Le Rader pour le rabattement des salaires politiques

La salle des conférences de la Fikin a servi de cadre le samedi  20 février 2010 à la cérémonie relative à   la sortie officielle du Rassemblement des Démocrates pour la Rupture et le Renouveau, « Rader », parti cher au professeur Auguste Mampuya.  S’étant rendu dans divers coins du pays et de la capitale ces jours ci  pour mieux préparer les esprits ; l’éminent juriste a vu affluer à la Fikin des étudiants de l’ISC, de l’Unikin, de l’UPC, de l’UPN…, et plusieurs  centaines de Kinois. L’ambiance était de tonnerre. Ses collaborateurs,  très avisés, avaient sérieusement chauffé la salle bien avant le démarrage des activités. Le  discours de circonstance de Mampuya  était entrecoupé de salves d’applaudissements…  Témoins de l’événement : des enseignants d’université amis du célèbre professeur , des députés, ministres honoraires, l’ancien vice-président Zahidi Ngoma, l’enfant terrible du Fonus, Joseph Olenghankoy… Peu avant le début des activités, des  jeunes filles moulées dans des tee-shorts aux couleurs du Rader et emballées par la fanfare, ont offert au public quelques séquences d’animation. Le président national du Rader a fait fait son entrée dans la salle vers 10 heures 30, accueilli par  la chanson «  Nzambe aponi yo , osalela ye…. ».Il avait à ses côtés , les vice présidents Mukoka, Mimi Lokonga, le secrétaire général  Jean Paul Lumvutu…

 Prenant la parole, Auguste Mampuya a galvanisé l’assistance pendant une demi-heure. D’une voix forte et claire, il a fait remarquer que le Rader  voit le jour à une période cruciale de la RDC. Une époque, on le sait, dominée  par les agressions perpétrées par nos voisins  avec leur cohorte de malheurs et   synonyme d’humiliation pour les Congolais. «Agressions répétitives, occupations de nos territoires», a-t-il rappelé, tout cela, avec la bienveillance des sociétés multinationales.

Rupture avec le passé

 Jadis citée comme une grande nation au cœur de l’Afrique au même titre que l’Egypte, le Nigeria et l’Afrique du Sud, la RDC est  tombée très bas. Le Rader, nouveau né dans le microcosme politique congolais, a une idéologie novatrice. En clair, ce parti  veut rompre avec le système en place. D’autant plus que bon nombre de nos concitoyens  qui sont dans le système en question sont poussés inexorablement vers le mal.
Nos dirigeants ne sont pas des personnes immorales. Mais le système dans lequel ils évoluent les corrompent, a-t-il indiqué.    Les Congolais décriés au pays font des merveilles en  médecine et dans d’autres domaines en Afrique australe, et en Occident…
Agissons de manière à bouter dehors  ce système pernicieux et ces «  personnes immorales » deviendront nos amis. On ne peut pas mettre du vin nouveau dans de vieilles outres, a-t-il souligné. Pour Aristote et Thomas d’Aquin, politique rime avec vertu et morale.
Nous sommes  un parti de masse avec un projet didactique. L’homme politique n’est pas doté de compétences particulières. La politique n’est pas forcément l’apanage d’une certaine élite. Elle ne doit pas être comprise comme un job. Nous  amenons les militants à comprendre cet axiome. On l’a expérimenté lors de nos descentes dans les quartiers populaires et les villages. Demain, ces masses vont diriger nos quartiers, communes, villes, si les choses se passent de manière transparente.
C’est dans ce sens que notre leadership ne sera pas arrogant. Notre credo est celui de pousser le congolais à  devenir un citoyen digne de ce nom. Moi, je crois au congolais, a-t-il souligné. Ici en RDC, la politique est synonyme d’enrichissement. Sous d’autres cieux, on trouve des gens arc boutés aux postes de maire, député, sénateur… pendant plusieurs décennies. Tant mieux, mais en RDC, cela a de sérieuses répercussions négatives. En réalité, la politique est une grande  charge  , à priori lourde et les charges politiques sont à fortiori  difficiles à assumer pendant plus de deux mandats. D’ores et déjà, apprêtez –vous à vous opposer aux gens qui seraient tentés de passer outre.

Rabattement des salaires politiques

Comme pistes de solution, le président national du Rader a proposé le rabattement des salaires politiques. Il est vrai que cela ne va pas trop influer sur les salaires des hommes d’en « bas », mais ça vaut la peine d’être mis en application. Spéculation d’intellectuel ? Non, s’est-il écrié.  Nos richesses sont confisquées ou encore réparties de manière irrationnelle ( entre familles, ou club d’amis).
La démocratie participative est aussi un concept à utiliser. Parlez-vous réellement au peuple ? cette question s’adresse aux dirigeants actuels. En écoutant le peuple, on apprend beaucoup des choses.  Pour la plupart de nos dirigeants , le peuple n’est pas en mesure de bien saisir les concepts comme décentralisation. Faux, a dit Auguste Mampuya. Lors de nos récentes rondes, les gens ont eu à nous compléter. Signe révélateur de leur niveau de compréhension.

Le Rader est ce nouveau système en germination

Son harangue en langue de Voltaire terminé, l’orateur principal du jour a usé d’un lingala châtié pendant quelques minutes pour  s’expliquer sur certains points moins bien assimilés par une partie de l’assistance. Il a insisté sur le sens à donner à la naissance du Rader, un nouveau système en germination qui devrait permettre aux Congolais de s’approprier leur être et leur destin.  

      Jean-Pierre Nkutu

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