Les acteurs de la société civile prônent l’éradication des antivaleurs au sein des unités de la police

 

Les tracasseries policières visant le rançonnement des piétons et des automobilistes, les interpellations intempestives des opérateurs économiques et des touristes, ainsi que les arrestations arbitraires ne reposant sur aucun grief, si ce n’est sur le fallacieux prétexte de «  raison d’enquête » ou de vérification de certains faits,  auxquelles il faut ajouter des perquisitions domiciliaires non couvertes par des mandats du parquet, sont autant des griefs attribués par les organisations de la société civile à certains éléments des unités de la police et de l’armée.

 Et pire, à y voir de près, ces interpellations relèvent tout simplement de règlement de comptes. Tous ces différents griefs et tant d’autres, expliquent pourquoi les relations civilo-policières et civilo-militaires sont viciées. La population, notent les acteurs de la société civle, éprouve de la méfiance chaque fois qu’elle croise les policiers et les militaires, tard la nuit. Il est vrai que dans certaines circonstances des patrouilles, les piétons ont eu à déplorer quelques cas de fouilles intempestives, d’extorsions des billets de banque et des téléphones portables.

            Ces faits, comme il faudrait le relever, sont souvent documentés dans les rapports de monitoring de la société civile. Dans la province de l’Equateur, et particulièrement à Mbandaka, cette situation d’insécurité remonte à plusieurs décennies. Elle s’est accentuée avec les conflits armés qui ont vu les Enyele basculer dans la rébellion, de la traque anciens éléments de la garde rapprochée de Jean-Pierre Bemba. Les acteurs de la société civile n’avaient pas manqué d’évoquer une litanie des faits, comme leurs collègues d’autres provinces, lors de l’atelier organisé à Kinshasa, du 4 au 5 octobre 2012, par Open society initiative for Southern Africa. Après l’élaboration d’une panoplie des recommandations, quatre mois plus tard, force est de constater que la situation ne s’est pas améliorée.

            Avec la dynamique de plusieurs réformes initiées au niveau de la police, de l’armée et des services de renseignement, il y a lieu que la préoccupation des responsables de ces différents services d’ordre de l’Etat soit orientée vers le renforcement de la discipline, la lutte contre les antivaleurs. Bon nombre d’observateurs ne cessent de se poser la question de savoir comment la population qui est tracassée au quotidien, constamment inquiétée et voire «persécutée», peut apporter sa collaboration aux services d’ordre.

            Pour rompre avec la méfiance, et faire renaître la confiance, aujourd’hui, on n’hésite pas à préconiser la restauration de la discipline dans toutes les unités, de manière à proscrire les «  missions irrégulières », les « bulletins de service aux missions imprécises », les libérations des personnes innocentes après paiement des amendes transactionnelles, les perquisitions non couvertes par un mandat du procureur, les filatures visant l’intimidation des adversaires et les interpellations pour des plaintes fictives, juste pour soutirer de l’argent ou arracher un téléphone aux personnes convoquées et gardées dans les amigos.

            Les  recommandations faites aux services de l’Etat et aux responsables des institutions républicaines, et qui ne devraient pas être rangées dans les tiroirs, méritent d’être coulées en mesures d’exécution, car elles contribueront à accélérer la réforme desdits services, et favoriser leur rapprochement avec la population qu’ils sont censés protéger et sécuriser.

                                 J.R.T.      

 

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