Les acteurs sociaux battent leur coulpe…

« Vade- mecum de l’acteur société civile en RDC» est l’intitulé du nouvel ouvrage élaboré par des acteurs sociaux du Rodhecic (Réseau d’Organisation des Droits Humains  et d’Education Civique d’Inspiration Chrétienne) et du Cnongd ( Conseil national des Ong).  Le père Rigobert Minani, permanent du Rodhecic l’a présenté mardi au Cepas. . . Cette brochure d’une centaine de pages, éditée grâce au financement d’OSISA,  a été rédigée par Joseph Kankinda, Jean- Baptiste Ndundu, Fabien Mbayo, et trois autres acteurs sociaux. Le livre démarre par  l’historique de la Société Civile.  Les auteurs  remontent aux années 40, marquées par les revendications des mineurs du Katanga,  évoquent   l’activisme des syndicalistes congolais deux décennies plus tard, le rôle  de l’Eglise dans la quête d’une société plus juste, le combat mené conjointement par les acteurs sociaux et politiques pour amener les décideurs politiques à convoquer la CNS… Options fondamentales de la société civile, code de bonne conduite de l’acteur de la société civile , relations entre acteurs sociaux et opérateurs politiques …. sont les autres chapitres  de cette première partie de l’ouvrage.

«Gouvernance des organisations de la société civile» est l’intitulé du second chapitre.. La bonne gouvernance concerne les animateurs de la res publica et ceux  des organisations de la société civile ( OSC) .  Pour Claude Nabaha et  Didier Iyeleza,  la participation, l’efficacité et l’efficience, la transparence, l’obligation de rendre compte, l’équité, … sont les quelques critères d’une bonne gouvernance.

Dans le dernier chapitre intitulé «  Système comptable et financier des OSC, Masudi  Wakilongo, Jean- Baptiste Ndundu… font remarquer qu’il y a  un quart de siècle, l’espace de la société civile était celui du militantisme plutôt que d’une bonne gestion. En matière de système d’informations comptable et financière, ils ont retenu  le plan comptable et la liste des comptes, les  plans de décaissement, de trésorerie, de financement, …Enfin, ils s’intéressent aux relations avec les bailleurs des fonds et les partenaires techniques et financiers, l’audit externe.

La longue marche

Il s’est développé , depuis la fin de la CNS, un discours négatif sur la société civile.  Cela s’explique par le fait qu’une partie de la société civile s’était alignée sur l’opposition politique pour éradiquer la dictature. L’opinion range selon les circonstances la société civile tantôt du côté de l’opposition  ou encore du côté du pouvoir, a dit le permanent du Rodhecic dans son mot d’introduction.  Qualifiées de corrompue ou  à la remorque du pouvoir, les OSC peuvent  différencier l’ivraie du bon grain. C’est dans ce sens que le Rodhecic et le Cnongd, soucieux d’établir un cadre de référence pour mieux refonder la société civile se posent ces questions.

- Quelle personne ou organisation fait partie des OSC ?

- Quelle vision doit développer la société civile ?

- A quel type de regroupement doit s’allier les acteurs sociaux ?

Minani est revenu sur la période de gloire de la société civile, les turbulences qui s’en ont suivies ,  les cogitations initiées depuis une douzaine d’années par certains  membres pour promouvoir l’intérêt général de la population. Expliquant comment on en est venu à l’idée d’éditer ce vade mecum, il a dit que cela est parti d’un atelier parrainé par Osisa  en 2008 et destiné à une vingtaine d’ animateurs de la société civile provenant de 11 provinces, dans le cadre du projet «  Improving governance of civil society forum organisations ».  Cet atelier avait pour but de discuter des outils à mettre en place pour améliorer les prestations des OSC. Il y eut par la suite des rencontres analogues au niveau des provinces, suivies par l’organisation d’un symposium national au cours duquel les participants ont échangé sur la nécessité de « redéfinir » les missions et la vision de la société civile…

L’ombre de la CENI

Au chapitre des questions, chevaliers de la plume et invités ont fait observer qu’il était indiqué d’organiser une table ronde pour mieux recadrer l’action de la société civile.

Y a-t-il un mal à « quitter » la société civile pour entrer en politique ?  Le problème ne se résume pas à celui du leadership ? L’enjeu n’est-il pas le positionnement des acteurs sociaux à la CENI ?

Dans leur réplique, le jésuite Minani et d’autres personnes placées à la tribune ont dit que la société civile est plurielle.  Il n’y a aucun mal à opérer une mutation. Néanmoins, les acteurs sociaux ayant traversé la rue doivent avoir l’élégance de ne plus porter plusieurs casquettes. «Nous serons honorés si les délégués de la société civile à la CENI font vraiment du bon travail». 

             Jean- Pierre Nkutu

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