L’enthousiasme des masses refroidi par la séquestration de Tshisekedi

La mobilisation au sein des Fédérations kinoises de l’Udps était totale pour accueillir leur Président national qui devait provenir de Matadi pour atterrir à Ndjili au début de l’après midi du samedi 26 novembre 2011. En effet, c’est ce jour-là qu’était programmé le meeting de clôture de campagne d’Etienne Tshisekedi, conformément au calendrier établi par la Commission électoral nationale indépendante (CENI). Tôt le matin, nombreux sont les combattants qui s’étaient déjà positionnés le long du Boulevard Lumumba – itinéraire que devait emprunter le Sphinx de Limeté pour gagner le lieu de son meeting – et n’attendaient que l’atterrissage de l’aéronef de celui qu’ils nomment affectueusement « Ya Tshitshi ». 

La plupart des jeunes combattants avaient opté de marcher à pieds pour cueillir leur leader à sa descente de l’avion. Si par ailleurs la plupart des commerces avaient fermé ce jour-là, un autre commerce avait par contre prospéré : celui de la vente des effigies de campagne d’E. Tshisekedi. Une fois l’effigie suspendue au cou ou fixée sur la poitrine, les jeunes-gens repartaient vers l’aéroport de Ndjili en chantant : « Ya Tshitshi, apesa bongo te ; apesa polo te ; tokovoter ye na ko! » (Ndlr : Grand frère Tshitshi ne nous donne ni l’argent, ni des polos mais nous voterons pour lui par défi ».

Ce mouvement vers l’aéroport avait fini par paralyser toute une bande du Boulevard Lumumba, à partir de 13heures. C’est justement cette euphorie que le communiqué de l’Hôtel de ville a stoppé net, en annonçant l’interdiction de tout meeting le même samedi. Et cela s’est mué en colère lorsque la nouvelle de la séquestration du Président national de l’Udps s’est répandue dans l’opinion.

Malgré cela, la population kinoise est restée le long du boulevard jusqu’aux heures tardives de la nuit, espérant toujours revoir son leader. A l’aéroport de Ndjili, l’atmosphère était encore plus tendue. Devant cette interdiction que tout le monde a qualifié d’irrégulière, les combattants ne voulaient pas rentrer chez eux et ont attendu jusqu’à 23h30, lorsque les forces de la Police ont tabassé le chauffeur de Tshisekedi et ont mis ce dernier de force dans sa voiture pour le conduire, seul dans ce véhicule, à sa résidence, à Limeté.

Il convient de signaler que d’autres candidats présidents de la République, tels que Joseph Kabila et Vital Kamhere, avaient aussi programmé leurs meetings le même jour, respectivement au Stade de Martyrs et au stade Tata Raphaël.

RSK

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