Les drogueurs des chauffeurs frappent à Kinshasa

Le métier des taximen comporte aujourd’hui au quotidien, des risques de toutes sortes.  

            Depuis un certain temps, si le nombre d’agressions subies par les conducteurs aux heures indues de la nuit ou même la journée, a baissé, par contre, celui d’accidents et des vols a été multiplié par dix, voire plus.

 

            En effet, pour ce dernier cas, les malfaiteurs qui opèrent dans les parkings non gardés de la ville de Kinshasa, ont changé leur modus operandi. Ce n’est plus par effraction, comme cela a toujours été le cas. Notamment par le déverrouillage des portières, avant d’utiliser une clé de contact passe-partout. Les truands étaient parvenus à détraquer le système antivol et autobloquant des volants des voitures. L’autre méthode consistait à se faire fabriquer le double des clés de contact.

Aujourd’hui, les voleurs sont devenus plus rusés. Ils recourent à la drogue. Grâce à ce modus operandi, deux voitures de marque Mitsubishi ont été volées à Kinshasa.

 

 Après le vol, le chauffeur s’est réveillé 48 heures plus tard 

            En décembre dernier, le chauffeur Tusevo Mbiya résidant sur avenue Faradje n° 127, commune de Kasa-Vubu, faisait des navettes sur les artères de Kinshasa, à la recherche des clients.

            Au rond-point Victoire, deux clients le contactent pour une location de trois heures. C’était pour des courses, afin de rencontrer leurs partenaires installés dans plusieurs communes de Kinshasa et régler quelques affaires. Au terme de la négociation, les deux clients embarquent et dictent les itinéraires. Dans l’attente de leur ami habitant un hôtel de la place, ils s’offrent une pause dans une terrasse et vont partager quelques flacons de lait caillé frais. Tusevo Mbiya est également servi. Après avoir vidé le contenu, il ne s’est pas passé une demi-heure que ses yeux deviennent lourds de sommeil, les gestes lents. Soudain, il s’allonge sur la chaise en plastique et sombre dans l’inconscience. Les deux lascars fouillent ses poches, soutirent la clé de contact, les documents de bord, et emportent les quelques recettes de la journée. Pour éviter de se trahir, ils l’étaleront sur la banquette arrière où il ronflait bruyamment.

            Tusevo Mbiya sera abandonné en état de sommeil prolongé au bord de la chaussée, pendant que les délinquants disparaîtront avec la Mitsubishi Lancer rouge.

            Au réveil, le taximan se retrouve étrangement dans un poste de police où il fera le récit de sa malheureuse journée de travail.

 

« Ils m’avaient offert un jus de fruits et j’ai sombré dans l’inconscience » 

            Un autre taximan a vécu deux jours plus tard, une mésaventure similaire dans une commune de Kinshasa. Il s’agit de Daniel Kialukufi, habitant sur avenue Nzeza Landu n° 65, quartier Maviokele, commune de Kimbanseke.

            Deux clients lui ont proposé la location de sa Mitsubishi Lancer de couleur grise. Après accord, on lui a acheté du carburant. Et les voilà qui sillonnent les hôtels et terrasses de la place.

            Soudain, ils vont s’installer dans un snack bar, le temps de siroter un verre de jus de fruits. Jusque-là, Daniel Kialukufi est conscient et échange avec ses clients. Servi, il a avalé quelques gorgées. Et il ne s’est plus rappelé de quelque chose.

            Dès que reviennent ses esprits, il est étendu sur une banquette et des policiers l’interrogent sur ce qui lui était arrivé auparavant. Mais Daniel Kialukufi tente à peine de se rappeler les dernières heures de sa journée de travail de la veille.

            Vite, il dépose plainte contre inconnus et promet un cadeau à l’agent qui retrouvera la voiture de son patron.

            A Kinshasa, toutes les voitures Mitsubishi Lancer de couleurs rouge et grise sont suspectées. Dame chance va sourire aux limiers du Bataillon de la police d’investigations criminelles. Car, c’est à Matonge que sera aperçue une Mistubishi Lancer de couleur rouge sans plaques minéralogiques. Le chauffeur suspect est interpellé en même temps que l’engin est acheminé au Camp Lufungula.

            La vérification, les caractéristiques de cette voiture suspecte correspondent à celles figurant dans la plainte.

            Plus de doute, la police s’est retrouvée sur la bonne piste de fameux voleurs de voitures.

            Le suspect Eddy Mukubwa Ibola, demeurant sur avenue Kindu n° 78, commune de Kinshasa, craque et avoue tout. Son compère est mis aux arrêts. Il s’agit de Paty Kagasso Kombe, domicilié sur quartier Mongo n°33 C à Matete.

            L’interrogatoire est mené avec beaucoup de tact. L’autre Mitsubishi est récupérée.

            Mukubwa et Kagasso reconnaîtront qu’ils droguent leurs victimes avec des somnifères puissants, avant de les embarquer dans leurs voitures pour les jeter au bord des chaussées. Si les policiers n’avaient pas agi avec célérité dans cette enquête, les deux voitures seraient revendues avec d’autres plaques d’immatriculation.

            La restitution de ces deux engins est intervenue mardi dernier aux victimes, tandis que les deux voleurs ont été transférés au parquet de grande instance.

                                

       J.R.T.          

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