Les élus de l’Equateur ont pris acte de la déchéance de Baende

 

Dans une déclaration politique rendue publique le 19 décembre 2012, les députés nationaux et sénateurs ressortissants de l’Equateur, toutes tendances confondues, se sont exprimés sur la situation qui prévaut dans leur province, notamment la déchéance du gouverneur Jean Claude Baende par l’assemblée provinciale la semaine écoulée.

Au premier point, ils condamnent avec énergie la manipulation politique visant la déstabilisation de la province. En clair, les élus de l’Equateur s’insurgent contre des pratiques maffieuses dont la province est depuis un certain temps victime de la part de ses propres fils et filles qui complotent avec quelques autorités nationales établies à Kinshasa pour détourner des fonds alloués aux besoins de la province.

A ce sujet, a-t-on appris, l’argent qu’on envoyait souvent à la province pour faire face à sa charge de fonctionnement notamment payer les agents et fonctionnaires de l’Etat, les émoluments des députés provinciaux, ainsi que financer des projets de développement, faisait l’objet des «opérations retour».

Une partie était retournée à Kinshasa par les gestionnaires de la province en vue d’entretenir leurs « protecteurs ».

Au deuxième point, ils rejettent catégoriquement toute tentative de dissolution de l’Assemblée provinciale de l’Equateur.

Ici, ils font remarquer que ceux qui militent pour la dissolution du parlement provincial visent la pire flagellation de l’Equateur. Parce que, font-ils savoir, le risque sera gros du fait d’avoir un chef de l’exécutif qui n’est soumis à aucun pouvoir de contrôle sur lui. Détenant l’effectivité de l’impérium, un tel gouverneur pourrait se permettre n’importe quoi parce qu’il n’y aura personne pour le contrôler en vue de le sanctionner.

A leur avis, la charpente institutionnelle provinciale doit être respectée à l’instar d’autres provinces du pays. L’Equateur ne doit pas faire l’exception, préviennent-ils.

Par contre, ils soutiennent toute procédure judiciaire enclenchée dans le respect de la loi et normes en la matière. C’est ici qu’ils interpellent le chef de l’Etat, en sa qualité de garant de la Constitution, de s’impliquer personnellement pour sortir la province de la crise et assurer le bon fonctionnement ses institutions.

Par ailleurs, ils ont pris acte de la motion de défiance contre le gouvernement provincial adoptée par la majorité des députés provinciaux ayant pris part au vote, soit 70 députés sur les 72 votants.

Au total, 53 élus ressortissants de l’Equateur (députés et sénateurs) de tendances diverses ont signé la déclaration.

Dominique Mukenza

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