Les 9 fléaux qui caractérisent la RDC, selon Monsengwo

* La culture de la guerre et de la violence
* La culture du mensonge, de l’injustice et de la corruption
* La culture de la haine et de la division
* La culture de la mort et de l’insécurité

Déjà auteur de vives critiques à l’endroit des décideurs politiques congolais, le dimanche 5 décembre 2010, le jour où il a célébré, au stade des Martyrs, sa seconde messe en tant que nouveau dignitaire de l’Eglise catholique universelle, le Cardinal Monsengwo est revenu à la charge dans son homélie de la Nativité. A cette occasion, le prélat catholique s’est inquiété de la montée des antivaleurs au sein de la société congolaise, par la faute de ceux qui devraient prêcher par des exemples positifs.
Le Cardinal-Archêveque de la ville de Kinshasa a épinglé, entre autres fléaux l’absence de la paix, de la justice, de l’amour, de la vérité, et le non respect de la vie humaine. La topographie que le Cardinal Laurent Monsengwo dresse de la République Démocratique du Congo fait penser à un grand cirque, où les gouvernants font semblant d’être au service des valeurs alors qu’ils se trouvent engagés, en réalité, dans la culture de la guerre, du mensonge, de l’injustice, de la corruption, de la haine, de la division, de la mort et de l’insécurité. a société congolaise est gangrenée au point que, selon ce serviteur de Dieu, le pays court le risque d’imploser dans une intolérance incontrôlable, si un sursaut national ne se manifeste pas au plus tôt. Il ne manquait à l’ancien président du Bureau de la Conférence Nationale Souveraine qu’à parler de la pourriture de la nouvelle société congolaise issue du Dialogue Intercongolais et des élections de 2006.

Le cri d’alarme du Cardinal Monsengwo est à prendre très au sérieux, car cet intellectuel catholique perçoit l’avenir de la Nation sous de très sombres perspectives. Il affirme avoir décelé les germes de la guerre dans une sorte de planification concertée aussi bien entre futurs belligérants qu’entre les tireurs des ficelles. La réconciliation, nous rappelle-t-il, est absente aux quatre coins du pays, où la haine a pris le dessus sur l’amour.
    L’on peut se demander, à l’audition et à la lecture des propos du Cardinal Monsengwo, où va la RDC, 50 ans après son indépendance. Il nous prévient que si le tir n’est pas rectifié à temps, nous fonçons tout droit vers le gouffre.

Droits de l’homme : le maillon faible de Kinshasa

    Lorsque l’on décrypte le message de l’Archevêque de Kinshasa, l’on ne peut s’empêcher de constater qu’il s’agit aussi d’un appel au respect des droits de l’homme : droits à la paix, à la justice, à l’amour, à la vie, à la libre expression. Son interpellation fait penser à celle du président américain, Barack Obama, et de l’ambassadeur français aux droits de l’homme, qui ont dernièrement alerté l’opinion tant congolaise, africaine qu’internationale sur le mauvais état des droits de l’homme dans notre pays.
    Lorsque des personnalités aussi respectables et respectées agitent la sonnette d’alarme au sujet des violations permanentes des droits de la personne humaine en République Démocratique du Congo, cela a valeur d’exhortation pour les décideurs politiques à réfléchir sur les actions à mener pour faire bouger les choses dans le sens du changement positif. Les non-dits de tels discours peuvent être interprétés comme des signaux de la présence du pays dans une zone de turbulence, où le pire peut se produire et remettre en cause les petites avancées acquises au sortir de l’état de belligérance, en juin 2003, ainsi que durant les quatre premières années de la législature en cours.
En clair, Kinshasa doit revoir sa copie en matière des droits de l’homme.

            Jacques Kimpozo

Leave a Reply