Le SG de la Majorité Présidentielle parle

 « Notre seul objectif est de les battre tous à plate couture… » a lancé Louis Koyagialo

L’approche inexorable des élections voulues libres, démocratiques, transparentes et crédibles fait visiblement monter la tension dans les différents états-majors politiques. Préoccupé autant par cette situation, Louis Alphonse Koyagialo Gbase Te Gerengbo, Secrétaire général de la Majorité Présidentielle(MP), plate-forme politique soutenant les actions du Chef de l’Etat, est sorti de sa tanière afin d’éclairer l’opinion sur les questions brûlantes d’actualité. Le silence des anciens membres de l’AMP hésitant encore à rallier la nouvelle structure, les critiques formulées contre la CENI( enrôlement des mineurs et minorisation des électeurs etc.), intolérance politique, Tshisekedi, Kamerhe etc., toutes ces questions ont été abordées au cours de cet entretien à bâton rompu avec ce haut cadre de la MP.

Confiant au bilan produit par l’autorité morale de la MP, Louis Koyagialo a clairement décliné les objectifs immédiats de sa famille politique : la réélection de Joseph Kabila.

Le Phare : Trois mois déjà depuis la signature de la Charte de la Majorité présidentielle, pourquoi les structures mises en place n’ont-elles toujours pas d’animateurs ?
Louis Koyagialo : C’est pour bientôt. Je crois que toute décision doit venir au moment opportun. Il y a un moment opportun pour ça.

L.P. : Vous dites bientôt mais, dans quelques mois, ce sont les élections. Vous ne risquez pas de tomber dans la précipitation ?
L.K. : Il faut faire la différence entre la structure de la plate-forme et la structure des élections. La structure de la plate-forme est appelée à gérer la plate-forme au jour le jour. Mais, la structure électorale sera rendue publique au moment opportun.
Pour le moment, ce qui nous préoccupe, c’est de mettre en place les ressources humaines pour la gestion au quotidien de la plate-forme. Cela n’a pas de rapport direct avec les élections.

LP : Vous assumez les fonctions de Secrétaire général de la Majorité présidentielle. Vous attendez-vous à être confirmé à ce poste ou prévoyez-vous de celui-ci ?
L.K. : C’est à la discrétion de l’Autorité morale de la famille politique. Quand il décide de me confirmer – il le fera – ou s’il veut m’avoir dans la réserve de la République, j’y serai. Sans pour autant penser à prendre la kalachnikov pour combattre ma propre famille politique. Ça, je ne le ferai jamais.

L.P. : Jusqu’à maintenant, il y a des formations politiques comme le RCD/KML et des personnalités politiques anciennement membres de l’AMP qui n’ont pas encore signé la charte de la MP. Cela vous inquiète-t-il ou vous comptez toujours sur leur loyauté ?
L.K. : Il y a un nombre tout à fait marginal dans le cas de figure. Il n’y a que le RCD/KML qui n’a pas encore signé. Mais, ce n’est pas pour autant qu’il faut dire que le RCD/KML a quitté la famille politique parce que le ministre de ce parti est toujours dans le Gouvernement.

L.P. : Cela ne vous inquiète-t-il pas ?
L.K : Non, non, ça ne m’inquiète pas parce qu’il était question que le congrès de ce parti se réunisse pour lever l’option de la signature de la charte. Il semble que cela a été fait. Il faut avoir beaucoup de patience pour ça, il n’y a pas péril en la demeure !

L.P. : Au chapitre des élections, on note beaucoup de critiques formulées contre la Ceni concernant le déroulement des opérations de révision du fichier électoral. On parle d’enrôlement des mineurs, des militaires et des policiers, de minorisation des électeurs dans certaines contrées, et de la préparation de la fraude. Quelle est votre lecture de la situation ?
L.K. : Moi, je pense que toute accusation doit être appuyée par des preuves. En ma qualité de juriste, je ne peux pas comme à la criée me mettre à accuser sans en avoir la preuve. Mais, ceux qui font ces allégations, s’ils ont des preuves, ils n’ont qu’à les brandir. Ça ne sera pas pour accuser la Ceni mais plutôt pour permettre à ses dirigeants de corriger ce qu’il y a à corriger. Et notez que tous ceux qui travaillent dans les bureaux d’enrôlement ne sont pas dans les partis politiques. Ils ont peut-être quelque part une certaine sympathie pour certains partis politiques, peut-être de la majorité mais aussi de l’opposition.
Aussi, il ne faut pas croire que si quelque part il y a des irrégularités, c’est la majorité qui a provoqué cela pour pouvoir en tirer profit. Il faut vraiment cesser de raisonner de cette façon.

L.P. : S’il y a des critiques émanant de l’opposition, il y en a aussi qui viennent de la majorité : la minorisation des électeurs par exemple.
L.K. : Mais, la minorisation des électeurs, je ne sais pas si ça profite à quelqu’un. Je crois que vous faites allusion à la ville de Kinshasa. Personne n’a fait le recensement scientifique, comme ce fut le cas en 1984, de la population de Kinshasa. Maintenant, on se réveille un matin, on dit que c’est 6 millions d’habitants. Une année après, on parle de 10 millions. Et quelque temps après, on dira que nous sommes à 15 millions, sans savoir exactement qui a fait le recensement.
Aujourd’hui, tout le monde bat campagne pour l’enrôlement massif de la population. Je ne vois pas une télévision ici à Kinshasa qui ne fait pas état d’un leader qui vient s’enrôler et qui n’invite pas les électeurs à venir s’enrôler. Mais si nous en sommes à ce chiffre-là, il faut donc commencer à revoir à la baisse la population active de Kinshasa. C’est ça la réalité.

L.P. : Joseph Kabila, votre candidat, a pour le moment deux adversaires en face de lui. Il y a son ancien collaborateur Vital Kamerhe et le vieil opposant Etienne Tshisekedi. Apparemment, le combat n’est pas facile?
L.K. : Nous ne minimisons personne. Mais, nous disons que nous sommes partis pour gagner. Nous allons gagner les élections. Nous avons tous les atouts pour gagner ; nous, nous avons un discours à donner au peuple congolais et les autres n’ont que des promesses à faire.

LP : Et entre les deux, lequel vous redoutez le plus?
L.K. : Nous ne craignons personne. Nous les mettons tous sur le même pied d’égalité. Notre seul objectif est de les battre tous à plate couture pour qu’ils se rendent une fois pour toutes compte qu’on ne peut pas comme ça s’amuser avec Joseph Kabila Kabange.

Propos recueillis par Tshieke Bukasa

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