Les braqueurs prennent des jeeps en location

Sur base des leçons tirées de nombreux procès judiciaires où des bandits poursuivis pour vol à main armée et meurtre des chauffeurs, avant d’arracher des véhicules, se sont vus condamnés à de fortes peines d’emprisonnement ou à la peine capitale ; les braqueurs, membres de la pègre de la ville de Kinshasa, ont opté pour une nouvelle stratégie, moins meurtrière et moins dispendieuse en munitions, leurs armes ne servant qu’à menacer les victimes. Cette stratégie consiste en la location des automobiles, généralement en très bon état mécanique et que l’on pourrait écouler auprès des preneurs, après le changement des plaques minéralogiques.

 Tel est l’un des enseignements que les détenus, avant d’être remis en liberté ou après l’expiration de leurs peines d’emprisonnement, ont certainement échangé entre eux en prison. Ce milieu pénitentiaire favorise aujourd’hui le recyclage des malfaiteurs. Et c’est à juste titre que ces centres pénitentiaires ne sont plus considérés chez nous comme des centres de rééducation ou de conversion des mentalités.

 Reagan Mambu Makita se rappelle aujourd’hui, non sans traumatisme, un braquage vécu pour la première fois dans sa vie.
 Au volant de la Nissan Patrol immatriculée 9729 AA/ 01, de couleur bleue ciel, il roulait allègrement dans les rues de la commune de Gombe. Dans les parages du Collège Boboto, cinq hommes bien vêtus ont sollicité quelques courses express moyennant paiement. Et comme ils ont proposé une somme consistante pour l’ensemble de petits trajets, Reagan Mambu a mordu à l’appât.   
 Sans se douter de rien, il les a embarqués à bord de son véhicule. De Gombe, les fameux clients demanderont d’être conduits au quartier Binza Pigeon, à Ngaliema. Il est 21 heures. Sur avenue Kananga, les cinq passagers vont exiger à Mambu Makita de s’immobiliser au bord de cette rue très fréquentée. L’un après l’autre, ils sortiront des armes de leurs vestes. Reagan Mambu incapable d’opposer une quelconque résistance, va se soumettre aux diktats de ces malfaiteurs qui réclament les clés de contact et le débarquent sans ménagement. La mort dans l’âme, il les a vus disparaître avec sa Nissan Patrol. Une plainte en règle sera déposée le lendemain, auprès des différentes unités de la police provinciale.


 La semaine dernière, deux suspects sont arrêtés dans cette affaire par le Bataillon de la police d’investigations criminelles. Il s’agit, dans un premier temps, de Patrick Elongo Ilunga, demeurant sur avenue Lubila au quartier Joli Parc, à Ngaliema, et de Djessi Lokonga Soli, domicilié sur avenue Chaussée Laurent-Désiré Kabila, au quartier Binza Pigeon.
 A Binza Pigeon, les voisins de Djessi ont été intrigués de voir une jeep Nissan Patrol d’occasion non immatriculée, garée dans une parcelle sans portail où elle ne cessait d’attirer des regards interrogateurs. C’est ce qui a poussé Lokonga Soli à la déplacer chez son oncle à Righini où comble de malheur pour la bande, elle sera retrouvée et récupérée par la police.
 Avec les premiers suspects sous les verrous, la voie était toute tracée pour localiser deux de quatre auteurs du braquage. Anthony Lando Tembo, résidant sur avenue Flamboyants n° 24, dans la commune de la Gombe, et Diemande Israël Gloire, habitant sur avenue Saka n°1, quartier Kinsuka pêcheurs. Mais trois bandits sont encore en cavale.  Dans cette affaire, retenons que la Patrol a été restituée à son propriétaire et que le dossier des braqueurs a été transmis à l’Auditorat militaire de garnison de la Gombe.


                                                                                                         
  J.R.T.  

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