Le SNPP appelle la RDC à mettre fin à l’impunité des prédateurs de la liberté de la presse

En cette journée du 23 novembre 2011 où le monde célèbre la Journée internationale de lutte contre l’impunité des crimes commis à l’endroit des journalistes, le Syndicat National des Professionnels de la Presse, organisation membre de la Fédération Africaine des Journalistes (FAJ) et de la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ), appelle le gouvernement de la RDC à sortir de son immobilisme et engager des actions concrètes pour traduire en justice les prédateurs de la liberté de la presse qui jouissent d’une totale impunité.

Depuis 2005, en effet, 8 journalistes ont été assassinés et les vrais commanditaires de ces crimes odieux ne sont jamais inquiétés, en dépit du déroulement dans certains cas de procès qui ont eu la particularité de ne pas faire les mobiles des crimes commis et surtout les responsables de ces actes ignobles qui ont endeuillé la famille communicationnelle à huit reprises. Les vrais assassins de Franck Ngyke en 2005 à Kinshasa, Bapuwa Mwamba en 2006 à Kinshasa, Serge Maheshe (Bukavu) et Patrick Kikuku (Goma) en 2007, Didace Namujimbo en 2008 (Bukavu), Bruno Koko Cirambiza en 2009 (Bukavu), Chebeya en 2010 à Butembo et enfin Kambale Musonya (Lubero) en 2011 demeurent inconnus et donc impunis. La presse congolaise toute entière attend encore l’organisation de vrais procès pour connaitre enfin la vérité sur les vraies raisons du meurtre de ces éminents martyrs de la démocratie.

Comme si l’impunité était devenue le modèle à suivre et une valeur, les responsables des services de sécurité et de la Police nationale s’illustrent par les arrestations arbitraires, les agressions, le harcèlement des journalistes ainsi que des pressions administratives contre les médias sans qu’ils soient condamnés et sanctionnés par leur hiérarchie, ce qui leur donne le statut de Congolais au dessus de la loi.

Le SNPP rappelle que les Chefs d’Etat et de Gouvernement africains ont, au cours de leur sommet de janvier 2011, déclaré l’année 2012 « Année des valeurs partagées en Afrique ». Les droits de l’homme constituent une composante essentielle de ces valeurs que des pêcheurs en eau trouble foulent aux pieds en RDC sans possibilité pour les victimes d’obtenir réparation par la justice.

Le SNPP invite enfin le gouvernement de la RDC à respecter les engagements pris dans le cadre de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et d’autres mécanismes spéciaux des Nations Unies pour promouvoir la sécurité des journalistes car, pour paraphraser le président de la Fédération Africaine des Journalistes, « l’impunité est devenue un grave fléau qu’il faut combattre sans répit et avec détermination car elle constitue un frein à l’essor de la démocratie sur le continent et au développement de notre société ».

Fait à Kinshasa, le 23 novembre 2011. 

Stanis NKUNDIYE

Secrétaire Général du SNPP
Membre du Comité directeur de la FAJ

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