Les écuries «Les Hiboux » et «Tcha- Batchuba » sèment la désolation

 


La ville de Kinshasa a-t-elle finalement avoué son impuissance à éradiquer le phénomène Kuluna ? A-t-elle renoncé aux opérations de ratissage visant cette catégorie des malfaiteurs ? Les marginaux bénéficient-ils d’une période de grâce comme les chauffeurs de véhicules de transport en commun, de la période de courtoisie routière ?
    Autant des questions sur toutes les lèvres, chaque fois que des images insoutenables dévoilent l’horreur des attaques des Kuluna sur de paisibles citoyens : des hommes et des femmes aux visages ensanglantés, bras tailladés, le cuir chevelu fendu par des coups de machettes, et le corps portant des blessures béantes.
    Kinshasa, jadis une ville paisible, est en train de vivre aujourd’hui, une nouvelle forme de banditisme dont la caractéristique principale est l’agression à l’aide des machettes.
Au fil des jours et des semaines, on se rend de plus en plus compte qu’il se passe quelque chose qui ressemble étrangement à un aveu d’impuissance, même si un dispositif répressif encore en expérimentation a été mis sur pied et n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière.

    Les messages à peine voilés de la léthargie de certains services de l’Etat viennent souvent des Kuluna relâchés aussitôt qu’ils ont été appréhendés. «  Nous sommes les fils de ce pays, que nous fera-t-on ? » «  Si on nous a libérés, c’est que les crimes que l’on nous reproche ne sont pas graves ! » «  Continuez à porter plainte contre nous, vous finirez par vous fatiguer ! » «  Nous ne mourrons jamais en prison ! Nous revoici en liberté ! »
Comme pour montrer qu’ils jouissent de l’impunité, ils rééditent leurs sinistres exploits sans crainte des poursuites judiciaires.

Ngiri-Ngiri, les écuries «  les Hiboux » et «  Tcha-Batchuba » font la loi
    L’impunité dont se targuent les bandes des Kuluna est assez illustrative dans la commune de Ngiri-Ngiri où les écuries« Hiboux » et «  Tcha-Batchuba » continuent à semer la désolation.
    La semaine dernière, ces deux groupes adverses généralement opposés et se combattant mutuellement, ont lancé, fait rarissime, des attaques conjointes contre de paisibles citoyens.
    Selon des témoignages recueillis auprès des habitants de cette mairie, les deux bandes s’étaient regroupées à la station Snel de la rue Yombo, leur première cible, qu’elles entendaient incendier pour baigner Ngiri-Ngiri dans l’obscurité totale, afin de mieux opérer. Et avant de mettre leur sinistre plan en exécution, tous les piétons qui ont emprunté l’avenue Yombo, ont été délestés de leurs biens.      
    Parmi les victimes de ces inciviques, on a enregistré des plaintes de trois personnes.
    Jean-Paul Mpuya Ibuka, propriétaire d’une boutique, habitant sur avenue Kibunda n°151, quartier Lumeni, commune de Bumbu, a vu son établissement de la rue Yasa pillé. Les délinquants ont emporté entre autres butins, deux sacs de riz de 50 Kg, la somme de 130.000 FC, ainsi que des marchandises diverses dont la liste complète n’a pas été établie.
    Sasa Landu qui regagnait son domicile de l’avenue Ngiri-Ngiri, vers 0 H 30’, les yeux lourds de sommeil, a été brutalisé et dépouillé de ses effets de valeur, notamment le montant de 270 dollars et un téléphone cellulaire.
Franck Wembo Tshilombo, demeurant sur avenue Kenge, avait croisé les mêmes malfaiteurs, 20 minutes auparavant. Ils l’ont tabassé avant de lui soutirer ses 50 dollars et un téléphone portable.
    A la suite de ces attaques, la police de Ngiri-Ngiri alertée par quelques témoins, a sollicité des renforts avant d’effectuer une descente sur le terrain. Répartis en plusieurs équipes, les éléments de la police d’intervention ont réalisé un coup de filet intéressant. Cinq Kuluna neutralisés sur le champ, pendant que s’échappaient les autres membres des «  Hiboux » et de «  Tcha-Batchuba ».
Il s’agit de Souza alias Pele, habitant sur avenue Kwilu n° 17, quartier Ubangi, commune de Bumbu. Wanga Tchukulele alias Jordan, domicilié sur avenue Kimbao n° 15, à Ngiri-Ngiri.
    Bikuma Panzu alias Bola, demeurant sur avenue Panzi n° 4, quartier Elengesa, commune de Ngiri-Ngiri. Banzani  Yongo alias Gailord, résidant sur avenue Panzi, mais au n° 12, même commune. Et enfin, Ndinga Mbongo Jonathan, habitant sur avenue Kingabwa n° 26, quartier Elengesa.
    Les habitants de Ngiri-Ngiri qui se sont réjouis de cette arrestation, s’interrogent si tous franchiront les portes de la Prison centrale de Makala, après une condamnation pour leurs multiples forfaits.
    Car, dans leurs appréhensions, ce ne sont pas tous les prévenus qui seront déférés devant le parquet. Ne seront entendus par le magistrat instructeur que ceux dont les parents lassés et révoltés par les méfaits de leurs rejetons, renonceront à démarcher pour leur libération.
    Voilà pourquoi la réputation de l’impunité colle à la peau de ces marginaux et accroît le sentiment de l’insécurité à travers la ville de Kinshasa.
      

J.R.T.        

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