Le renforcement du M23 inquiète la Monusco

cmdt-monusco-copy1Depuis Goma, chef-lieu de la province de Nord-Kivu où il se trouve, le représentant spécial du SG de l’Onu en RDC, Martin Köbler,  a répondu aux préoccupations de la presse congolaise sur les principales questions d’actualité, hier mercredi 9 octobre 2013. Accompagné du général Dos Santos Cruz, commandant en chef des forces onusiennes en RDC, Martin Köbler a indiqué que la Monusco détient des preuves matérielles que la rébellion du M23 continue à renforcer ses positions et à recruter de force  des enfants au Rwanda  pour les intégrer dans ses rangs. « Nous avons des preuves irréfutables de renforcement des matériels militaires. Je signale que le Mécanisme de vérification est déjà enclenché pour investiguer sur la consolidation du potentiel militaire dans la région… », a-t-il appuyé

Confiant que les pourparlers de Kampala vont bientôt aboutir sur fond d’un accord entre le gouvernement de la RDC et le M23, Martin Köbler a cependant exprimé ses inquiétudes face au recrutement des jeunes gens et au renforcement militaire du M23. Réaffirmant la position de la Communauté internationale-dont une délégation a visité la RDC et le Rwanda la semaine dernière- contenue dans la Résolution 2098, Köbler a déclaré que c’est aux parties en présence de décider comment conclure cette paix. « L’objectif, c’est la paix par les moyens politiques ou militaires. Avec la politique, c’est beaucoup mieux. C’est au gouvernement de négocier les termes de cette paix… ».

 Dénonçant par ailleurs le non-respect par le M23 des recommandations des chefs d’Etat des Grands-Lacs qui ont exigé à ce groupe armé de mettre fin à toute activité militaire, le patron de la Monusco a martelé que ces rapports sont en train d’être vérifiés.

Il convient de signaler que le numéro 1 de la Monusco a fait cette déclaration, hier mercredi,  six jours après que les autorités américaines ont annoncé avoir pris des sanctions contre le Rwanda pour le recrutement d’enfants-soldats dans les rangs de la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23) dans l’Est de la  République Démocratique du Congo (RDC).

Pour sa part, le commandant de la Force de la Monusco, le général Dos Santos Cruz, a appelé la société civile du Nord-Kivu à la vigilance. «Nous avons beaucoup d’informations relatives au renforcement des positions du M23. Il est très important que la société civile reste vigilante pour dénoncer ces choses.  Nous ne savons pas avec précision l’origine de ces renforcements. Nous devons vérifier davantage [ces informations] », a-t-il expliqué.

Selon lui, les informations dont dispose la Monusco démontrent que «le M23 ne se soumet pas aux recommandations de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs. Si nous avons la possibilité d’aller vers une solution politique à Kampala, il est très important de rester honnête, de pouvoir se conformer aux décisions politiques qui seront prises à Kampala. Ces activités militaires sont contre la solution politique pour la paix», a estimé le général Dos Santos Cruz.

            Lors de leur dernier sommet dans la capitale ougandaise, rappelons-le, les chefs d’Etat de la région avaient recommandé à la rébellion d’arrêter toute activité militaire et de reprendre les pourparlers avec le gouvernement congolais.

            Concernant le déploiement des drones, le commandant en chef a dévoilé finalement la date de leur mise en service : fin novembre. A l’en croire, ils ont déjà reçu la 1ère équipe des contractants, alors que toutes les mesures administratives sont conclues. Vers mars et avril, a-t-il promis, toutes les capacités seront en place pour diffuser les renseignements de ces engins sans pilote.

            Répondant à une autre question sur l’éradication des groupes armés tels que recommandé par le Conseil de sécurité des Nations-Unies, le général Dos Santos Cruz a souligné que « éradiquer ne se fait pas en une nuit ! ». Nous comprenons l’impatience de la population. Ce n’est pas simplement une option militaire qu’il faut, mais également administrative et politique. « Si vous comparez que nous avons 50 groupes armés dont 25 Maï Maï, il serait impossible de les traiter tous en même temps. Nous avons besoin d’y aller étape par étape, en  travaillant en synergie avec le gouvernement… ».

                 Tshieke Bukasa 

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