Les Contrats Chinois totalisent déjà cinq ans : bilan et perspectives

Il y a cinq ans, étaient signés ce qui allait apparaitre aux yeux du commun des mortels comme des « Contrats Chinois ». Mais en définitive, ceci ne sera qu’un projet de coopération entre des entreprises chinoises et le gouvernement de la République du Congo. Sous la pression combinée du Fonds Monétaire international et de la Banque Mondiale, le financement de ces contrats allait connaître une révision substantielle de moitié, passant de six à trois milliards des dollars Us. Entretemps, les réserves des minerais ont connu aussi une forte baisse, car au lieu de dix millions des tonnes de cuivre tels qu’évalués au départ, ils sont finalement passés à 6,8 millions.

            Lors de la conférence de presse animée vendredi 24 mai 2013 à l’hôtel Fleuve Congo,  Moïse EKANGA, Secrétaire exécutif du Bureau de Coordination et de suivi du programme sino-congolais, a indiqué que l’idée de mettre en place cette coopération remonte au 17 septembre 2007, à la suite du constat fait par le chef de l’Etat d’un besoin énorme des capitaux frais pour financer les travaux de la reconstruction du pays, particulièrement dans le domaine des infrastructures routières, ferroviaires, des écoles, des hôpitaux et des habitations à caractère social. Les concertations avaient démarré le 25 février 2007 avec la China Development Bank, les entreprises chinoises CREC et Sinohydro ainsi qu’Export Import Import Bank of China. Ces concertations allaient déboucher le 17 septembre 2007 sur la signature d’un protocole d’accord entre le gouvernement congolais et l’entreprise chinois CREC, a-t-il signalé.

Objectifs visés par les deux partenaires 

            L’intérêt de la partie chinoise était «d’investir dans le domaine des métaux non ferreux sur le territoire congolais», a fait savoir Moïse EKANGA. Tenant à tout prix à trouver des ressources financières nécessaires à la réalisation des projets d’infrastructures nationales et à la modernisation du pays, le gouvernement de la République «a pris l’engagement de céder les droits et titres miniers couvrant les gisements miniers de Dikuluwe et Mashamba jusque-là détenus par la Gécamines à la joint-venture SICOMINES dans le cadre de la convention de la coopération ». Où trouver ce financement ? Les groupements des entreprises chinoises s’étaient alors engagés «à mobiliser et à mettre en place le financement pour la construction de ces infrastructures en RDC, a répondu M. EKANGA. En tout et pour tout, le montant de six milliards des dollars Us étaient destiné au projet des infrastructures et 3,2 milliards des dollars Us au secteur des mines. Ce vaste projet provoqua un tollé fou à travers le monde, particulièrement au niveau des institutions de Breton Wood qui intensifièrent des pressions dans tous les sens. C’est ainsi que, a ajouté Moïse EKANGA, le financement du domaine de la reconstruction avait fini par être revu à la baisse pour se situer à la somme de 3 milliards Us.

Décaissements réalisés  

            Moïse EKANGA a révélé que pour le projet minier, l’on avait décaissé la somme de 518 millions des dollars Us dès le mois de janvier 2009 au titre de la dépense préliminaire, en plus de 370 millions Us accordés à la SICOMINES S.A.R.L. en 2012 et 32 millions Us libérés en faveur de la Gécamines.

            Côté infrastructures, Moïse EKANGA a indiqué que « la somme des 350 millions Us avait été accordée en janvier 2009 à la SICOMINES S.A.R.L. au titre de prêt par EXIM BANK pour lui permettre de réaliser le financement de la première tranche des travaux des infrastructures les plus urgents. Le deuxième prêt par EXIM BANK toujours à la SICOMINES de l’ordre de 118 millions Us était libéré six mois plus tard. La part de la RDC dans le développement du projet de la centrale hydroélectrique de Busanga était de l’ordre de 328 millions des dollars Us. La somme de 53 millions Us libérés au mois de mars dernier a servi aux infrastructures.

            Le Secrétaire du Bureau de Coordination de ce projet sino-congolaise a révélé que la somme des 350 millions des dollars Us avait été décaissée en 2009 pour les travaux du Boulevard du 30 juin, boulevard Sendwe, boulevard triomphal, l’avenue du Tourisme, la bretelle de Lutendele, et surtout l’acquisition d’une unité de production des préfabriqués et l’esplanade du Palais du peuple.

            A la question de savoir à qui reviendront les engins ayant servi à ces travaux de reconstruction, Moïse EKANGA n’a pas mis sa langue dans la poche. Tous les engins de génie civil deviendront la propriété de l’Etat congolais qui pourra les céder soit à l’Office des Routes, soit à l’Office des Voiries et Drainages. Ce vaste projet va atteindre sa vitesse de croisière dès 2015, lorsque la SICOMINES va sortir la première tonne de cuivre dans les sites de Dikuluwe et de Mashamba. C’est ce qui pourra encourager d’autres bailleurs des fonds, congolais ou autres, à mettre la main à la poche pour de nouveaux financements.

            Quant au volet chemin de fer, Moïse EKANGA a fait savoir que ce sont des entreprises allemandes qui ont gagné le marché et des engins sont attendus bientôt à Kinshasa et à Lubumbashi pour démarrer la reconstruction des rails et la reprise du trafic.

F.M.         

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