutement projeté pour renforcer l’effectif des FARDC au manque de cohésion nationale.

Face à la situation et pour sauver la nation qui fait l’objet des menaces dans son existence, le PNR réclame l’organisation d’un dialogue représentatif des leaders de la classe politique, de la société civile, et de l’intelligentsia nationale.

Pour cela, les pourparlers de Kampala sont un prélude aux négociations républicaines véritables. Et de la sorte, les belligérants réunis à Kampala doivent conclure la paix en faisant taire les armes.

Dominique Mukenza

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