Les « coupeurs de routes » de retour à Kinshasa

Les «   coupeurs de routes » viennent de signer plusieurs agressions dans la ville de Kinshasa, comme pour nous signaler qu’ils sont déjà là et très actifs. Avec ces malfaiteurs, la pègre voit ses rangs renforcés et la population kinoise est prévenue qu’il y aura davantage cette année, des braquages et des extorsions à main armée.

Voici un échantillon des méfaits

Au terminus de bus de l’immeuble Regina, sur le boulevard du 30 juin, une foule des gens attend ce samedi 20 fécrier 2009 à minuit, le transport pour Ndjili, Masina et Kingasani. Un mini-bus Mercedes 207 aux couleurs nationales avec quelques passagers à bord se présente après des longues heures d’attente. Les clients se bousculent et s’installent sur des banquettes. Bondé de monde, le mini-bus démarre en direction de l’avenue Kabasele Tshiamala, avant de bifurquer à l’aéroport de Ndolo, sur Poids lourds. A bord, c’est le silence total.

Peu avant d’atteindre le pont Matete, le mini-bus s’arrête soudainement. Les quatre premiers passagers se lèvent, sortent de leurs jaquettes, des armes de guerre de marque Uzi et tiennent tout le monde au respect.

Que personne ne bouge ni ne crie. Donnez-nous tout ce que vous avez et on ne va pas tirer sur vous ! Téléphones, francs congolais et devises, ainsi que des montres et des bijoux… Plus vite !

Dans la précipitation, les plus paniquards se sont débarrassés de leurs biens de valeur. Un des passagers, Marcel Matumona, habitant Masina, qui croyait opposer une résistance, en refusant de céder ses effets, a été trahi par son téléphone cellulaire. La sonnerie a fortement retenti au point qu’il n’a pu le dissimuler ou l’éteindre. Vite, il a été extrait des autres passagers. Violent coup de crosse sur le crâne, Matumona grièvement blessé est débarqué du mini-bus. On ne sait comment il s’est fait soigner et par quel moyen de transport, il a quitté ce coin sombre de Kingabwa.

L’une des victimes se rappelle qu’après avoir rempli un gros sac avec du butin, les coupeurs de routes ont fait descendre tous les passagers au pont Matete, avant de rentrer vers le centre-ville.

Un butin fait de la paie des travailleurs de l’Onatra

Le 31 décembre 2009, l’Onatra a libéré un soir, la paie de ses travailleurs. Il était 23 heures quand les travailleurs en partance vers Kingasani ya Suka se sont postés devant le building Gecamines pour attendre un hypothétique moyen de transport. De passage par-là, une V.W. Kombi avec quatre passagers est sollicitée pour le transport. Après discussion sur le montant de la course, les travailleurs s’engouffrent et l’engin s’ébranle vers Tshangu.

Durant le trajet, c’est le braquage. Tous les passagers sont passés à une fouille systématique. Butin réalisé : les enveloppes de paie et les téléphones cellulaires. A la hauteur du pont Matete, les victimes sont débarquées et abandonnées à leur triste sort.

Ces coupeurs de routes prendront une destination inconnue.

Ce braquage n’est pas le second du genre. Car, le 14 octobre 2009 vers 10 heures, l’année dernière, une autre bande avait frappé au beach Ngobila. Les malfaiteurs qui roulaient à bord d’un mini-bus Liteace, ont embarqué l’homme d’affaires brazzavillois Ngouomo et d’autres passagers se rendant à Binza.

A ce négociant, les coupeurs de routes ont arraché la somme de 32.000 dollars et autres biens de valeur. Ils l’abandonneront au quartier Ma Campagne.

Le Bataillon de la police d’investigations criminelles saisi par plusieurs plaintes des victimes, est parvenu à appréhender une partie de cette bande. Sont tombés dans les filets de la police, les lieutenants Kayisala Ngongo Bessa, Gauthier Pombi Sekaba et Olivier Sukula Bin et le 1 er sergent Tshumbi Tshanku  alias Junior.

Au moment où nous couchons ces lignes, ces coupeurs de routes comparaissent devant le Tribunal militaire de garnison de la Gombe pour association des malfaiteurs, extorsions et vols à main armée.

Malheureusement, d’autres bandes continuent à semer la désolation dans les rues de Kinshasa. Et la population qui ne sait plus à quel saint se vouer, attend que les services d’enquête de la police puissent mettre des bouchées doubles pour mettre hors d’état de nuire ces membres de la pègre.

  J.R.T

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