Le parquet d’Inongo Impliqué

D’une restitution à une autre de différentes missions de la Société civile à Inongo sur le dossier de l’arrestation et des tortures des 27 paysans du groupement Bokongo  à Inongo, dans le Bandundu, le fil des événements et les responsables des incidents se précisent. Ainsi, les policiers qui ont procédé à l’arrestation et aux premiers coups sur les paysans ont été dépêchés sur les lieux par le parquet de grande instance d’Inongo. Cette information a été livrée hier, lundi 15 mars 2010 au siège du Fonds mondial pour la nature (WWF), par la société civile environnementale indépendante lors de la restitution d’une mission effectuée du 13 au 19 février à Inongo. 

« …Monsieur Garrigue (responsable de la certification  Sodefor) s’est alors rendu à Oshwe pour informer l’administrateur du territoire ai des faits en soulignant que le climat de négociation s’était détérioré, passant à une occupation de chantier par les membres du groupement Bokongo.  Ainsi, le représentant de la Sodefor a introduit une demande d’assistance pour sécuriser le chantier. N’ayant pas trouvé l’appui de l’administration du territoire, faute des moyens en personnels et en matériels disponibles, la Sodefor a introduit une plainte au parquet de grande instance d’Inongo contre les membres du groupement Bokongo se trouvant au sein de son chantier d’exploitation. Le parquet d’Inongo accède à cette demande, dépêche la police qui arrive à Mike 12 le 26 janvier 2010 au soir et procédera à l’arrestation des 27 personnes membres du groupement Bokongo se trouvant au chantier Sodefor. Ils sont acheminés le 28 janvier 2010 au parquet d’Inongo pour détention. » Ces informations sont contenues dans le communiqué de presse de la société civile environnementale indépendante, lu devant la presse par Me Irène Wabiwa de Codelt (Conseil pour la défense environnementale par la localisation et la traçabilité). Dans cette mission à Inongo, elle était avec Bienvenu Ngoy du Groupe de travail forêts (GTF) et me Didier Kalala des Avocats Verts.

Selon la restitution faite le 8 mars dernier par les organisations opérant dans le réseau de ressources naturelles, le calvaire des paysans du groupement Bokongo a démarré dès l’arrivée de ces policiers au Mike 12, une dénomination d’un site d’exploitation de la société Sodefor. Il y aura par la suite un décès, celui de M. Georges Nkaka, âgé de 72 ans. « Ce décès est consécutif aux traitements dégradants subis par ce dernier et les autres paysans », avait souligné le réseau des ressources naturelles. 

Selon la même source, le conflit sur ce dossier présente deux facettes en termes d’origine. La première facette  du conflit est celle qui concerne les membres du groupement Bokongo à celle de Mbinjakama relative aux limites de leurs forêts respectives. La deuxième est celle qui met en présence les membres du groupement Bokongo et la société Sodefor suite aux réclamations  des droits des jouissances.

Dans ses recommandations, la société civile environnementale indépendante qui se définit comme un courant de pensée libre, demande la mise sur pied d’une commission d’enquête parlementaire afin qu’elle descende sur terrain en collaboration avec le ministère de l’Environnement, de la conservation de la nature et du tourisme et la société civile environnementale pour établir les responsabilités des parties et proposer des mesures appropriées pour éviter que de tels incidents ne se reproduisent. Sans citer Sodefor, elle recommande  que les concessionnaires forestiers développent un climat de confiance avec les communautés riveraines de leurs concessions forestières, en respectant les engagements pris au profit de ces dernières. Dossier à suivre…

Jean- René Bompolonga

 

 

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