Le transport aérien des minerais interdit !

Le gouvernement de la République Démocratique du Congo, par l’entremise du ministère des Mines, vient d’interdire formellement le transport par avion des minerais depuis la province de Maniema jusqu’à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu. Cette importante décision prise par le ministre des Mines, Martin Kabwelulu, à l’issue de son séjour d’une semaine (du 20 au 27 juin 2012) au Maniema, est motivé par le souci de mettre fin à la déviation illicite des minerais qui traversent la frontière. « C’est qui constitue une perte pour la RDC en termes des revenus… » a-t-il expliqué. 
Instruisant à cet effet que les minerais puissent prendre la direction du Nord du Katanga par la voie ferrée, Martin Kabwelulu a indiqué que 8 locomotives faciliteront leur évacuation vers Kalemie avant de prendre la voie lacustre vers Dar-Es Salam via Kigoma en Tanzanie. D’où un appel pathétique aux enfants du Maniema qu’ils prennent conscience pour une gestion efficiente de leurs ressources, facteurs du développement de la RDC. 
Province victime d’un embargo de fait des minerais qualifiés de sang, le Maniema a bénéficié, au cours de cette visite, d’une attention particulière du patron des Mines en RDC qui a offert sa solidarité à la population afin de donner l’espérance de croire en la nouvelle dynamique de la révolution de la modernité. 
 
Ainsi, le ministre a solennellement pris l’engagement de la relance des activités minières de la Sakima, société minière autrefois poumon de l’économie de cette contrée du pays.  Concrètement, il a annoncé qu’un nouveau statut juridique de la Sakima sera prêt en mi-juillet, permettant à la société de signer des accords avec de nouveaux partenaires. 
A la question de savoir comment transporter les minerais par voie lacustre, Martin Kabwelulu a souligné qu’un partenariat a été signé entre le Mining Minerals Ressources (MMR) et la Société Nationale des Chemins de Fer ( SNCC) pour financer la réhabilitation du grand bateau Sendwe, abandonné depuis de décennies. 
 
Formaliser l’artisanat minier
 
La formalisation de l’artisanat minier a été au cœur des préoccupations du ministre. Son nouveau credo : mettre fin au travail dispersé des creuseurs. « Il faudrait que tous les secteurs se muent dans des coopératives » a-t-il indiqué avant de promettre la facilitation pour l’obtention des agréments. 
Par ailleurs, dans une perspective de canaliser les recettes minières, Martin Kabwelulu a déclaré que les coopératives qui seront créées bénéficieront des zones d’exploitation artisanale. D’ores et déjà, les exploitants artisanaux des sites de la Sakima ont obtenu la faveur du ministre de signer des contrats de partenariat avec ladite société. « C’est un schéma convenable qui permet de résorber la fraude minière, définir la traçabilité des minerais dans le sens d’avoir un responsable de coopérative à qui il faudra s’adresser en cas de problème d’une part et de l’autre la nécessité d’encadrer les creuseurs » a fait noter le ministre. 
Outre ces idées fondamentales répercutées dans les deux provinces minières (Maniema et Katanga), ainsi que dans toutes les zones minières visitées par le ministre des Mines, d’autres orientations ont été données. Il s’agit, entre autres, de la responsabilité sociale de toutes les entreprises qui opèrent dans ces zones. Elles doivent donc contribuer au développement des populations qui vivent dans les environs des zones minières. 
 
Il convient de souligner que le but ultime de cette visite était la sensibilisation des opérateurs miniers et les agents de l’administration minière au sujet des assignations du gouvernement dirigé par le Premier ministre Matata Ponyo de voir le secteur minier produire, en 2016, 48 milliards USD sur base d’une production de 1,5 millions de tonnes de cuivre, 50.000 tonnes de cassitérite, et 5.000 tonnes d’or. 
Pour y parvenir, un plan de travail est déjà élaboré au ministère des Mines, avec en filigrane la stratégie de la croissance des recettes minières. 
 
Tshieke Bukasa   

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