Les erreurs du ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire

 

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Tout le monde partage le souci du ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire d’assainir son secteur, devenu un véritable bordel. L’unanimité est incontestable autour de l’impératif de fermer les universités et instituts supérieurs qui fonctionnent hors normes, à savoir sans bâtiments adéquats, sans équipements, sans personnels académiques, scientifiques et administratifs qualifiés, avec des filières non-conformes à leur mission de formation, etc. Hélas, cette chasse aux « ligablos » pèche par un manque criant de pédagogie, de psychologie, de planification, de réalisme. Le ministre Léonard Mashako Mamba donne l’impression, mauvaise, de faire cavalier seul.

            Certes, ses décisions liées à la fermeture des universités et instituts supérieurs ainsi qu’aux filières qui ne remplissent pas les critères requis pour la formation de l’élite congolaise de demain sont pertinentes. Hélas, elles sont appliquées dans un contexte de sous-information quasi totale de principales victimes que sont les étudiants. Au lieu d’agir à partir de son cabinet de la Gombe, ce membre du gouvernement aurait pu prendre son bâton de pèlerin pour des campagnes de larges explications sur les motivations des « opérations chirurgicales » qu’il pratique dans son secteur.

Il y a non seulement absence de dialogue mais surtout le flou autour des mesures d’accompagnement. Les communautés estudiantines ont le sentiment d’avoir été sacrifiées sur l’autel de l’assainissement, d’autant que les étudiants  voient leur « carrière » brutalement cassée qui en 1er graduat, qui en 3me graduat, qui en 1ère licence, parfois au beau milieu de l’année académique. Rien de précis n’est arrêté pour les opérations de délocalisation des filières ou de reclassement des étudiants, de leurs professeurs et personnels administratifs.

S’agissant de la non viabilité de certains instituts supérieurs et universités, ainsi que de l’inadéquation entre leur mission spécifique et les nouvelles filières de formation, il s’observe une vive polémique entre les experts de Mashako et certaines autorités académiques, appuyées en cela par les professeurs, qui ne semblent pas convaincus de la transparence et de l’objectivité des résultats des audits ministériels. Tout le drame est là. Dès lors que dans certains milieux universitaires, l’on doute du sérieux du travail ayant conduit à la mise à l’index de certains instituts supérieurs et universités, le bon sens devrait commander d’éviter tout risque de passage en force.

Pour le cas spécifique de l’UPN, il est reproché au ministre de l’ESU une attitude proche du pyromane qui aurait cherché à tout prix à remettre le feu à la maison commune, alors que celle-ci était déjà en train de brûler depuis les événements malheureux du 13 janvier 2011 à l’Université de Kinshasa. L’annonce du limogeage du Comité de gestion de cette institution universitaire et la confirmation de la fermeture de ses filières jugées de « trop », à partir de l’ISP/Gombe, c’est-à-dire loin de la « base » de cette alma mater, sans avoir suffisamment préparé les esprits à la consommation de l’amère pilule et pendant qu’une commission spéciale décortiquait le dossier, à la demande du Premier ministre, ne pouvaient que produire l’implosion sociale que l’on sait.

            Au regard des réalités du terrain, il était imprudent de la part de Mashako d’aiguiller toutes les victimes des filières supprimées ailleurs, à l’issue de l’année académique en cours, alors que l’on sait que c’est la pléthore partout. En effet, à l’Unikin, à l’ISTA, à l’IFASIC, à l’ISC, à l’IBTP, à l’ISTM, à l’Unilu, à l’Unikis…les autorités académiques font face à la surpopulation estudiantine. Non seulement les structures d’accueil ne permettent pas l’absorption d’effectifs supplémentaires dans les « classes montantes », mais aussi le bas niveau supposé d’éléments formés dans le tas serait un gros handicap pour la poursuite de leurs études.

 

La bataille de la qualité doit se gagner

            En dépit des réactions violentes que soulèvent les réformes initiées par le ministre Mashako, la bataille de la qualité, au sein de l’enseignement supérieur et universitaire, doit se gagner. Mais la victoire doit se préparer sur le long terme. Il y a tellement du gâchis dans les instituts supérieurs et universités et d’étudiants engagés dans des filières mal organisées que la guerre doit être déclarée en amont.

            Si le ministre Mashako et le gouvernement tiennent à assainir réellement le secteur de la préparation des cadres du Congo de demain, ils devraient interdire et  faire respecter, sous peine de fortes sanctions contre les autorités académiques récalcitrantes, la mesure d’interdiction de tout nouveau recrutement au sein d’universités et instituts supérieurs appelés à fermer leurs portes, au terme d’un moratoire non pas d’une année, mais équivalent à la durée de chaque cycle en progression.

            L’Etat congolais devrait aussi penser à allouer au secteur de l’ESU les moyens compatibles avec la politique d’essaimage des université et instituts supérieure, de manière à répondre tant soit peu à la forte demande en structures d’accueil, en équipements, en ressources humaines qualifiées, etc.

            L’incapacité d’arrêter l’hémorragie en amont risque d’avoir pour conséquence de favoriser la montée, dans les années à venir, de diplômés de pacotille en médecine, droit, économie, pharmacie, journalisme, pédagogie, bâtiments et travaux publics, mécanique, comptabilité, informatique, architecture, électronique, aéronautique, etc.

            Quel avenir pour le Congo de demain avec des universitaires incapables de supporter la concurrence de leurs collègues d’autres Etats ?

            On rappelle que le Premier Ministre, Adolphe Muzito, a présidé hier à la Primature, une séance spéciale consacrée aux derniers incidents survenus à l’UPN (Université Pédagogique Nationale). Il a confirmé, en l’absence du ministre Mashako de l’ESU (réputé injoignable au téléphone), au Recteur Tshibangu, au gouverneur Kimbuta et à la Coordination estudiantine, la suspension des mesures portant révocation du Comité de gestion de cette université et suppression des filières Sciences de la Santé, Sciences Agronomiques, Médecine vétérinaire, Information et Communication. 

                              Jacques Kimpozo

 

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