Les élus se souviennent des électeurs

Pendant quatre ans, députés nationaux, sénateurs, députés provinciaux et autres bénéficiaires des suffrages du peuple se sont plus préoccupés de leurs intérêts propres que de ceux de leurs électeurs. Mais, depuis un certain temps, toutes les causes des masses, même celles qui paraissent visiblement perdues, trouvent des avocats au Sénat, à l’Assemblée Nationale comme dans les assemblées provinciales.

Le dernier cas en date est celui de la Place Commerciale de Limete, qui a fait déplacer mardi en dehors de leurs hémicycles une bonne poignée de députés nationaux et provinciaux. Contrairement à d’autres espaces verts de la ville, tels l’Athénée de la Gare et l’Athénée de la Gombe, spoliés en douceur par des chasseurs de terrains, celui compris entre la 6me et la 7me Rues, dans la commune de Limete, se découvre des défenseurs prêts à en découdre même avec le gouvernement. Plusieurs écoles, instituts supérieurs, terrains de sport, concessions communales… n’auraient pas connu le triste sort de leur occupation par des constructions anarchiques si les élus de 2006 s’étaient montrés aussi vigilants.

Il s’avère, à l’analyse, que cette forte dose de patriotisme et de légalisme n’est pas le fait du hasard. L’approche des échéances électorales n’est pas étrangère à l’activisme des députés nationaux, provinciaux et sénateurs qui savent que le compte à rebours a commencé. Pour avoir passé leur temps à s’installer et à installer, ils n’ignorent pas la sanction négative qui pourrait s’abattre sur eux, pour non respect des engagements pris avec le souverain primaire.

Mais, ces actions de rattrapage produiront-elles l’effet escompté dans les rangs d’un électorat plus que jamais déçu par quatre ans d’une législature marquée par l’enrichissement, souvent ultra rapide et sans cause, des membres des institutions nationales et provinciales de la République ? La question trouvera de réponse dans une année.

Les élus de Kinshasa ne sont pas les seuls à s’être réveillés à l’approche de la ligne d’arrivée. En provinces, on assiste à la même frénésie pour la défense des masses. Les villageois victimes de pollution de leur environnement, du pillage de leurs ressources naturelles, d’inondations, d’accidents routiers, fluviaux, lacustres et ferroviaires n’ont plus besoin de parcourir les bureaux des décideurs politiques ou des cours et tribunaux pour se faire entendre. Leur plaidoyer est pris en charge, d’office, par les politiciens de leur terroir, élus de leur état. On n’en est plus aux motions présentées en circuit fermé. Députés nationaux, sénateurs et députés provinciaux sont à l’avant-garde de la revendication de l’Etat de droit en faveur des Congolais des couches défavorisées. Pour combien de temps ?

                                               Jacques Kimpozo

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