Le piège de Rutshuru : Kagame joue son va-tout

Le territoire de Rutshuru pourrait constituer un des tournants de la guerre de l’Est de la République Démocratique du Congo. C’est ici en effet que les mutins du M23 semblent avoir résolu de jeter toutes leurs forces, afin de planter le décor des négociations qu’ils ne cessent de réclamer à cor et à cri au pouvoir en place à Kinshasa. L’objectif visé est d’en déloger totalement les FARDC et de démentir ainsi toutes les accusations portées contre le Rwanda, épinglé par les Nations Unies comme le fournisseur de cette fausse rébellion en armes, troupes et argent.
 Et dès qu’il serait question de dialogue entre « belligérants », le régime de Kigali pourrait sortir la tête de l’eau et rappeler au monde entier que la question sécuritaire du Nord-Kivu reste congolo-congolaise. Cette ligne de défense, pour le moment mise à mal par des preuves de la participation des troupes de l’armée régulière du Rwanda aux combats, pourrait alors avoir une assise solide.

 Le piège est là, bien en place. La mission du M23 est claire : mettre les FARDC à genoux sur le sol congolais et tirer le Rwanda de la passe difficile d’Etat-voyou dans laquelle l’a précité le tout dernier rapport des Nations Unies sur la guerre de l’Est du Congo démocratique. La bataille de Rutshuru s’annonce fort cruciale. Si le colonel Ruzandiza alias « Makenga Sultani » et ses hommes parviennent à s’imposer sur ce front, Paul Kagame serait hautement soulagé.
Aussi assiste-t-on, ces temps derniers, à l’augmentation exponentielle des troupes de ce mouvement rebelle et de sa puissance de feu. Le travail de harcèlement militaire des FARDC par le M23 s’inscrit dans la droite ligne de la volonté du régime de Kigali de voir le mouvement insurrectionnel qu’il instrumentalise prendre une coloration entièrement congolaise.

Le péril se précise…


 Le projet d’érection d’un Etat autonome entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda n’est plus une vue de l’esprit. Les contours du futur Etat, que certaines sources nomment déjà « Congo Oriental », après avoir longtemps porté le label de  République du Graben, semblent avoir déjà été tracée par le parcours militaire du M23, que les députés du Nord-Kivu, dans leur déclaration du jeudi 19 juillet 2012 à l’Assemblée Nationale, ont dit occuper un espace aussi vaste que celui du Rwanda.
 La perception des taxes du péage à Rutshuru-Centre et de douane à Bunagana, sans compter d’autres formes d’impôts instaurées dans plusieurs localités sous leur contrôle, se voudrait un signal fort dans le sens de l’affirmation de l’autonomie du futur Etat.

Patriotes : non à la distraction !

 Les patriotes congolais – les vrais- sont ainsi appelés à ouvrir l’œil et le bon face aux velléités annexionnistes d’une partie du territoire national par le Rwanda. Le lobbying déjà en marche contre l’agression rwandaise exige d’être renforcé à travers une diplomatie de la vérité sur la scène tant africaine qu’internationale, mais surtout par des manifestations populaires de colère.
 Parallèlement aux actions diplomatiques et de rue, les éléments des Forces Armées de la République Démocratique du Congolais (FARDC) positionnés au Nord-Kivu devraient être dotés d’un arsenal de combat à la mesure de la puissance de feu ennemie. La patrie est en danger et compte beaucoup sur son armée pour déjouer le piège dans lequel voudrait l’enfermer Paul Kagame.
 C’est le lieu d’en appeler à la vigilance optimale pour mettre hors d’état de nuire tous les traîtres, civils comme militaires, à la cause de la Nation. Rutshuru peut aussi, s’il y a une volonté affirmée de résister, se transformer en Waterloo du 3me millénaire pour Kagame et ses pions du M23.


          Kimp     

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