L’Ecole buissonnière toujours « full » à l’Assemblée Nationale

Après avoir frôlé la catastrophe le 18 mai 2011, date annoncée pour le débat en plénière autour des amendements apportés à la Loi Electorale par la Commission Politique, Administrative et Juridique, l’Assemblée Nationale n’est toujours pas à l’abri d’un boycott planifié de ses activités. L’affaire du paiement anticipatif des indemnités de sortie des députés nationaux, préalable au retour massif de ces derniers au Palais du Peuple, continue de faire des dégâts sur la liste des présences.

Dans le souci de lever les équivoques au sujet de la prétendue mauvaise foi du gouvernement dans le dossier des décomptes finals des membres de l’Assemblée Nationale, le Bureau de cette institution avait dû, le même mercredi 18 mai 2011, improviser deux « huis clos ». Mais, à ce qui semble, ces deux réunions n’ont pas réussi à tordre le cou à la méfiance. En conséquence, le décor des sièges vides n’a cessé d’être offert à des millions de téléspectateurs sur l’écran de la chaîne de télévision de la Chambre basse du parlement.

L’Ecole buissonnière – puisque c’est d’elle qu’il s’agit – continue d’afficher « full » alors que ses illustres « élèves » ont fait au Bureau de l’Assemblée Nationale, il y a 5 jours, la promesse ferme de la quitter. L’absentéisme des députés nationaux à l’hémicycle de Lingwala, en cette phase cruciale du débat de fond en vue de l’adoption, article par article, de la Loi Electorale amendée, fait peser sur ce texte la menace d’un travail insuffisamment critiqué.

Pourtant, personne n’ignore l’importance de cette pièce maîtresse dans la fixation des conditions d’éligibilité des candidats à tous les niveaux, la définition de la taille et du nombre des circonscriptions électorales, les modes des scrutins selon qu’il s’agit des élections du Président de la République, des députés nationaux et provinciaux, des sénateurs, des gouverneurs de provinces, des maires des villes, des bourgmestres des communes ou des chefs des secteurs, des conditions d’observation des élections par les témoins des partis et regroupements politiques, des modalités de publicité autour des listes électorales et de publication des résultats des votes, etc.

 

L’opinion nationale aurait souhaité que le plus grand nombre possible des députés, toutes tendances confondues, puissent s’impliquer dans la discussion portant sur les amendements à la Loi Electorale, de manière que soit dégagé, dans la mesure du possible, le consensus le plus large autour des règles du jeu applicables à tous lors de prochaines élections présidentielle, législatives nationales et provinciales, sénatoriales, urbaines, municipales et locales.

Accord ou désaccord… à l’intérieur !

Le sort des centaines voire des milliers de Congolais tentés par l’aventure politique repose entre les mains des députés nationaux. Le processus électoral de 2011-2013 serait transparent, libre, démocratique et apaisé selon que la Loi Electorale serait elle-même impersonnelle et suffisamment transparente. C’est maintenant et à l’intérieur de l’hémicycle de Lingwala que les membres de la Représentation nationale ayant des arguments à exprimer dans le sens de l’adhésion ou de la désapprobation des amendements devraient s’exprimer, avant que le « vote mécanique » ne vienne mettre un terme définitif au débat.
Ce que nos compatriotes souhaitent, c’est que l’assiette de la discussion soit suffisamment large, afin qu’au bout du compte, quel que puisse être le verdict de la plénière, le texte final reflète un réel choc des idées.
L’on ne voudrait pas assister au spectacle désolant des parlementaires absentéistes qui vont se rendre compte, sur le tard, du caractère « inconstitutionnel » ou « exclusif » de tel ou tel article et qui vont commencer à se répandre en « lamentations » à travers les médias ou dans la rue.

Distraits par la pré-campagne ?

En sus du dossier brûlant du paiement incertain et anticipatif de leurs émoluments de fin de « carrière » qui les empêche d’être régulièrement présents aux plénières de leur institution, on constate que les députés nationaux sont fort accaparés par la pré-campagne électorale. Certes, le compte à rebours a commencé sur le chemin de la réélection ou de la « mort subite ». Il est vrai qu’au regard du bilan négatif quasi généralisé des élus de 2006, beaucoup redoutent le fameux vote-sanction.

Mais, une pré-campagne lancée sans un soubassement politique positif  ne saurait modifier, en quelques semaines, l’attitude d’un électorat visiblement décidé à faire le « bon choix ». D’où, plutôt que d’hypothéquer le processus électoral en votant un texte mal ficelé, l’intérêt général leur commande de privilégier l’essentiel. Tout le monde sait que chaque congolais ayant hérité d’un mandat électif va récolter ce qu’il aura semé en cinq ans.

                                    Jacques Kimpozo

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