Les chefs coutumiers entrent dans la danse

Les gardiens des valeurs ancestrales et traditionnelles ont donné leur quitus, vendredi à l’Hôtel Venus, aux animateurs du Commissariat Général du Cinquantenaire (CGC) dans l’accompagnement du jubilé de notre pays. Au cours de cette cérémonie présidée par le professeur Isidore Ndaywel, coordonnateur du comité scientifique du CGC, accompagné de son adjoint, l’ambassadeur Jean-Pierre Mutamba, les chefs coutumiers réunis au sein de l’Alliance nationale des chefs traditionnels (ANATC) ont officiellement apporté leur bénédiction à cet événement national. « Nous allons apporter des correctifs sur l’histoire du pays là où elle a été falsifiée car nous sommes de  véritables témoins de la marche du pays, depuis la colonisation jusqu’à ce jour » a déclaré le chef coutumier Pene-Mayenge, sultan de Maniema et Secrétaire général de l’Anatc. Puis d’ajouter que disposant des éléments reçus du Créateur de l’univers pour l’homme noir, lui et ses pairs sont prêts à les mettre à la connaissance du public à l’occasion des 50 ans du pays.

Le ralliement, le 20 février, de l’alliance des chefs coutumiers au cinquantenaire ayant coïncidé avec la fin de la Table Ronde de Bruxelles en 1960, l’ambassadeur Jean-Pierre Mutamba, a souligné que cette réunion informelle est organisée pour écouter les chefs coutumiers, afin de savoir ce qu’ils pensent du cinquantenaire. Par ailleurs, c’était aussi l’occasion de solliciter d’eux d’être la courroie de transmission entre le CGC et la population du Congo profond d’où émane leur pouvoir. « Le Chef de l’Etat a souhaité ce contact, car les chefs coutumiers ont un pouvoir supranaturel. Ils ont été élus par Dieu et acceptés par les hommes », a-t-il clamé.

Pour sa part, le Pr. Ndaywel a rappelé que le pouvoir colonial avait inventé les premières prisons pour étouffer la résistance des chefs coutumiers face aux colonisateurs et surtout pour « tuer » leur forte influence sur le peuple. Cependant, ce même pouvoir colonial s’est rendu compte que la gestion de la population ne pouvait s’effectuer sans la participation des chefs traditionnels. D’où la création des chefferies. C’est donc sous l’impulsion des chefs coutumiers que les leaders politiques de l’époque ont mené les premiers combats de la remise en cause de la colonisation et de la revendication de l’indépendance. Ceci, poursuit l’historien, avant d’entamer la deuxième lutte, celle de l’organisation de la mise en œuvre des richesses pour le bien-être de la population. Ainsi, les chefs coutumiers ont été valablement représentés par une forte délégation de 28 personnes à la Table Ronde de Bruxelles. « De la Charte coloniale jusqu’à la Constitution de 2006, une place importante est toujours réservée à l’autorité coutumière. Vous devriez donc le savoir : vous n’êtes donc pas une quantité négligeable »a lancé Isidore Ndaywel.

Tshieke Bukasa

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