Le Ministère Public requiert de lourdes peines dans l’affaire des profs de Polytechnique

Vingt-quatre mois et quarante-huit mois de servitude pénale principale requis à charge du professeur Bertin BAGULA Chibanvunya et du doyen LUBUNGA Pene Shako, tel est le réquisitoire prononcé par le Ministère Public lors de l’audience en chambre du conseil qui s’est déroulé le vendredi dernier dans la salle d’audiences de la Prison Centrale de Makala. Selon les avocats de la défense, ce réquisitoire est non seulement sévère mais surtout injuste et injustifié car sans preuves matérielles mais se basant uniquement sur des dénonciations calomnieuses déposées par deux professeurs qui avaient été confondus lors de l’audition à la barre à l’audience de mardi dernier.

La défense a tenu à rappeler que se sentant coincés, les deux dénonciateurs se sont rétractés en tant que plaignants pour se prévaloir de la qualité de dénonciateurs. Pour la première fois de l’histoire de la justice tout aussi bien congolaise qu’internationale, ont plaidé les avocats de la défense, des autorités administratives sont arrêtées comme des malfrats et placés en détention préventive à la prison centrale de Makala pour avoir appliqué des décisions prises à la majorité écrasante par le conseil de faculté et cela après débats et délibérations sur la base d’un quorum de siège et de décision.

Les deux professeurs aujourd’hui détenus à la prison centrale de Makala sont accusés de détournement pour avoir respecté les décisions du conseil de la faculté Polytechnique de distribuer la petite cagnotte représentant malheureusement le 1/5ème des arriérés bloqués depuis 2001 et que le gouvernement venait de libérer pour permettre le redémarrage les activités à la faculté Polytechnique. Réquisitoire injustifié car le rapport rédigé par le conseil de la faculté Polytechnique avait été remis et entériné par les autorités du gouvernement dans les délais légaux. Par ailleurs, un collectif des professeurs de cette faculté avait proposé au gouvernement de travailler à la surveillance des chantiers des travaux publics exécutés par des entreprises chinoises et un contrat avait été signé à ce sujet entre CEREMA et le ministère des Travaux Publics et Infrastructures ainsi que l’Office des Routes, l’Office des Voiries et Drainage et le Bureau Technique de Contrôle.

L’acte d’accusation varie au gré des vagues !

L’acte d’accusation change selon les humeurs des dénonciateurs, ont fait savoir les avocats de la défense. Tout au début, les dénonciateurs s’étaient accrochés au montant de 250 millions de dollars Us que les deux professeurs auraient détourné. Ensuite, incapables de déposer à la barre la moindre preuve matérielle, le Ministère Public a fini par retenir la somme de 56.000 dollars Us à charge des prévenus qui finiront par prouver sur la base des documents comptables provenant non seulement de CEREMA mais surtout des entreprises chinoises et  d’autres intervenants dans ce chantier n’avoir reçu que la somme modeste de 38.000 dollars Us sur les quatre mois de prestation, et tout compte fait, chaque membre de ce collectif des professeurs n’a pu toucher que la modique somme de mille dollars Us. N’est-ce pas une manière indélicate de chercher à tourner en dérision le slogan de « tolérance Zéro », se sont écriés les avocats de la défense ? Dès lors qu’à ce stade des débats devant les juges de la Cour d’Appel de Matete, ce sont les prévenus qui apportent des éléments des preuves matérielles pouvant informer le Ministère Public et l’assistance.

En outre, l’on a retrouvé deux lettres de feu le professeur BINGOTO, fondateur de CEREMA qui, à l’époque où il était Directeur Général de la SNEL avait demandé de conférer quatre chantiers de haut niveau technique aux experts polytechniciens mais à la seule condition que ces professeurs travaillent de manière autonome et scientifique sous la bannière de CEREMA.

Les aveux faits de manière spontanée par les deux dénonciateurs lors de l’instruction devant la barre ont intéressé la défense qui a posé la question de savoir comment on peut se fier aux dénonciations de deux hommes qui ont reconnu à la barre avoir «triché».
Tous ces éléments plaident en faveur de la libération sans condition de nos clients, ont conclu les avocats de la défense, non sans avoir fait planer la menace d’une action reconventionnelle à charge de ces deux dénonciateurs pour avoir initié une action téméraire et vexatoire. La Cour a pris la cause en délibéré en promettant de se prononcer ce jeudi.      

Fidèle Musangu

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