Léopold II perd l’EIC

Au début, du 20ème siècle, la Belgique officielle comme les grandes puissances telles que la France, la Grande Bretagne, l’Allemagne, l’Italie et les Usa manifestent un vif intérêt pour I’Etat Indépendant du Congo. Perçue au départ comme une entreprise ruineuse, la «propriété» de Léopold se présente de plus en plus comme un petit paradis avec ses scandaleuses richesses minières en instance d’exploitation et ses immenses réserves forestières. Le statut particulier de l’EIC en tant que bien privé d’un individu dérange. Par ailleurs, les échos des exactions commises sur les populations indigènes dans les plantations d’hévéa irritent la communauté internationale. Les récits de l’enfer du caoutchouc embrasent I’opinion -.belge, au point que le Parlement belge cherche à tirer au clair aussi bien la gestion de Léopold II que I’affaire des traitements inhumains infligés aux indigènes congolais dans l’exploitation du caoutchouc.

Au plan de la gestion, il se remarque un lourd emprunt de la couronne vis-à-vis du trésor public belge, lequel est dû au financement des projets d’investissement de I’ElC (routes, chemins de fer, cultures du caoutchouc, du coton, prospections minières, oeuvres missionnaires).
Les parlementaires se montrent particulièrement hostiles à la politique opaque de Léopold II qui donne I’impression de vouloir faire porter le fardeau du Congo à I’Etat belge, sans contrepartie. Pour mettre un terme à la confusion, le Parlement belge décide I’annexion de I’EIC le 18 octobre 1 908. A partir de cette date, l’Etat Indépendant du Congo devient une colonie de la Belgique. Son nouveau statut juridique est réglé par la charte coloniale.
Léopold II va mourir une année plus tard, à l’âge de 74 ans, de maladie mais surtout, pense-t-on; de chagrin, sans avoir laissé d’héritier direct. D’où sa succession par son neveu Albert 1er.

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