Le reboisement du parc national de Nsele lancé

Dans le cadre de la journée mondiale de l’environnement célébrée le 5 juin, il a été lancé le processus du reboisement du parc national de Nsele, situé à 50 km de Kinshasa.  L’activité a été organisée par l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) avec l’appui de l’Union internationale pour la conservation de la nature.Des cadres et membres du personnel de l’ICCN et de l’UICN, des étudiants de l’université de Kinshasa, une vingtaine d’élèves provenant de l’école Saint Charles Lwanga de Barumbu et des journalistes, soit  plus de 50 personnes au total, ont planté les 210 plantes prévues pour la journée. Selon un agent de l’ICCN, ce sont des acacias et des plantes sauvages qui ont été largués dans ce parc de 3.550 hectares, créé en 1983 par le défunt maréchal Mobutu Sese Seko.

Brigitte Kapinga, directrice du programme de l’UICN, a dans son mot déclaré que « nous célébrons cette journée internationale  de l’environnement avec un signe particulier, celui du reboisement des arbres. En ce moment où nous vivons des mutations climatiques, il est nécessaire de planter des arbres pour éviter certains problèmes dans l’avenir ». 
Cosma Wilungule Balongelwa, directeur général de l’ICCN,  a indiqué que le reboisement de ce parc est l’une de leurs grandes préoccupations. « Nous devons donner à ce parc une image naturelle parce qu’il est devenu moins qu’une savane suite à l’activité de l’homme.  Nous avons l’obligation de le restaurer parce qu’il n’existe plus de forêt dans la ville de Kinshasa. Si nous perdons cette forêt, ce serait une grande perte », a-t-il dit.
Il a signalé qu’après la première phase, celle du reboisement, il y aura  la clôture du parc, et enfin viendra son repeuplement. Maintenant, il y a quelques singes en cage, et trois ou cinq en liberté dans le parc. En dehors de ces singes, il y a de nombreux oiseaux, deux ânes. La place réservée aux crocodiles est vide. 
 
L’assistance a suivi deux interventions avec débat de DR Mwamba de l’ICCN sur les « Défis de la conservation des aires protégées en RDC »  et de Benoit Kisuki de l’ONG Conservation sur «L’économie verte : une réponse aux changements climatiques ». 
Dr Mwamba a déclaré que la guerre qui a sévi en Rd Congo a frappé sérieusement les aires protégées. L’ICCN est depuis  confronté à plusieurs défis. Il y a d’abord la réduction de sa capacité de gestion car en 15 ans l’ICCN a perdu 300 gardes. Ainsi, il estime qu’une réforme sur la structure organique et aussi humaine s’impose. Pour lui, il faut restaurer l’intégrité de ces aires protégées pour que la conservation fasse son travail. Cela n’est pas facile compte tenu de l’étendue de ces aires.
Il y a aussi le défi de financement durable. Il a signalé que pour son fonctionnement l’ICCN dépend à 88% de ses partenaires et pour la gestion des parcs presque  à 100%. Il y a un problème sérieux du financement de l’ICCN.
 
L’autre défi est l’extrême pauvreté de la population.  Il a à cet effet déploré le fait que le ministère de Mines a distribué des carrés miniers  pour exploitation ou pour des recherches dans 4 parcs nationaux. Si la Rd Congo veut devenir un pays émergent, il se posera un problème car le gouvernement sera obligé d’exploiter les minerais et le pétrole. « Il faut que la Rd Congo ait une politique cohérente, car on peut exploiter les minerais et le pétrole, mais laisser les aires protégées faire leur travail de préservation de la nature. Il faut un débat national à ce sujet », a-t-il dit en rappelant cette phrase du défunt maréchal Mobutu comme conclusion. L’ex-dictateur zaïrois disait : « Si on ne retrouve pas la vie dans le monde qu’on la retrouve en Rd Congo ».  
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Benoit Kisuki a défini ce nouveau concept de  l’économie verte comme « une économie qui entraine une amélioration du bien-être et de l’équité sociale en tenant compte des risques environnementaux et de pénurie des ressources ». Il a indiqué que cette économie se base sur six axes :la protection du capital national critique ; l’analyse de la production ; la consommation durable ; le marché durable ;  le financement durable ; enfin des institutions durables. 
 
Jean-René Bompolonga 

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