Les défis majeurs de la Synergie des ONG de la thématique éducation civique et électorale

images-socie__te___civile_rdc_151765345Le processus électoral 2013-2016 fait l’objet de tumultes, de contradictions, de polémiques et même de contestations profondes dans le chef de parties prenantes. Ceci crée une grave confusion qui laisse la place au désespoir quant au rêve du peuple congolais de voir ce cycle électoral s’organiser de manière crédible, libre, juste et transparente, en vue de la consolidation de la démocratie et de la paix durable.

 Au regard de cette situation, la Synergie des organisations de la société civile de la thématique Education civique et Electorale, réunie du 26 au 27 mars 2014, en atelier de réflexion sur le thème « Le processus électoral en RDC », a dégagé des défis majeurs relatifs au processus électoral 2013-2016 qu’elle situe au cœur de la polémique. Il s’agit notamment : du respect de la Constitution de la République ; de la feuille de route proposée par la CENI ; du mode de scrutin  pour les élections provinciales, sénatoriales, des gouverneurs et vice-gouverneurs ; de la fiabilité du fichier électoral ; du cadre de dialogue entre la CENI et les parties prenantes au processus, en particulier avec la société civile ; de la participation responsable et majoritaire des femmes aux élections ; du budget conséquent pouvant couvrir tout le cycle électoral, ainsi que de la préparation de la population par l’éducation civique et électorale. Tous ces défis ont pour conséquence majeure : « l’absence du consensus électoral », fruit de la mauvaise planification et de l’instrumentalisation politique du processus électoral.

 Crainte d’un drame socio-politique

 Dans sa déclaration rendue publique au cours d’un point de presse qu’elle a tenu, vendredi 4 avril 2014, au siège de la plate-forme « Agir pour les élections transparentes et apaisées (AETA), dans la commune de Limete, la Synergie attire l’attention des dirigeants et acteurs politiques du pays, de la population, ainsi que de la communauté internationale sur le fait que la non organisation des élections nationales dans les conditions basées sur le consensus électoral et le respect inconditionnel de la Constitution de la République expose la RDC a plusieurs dangers dont : le recul de la démocratie pluraliste au profit d’un centralisme politique ; l’éradication d’une paix en construction et encore fragile et, enfin, l’enlisement et l’implosion généralisée du pays.

       Pour l’intérêt supérieur de la nation, la Synergie des Organisations de la société civile de la thématique éducation civique et électorale s’oppose à toute modification de la Constitution. Bien plus, elle demande que le calendrier du cycle électoral 2013-2016 démarre avec les élections provinciales, sénatoriales, des gouverneurs et vice-gouverneurs. Et ce, conformément aux articles 197 et 198 modifiés par l’article 1er de la loi n° 11/002 du 20 janvier 2011, portant révision de certains articles de la Constitution de la RDC. Elle propose, par ailleurs, la tenue d’un Forum politique de toutes les parties prenantes au processus électoral, pour la construction du  consensus électoral : les questions de la fiabilité du fichier électoral, du recensement général de la population, de la mise en œuvre effective de la décentralisation, du découpage territorial … devront y être évoquées.

 Multiples recommandations

  Eu égard à ce qui précède et forte du drame socio-politique qui guette le pays, la Synergie a formulé un certain nombre de recommandations à toutes les parties prenantes au processus électoral. Elle invite le Chef de l’Etat à promulguer la loi sur la mise en œuvre effective de la parité.

       Au Parlement, la Synergie recommande de faire preuve de sens de responsabilité en tant que représentant du peuple, en prenant des décisions politiques qui répondent principalement à la volonté de la majorité de la population ; en veillant à ce qu’un budget conséquent couvrant tout le cycle électoral 2013-2016 soit mis à la disposition de la CENI, en temps opportun.

       Au gouvernement, elle demande d’activer les mécanismes de décaissement des fonds disponibles au profit du processus électoral pour la gestion indépendante et autonome par la CENI ; de procéder à la mise en œuvre effective de la décentralisation, et de disponibiliser les moyens pour l’implantation effective des tribunaux et l’affectation des magistrats dans tous les territoires de la RDC.

       Quant à la CENI, la Synergie recommande de présenter un calendrier électoral clair, cohérent, ayant pour première étape : les élections provinciales, sénatoriales, des gouverneurs et vice-gouverneurs ; de soumettre à l’Assemblée nationale une planification détaillée du cycle électoral 2013-2020 afférent, ainsi qu’un budget conséquent…

Michel  LUKA  

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