Le ministre Tshibanda pointé absent au Palais du Peuple : signature, agenda caché à Kampala !

IMG_2519Des raisons d’Etat, a-t-on appris, ont empêché le ministre des Affaires Etrangères, Raymond Tshibanda, de se présenter hier mercredi 13 novembre 2013 au Palais du Peuple, en vue de répondre à la question orale avec débat d’un député, dont un des volets avait trait au contenu de l’Accord de Kampala. L’éclairage tant attendu de ce membre du gouvernement n’ayant pu être obtenu par la représentation nationale, le caractère suspect de ce document ne fait que s’accroître. Un des signataires de l’Accord controversé du 23 mars 2009 avec le défunt CNDP (Congrès National pour la Défense du Peuple) devenu M23 et chef de la délégation congolaise aux négociations de Kampala, depuis leur enclenchement en décembre 2012, Raymond Tshibanda est pourtant la personne la mieux autorisée pour fixer l’opinion nationale sur les tenants et aboutissants de la « sémantique » ou du « format » qui divise Kinshasa et le M23.

         Dans le flou actuel, des millions de Congolaises et Congolais ne cessent de se demander ce qui se cache derrière la signature d’un document élevé au rang de tabou suite au mutisme de la facilitation ougandaise, du gouvernement congolais, des rebelles du M23, ainsi que des envoyés spéciaux des Nations Unies, de l’Union Européenne, des USA et de l’Union Africaine dans les Grands Lacs. Le refus des uns et des autres de donner des détails sur les différentes articulations d’un draft que l’on dit pratiquement validé par les deux parties candidates à la signature a installé la méfiance entre les architectes des pourparlers de la capitale ougandaise et les populations sinistrées non seulement de l’Est, mais aussi de l’ensemble de la République Démocratique du Congo.

Pourquoi un Accord politique entre vainqueurs et vaincus ?

         Le même refrain, qui tend à prendre les contours d’une menace, se trouve dans les bouches des représentants des Nations Unies, de l’Union Européenne et de l’Union Africaine, au lendemain du refus de Kinshasa de signer un Accord politique avec le M23. En dépit de la pertinence des arguments développés par le gouvernement congolais, qui pense qu’une « Déclaration de reddition » de cette force négative serait plus conforme à la réalité du terrain, la communauté internationale a fait de la signature d’un compromis politique une fixation.

         Pourquoi veut-elle que Kinshasa reconnaisse une nouvelle légitimité à un mouvement rebelle contre lequel toute une Brigade d’Intervention des Nations Unies se trouve déployée au Nord-Kivu ? Pour quelle raison tolère-t-elle la présence de ses éléments en Ouganda, alors que l’Accord-cadre d’Addis-Abeba interdit expressément aux pays signataires d’abriter et d’appuyer une quelconque force négative ?

En faisant pression sur les autorités congolaises afin de les amener à conclure un Accord politique avec le M23, la communauté internationale sème la confusion dans les esprits des Congolais, qui commencent à s’interroger sur la vraie signification de la victoire militaire des FARDC, appuyées justement par les militaires onusiens, sur cette force négative. Le scénario mis en œuvre à Kampala a tout l’air d’une remise en question des hauts faits d’armes accomplis par les militaires congolais dernièrement à Kibumba, Kiwanja, Rutshuru, Rumangabo, Bunagana, Runyonyi et Chanzu.

En route pour le Plan B ?

         A défaut de faire aboutir le Plan A visant l’octroi d’une amnistie générale aux cadres militaires et civils du M23, la réintégration de ses combattants au sein des unités des FARDC (Forces Armées de la République Démocratiques du Congo), la participation de ses cadres politiques à la gestion des affaires publiques… bref, le partage du « pouvoir » entre vainqueurs et vaincus de la guerre de l’Est, on croit savoir qu’un Plan B serait en chantier. Celui-ci aurait pour toile de fond la balkanisation du territoire du Grand Congo. Comme cela se mijote dans certaines chancelleries, l’Ouganda et le Rwandais auraient à choisir entre des opérations de reconquête militaire des localités perdues par le M23 au Nord-Kivu ou l’instrumentalisation d’une nouvelle rébellion chargée de la même sale besogne.

                                      Kimp

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