Les femmes enterrées vivantes à Mwenga sur la table d’Adolphe Muzito

 
Initiative féministe lancée par la Fédération des femmes du Québec, la Marche Mondiale des femmes aura lieu cette année en RDC et plus particulièrement au Sud Kivu dans la localité de Mwenga. C’est l’objet de l’audience qu’a accordée hier le Premier Ministre Adolphe MUZITO à une délégation des femmes de Mitamba ou Regroupement des femmes Rega pour le développement, basé à Mwenga.
 
            Conduite par Françoise KITOGA, cette délégation a saisi le Chef du Gouvernement pour lui demander de peser de tout son poids afin que cette marche soit marquée  d’un sceau particulier dans la mesure où elle vise à commémorer la mémoire de 13 femmes enterrées vivantes en 1999 pendant le règne du mouvement politico-militaire du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD). 
Cette délégation a formulé quelques vœux au Premier Ministre, à savoir l’aménagement d’un cimetière au profit des restes de ces 13 femmes enterrées vivantes, la construction d’un centre de formation polyvalent pour femmes et le renforcement de la sécurité pour garantir le séjour des délégations provenant des quatre coins cardinaux de la planète pour commémorer cette manifestation de souvenir.  Françoise KITOGA a ainsi signalé que ce sera pour la troisième fois que cette marche se tient au monde. La première fois,ce fut à Vigo en Espagne, la seconde à New York aux Etats Unis d’Amérique et du 13 au 17 octobre prochain en RDC.
 
Appui au rapport Mapping de l’ONU
 
            Bien malin qui n’apercevra pas dans cette manifestation un appui aux observations du gouvernement formulées face au rapport Mapping qui fait peur. En effet, tout en émettant certaines réserves sur certains points, le gouvernement central avait surtout épinglé les massacres perpétrés contre de civils dans les localités de Makobola, Kasika et particulièrement l’enterrement des 13 femmes à Mwenga pour lesquels des livres blancs avaient été rédigés par le Ministère des Droits Humains. On comprend alors pourquoi le Premier Ministre a consacré une partie de son temps précieux pour recevoir cette délégation venue de 2.000 kms de la capitale.
            Cependant, cette marche arrive à point nommé pour confirmer des massacres ignobles et autres traitements inhumains perpétrés sur des personnes vulnérables à travers toute l’étendue du territoire national par des éléments des armées régulières étrangères et des bandes des brigands sous diverses appellations, de 1993 jusqu’en 2003, tel que relatés par ce rapport de la Commission de l’ONU sur les droits de l’homme. Un document qui a mis le chef de l’Etat rwandais dans tous les états car les parties qui le concernent semblent lui imputer à lui-même et à son régime la responsabilité des crimes du génocide. Une situation fort inconfortable pour celui qui a basé toute sa politique sur le prétexte du génocide en 1994 perpétré sur des centaines des milliers des tusti et hutu rwandais modérés  pour effectuer des mouvements sur le territoire congolais en vue de détruire les bases des éléments hutu des FDLR dont la présence constitue une menace pour la sécurité intérieure de son pays.
            Selon des observateurs avertis, au cas où ce rapport était publié officiellement dans son configuration actuelle, l’on voit mal comment la communauté internationale ne sera pas amenée à mettre en place un tribunal spécial international sur les crimes de guerre, contre l’humanité et de génocide tels que relevés par ce rapport. D’autant que cette marche qui en fait se transformera en réunion des femmes provenant de tous les coins du monde et certainement de certains pays intéressés ne se terminera que par des résolutions dont entre autres celle réclamant la mise en place d’un tribunal spécial international pour juger les responsables de ce crimes odieux. Le décor est donc planté et se basera sur ce prétexte qui avait été soulevé par les Rwandais au lendemain du génocide de 1994 pour obtenir l’érection du tribunal pénal international d’Arusha. Tout comme celui de Sierra Léone et de Yougoslavie.
 
 
                                     F.M.
 

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