Le ministère public exige que Denis Lessie fasse la prison à vie

Après avoir été condamné le 20 septembre 2013 par le Tribunal de Garnison Militaire de Gombe, à 10 ans de servitude pénale (SPP) pour escroquerie, association des malfaiteurs et incitation des militaires à la violation de leur consigne, le pasteur Denis Lessie et ses co-accusés, à savoir Thierry Okunhimo et Kasongo wa Ngoy, sont en appel à la Cour de Garnison Militaire de Gombe (CMG). La première instruction de cette cause inscrite sous le RPA 186/013 a eu lieu le vendredi 15 novembre 2013. La prochaine audience est prévue le 29 novembre.

L’officier du ministère public, organe poursuivant dans la présente cause, est aussi en appel contre le verdict du premier juge pour faire condamner davantage Denis Lessie et ses complices. Il a qualifié de complaisantes les peines prononcées contre les prévenus. Selon le ministère public, le prévenu Lessie et sa bande devraient être condamnés à perpétuité. Il a demandé à la cour de reformuler la décision rendue au premier degré.

Excepté les prévenus, la partie civile Jean-Baptiste Ntahwa également a introduit son recours à la CMG. Elle continue à réclamer la restitution de ses 135.OOO$ et des biens escroqués par le prévenu Lessie et son entourage. Son action a été rejetée au premier degré au motif que toutes ces libéralités avaient un caractère illicite.

En ce qui concerne le motif des appels interjeté par le prévenu Denis Lessie et ses associés, le premier juge dans son prononcé s’est servi de certains procès-verbaux des auditions à l’ANR alors que dans son jugement avant dire droit il les avait déjà écartés du débat, ont indiqué leurs avocats. Ils ont ajouté que le premier juge a fait une mauvaise appréciation des faits parce qu’il s’est écarté des prétentions contenues dans l’acte d’accusation de la partie civile Ntahwa. C’est ce qui l’a conduit à sortir une motivation erronée. Il a également statué sur des faits tirés de l’imaginaire pour plaire à Ntahwa et a considéré des SMS qui ne sont même pas des preuves tangibles. Ils ont qualifié son avis de complaisant parce qu’il n’a pas résumé les faits tels que relevés lors de l’instruction de l’affaire.

Au cours de cette instruction, la deuxième partie civile Drolia Omedal, victime de l’escroquerie du véhicule de marque « Hyundai » occasionné par Lessie, a soulevé un moyen lié à la l’irrégularité de la saisine à son égard. Elle a, par le biais de son avocat relevé qu’elle n’a pas été atteinte par l’exploit d’instance qui devait lui permettre d’acter son appel incident. Le greffier qui s’était transporté à son domicile n’avait pas déposé l’exploit à l’adresse indiquée. Avant de comparaitre volontairement à titre conservatoire pour couvrir cette irrégularité, les avocats de Drolia ont sollicité la remise pour leur permettre de préparer leur appel. Ils ont fait savoir au juge d’appel que la décision de son homologue du premier degré était satisfaisante à l’égard de leur client Drolia mais étant donné que les recours introduits par les parties bloquent l’exécution de cette décision, leur client vient aussi en appel.

 

Rappel des faits

            Il s’agit dans la présente affaire d’un conflit qui oppose le ministre honoraire du Budget, Jean-Baptiste Ntahwa, au prévenu Lessie, fondateur de l’église « Arche de Noé » et ses associés à savoir Okunhimo Mambusa, étudiant en deuxième licence à la faculté de droit,  qui s’était fait passer pour le petit frère du chef de l’Etat et Kasongo wa Ngoy, ancien chauffeur de l’escorte présidentielle, qui s’était présenté comme un capitaine des FARDC, pour escroquer Ntahwa.

 

Les précités étaient poursuivis par le ministère public pour avoir fait usage de fausses qualités dans le but de soustraire des sommes d’argent et des biens à Jean-Baptiste Ntahwa. Ils avaient fait croire à ce dernier qu’ils étaient des proches du président de la République. Denis Lessié s’était fait passer pour le conseiller spirituel du chef de l’Etat et avait garanti un poste ministériel à l’ancien ministre du Budget au gouvernement Matata. Il lui avait fait croire avec sa bande d’escrocs que Kabila était mécontent du fait que lorsque Ntahwa était ministre du Budget, il aurait bloqué un document et porté un grave préjudice aux intérêts de sa sœur jumelle, Jaynet Kabila.

Aussi, pour être pardonné par la famille présidentielle, il devait payer  des dommages et intérêts à titre de réparation des préjudices subis par Jaynet. Et Ntahwa faisant foi aux propos de Denis Lessie avait fini par libérer 135.000$ et des véhicules pour le compte du chef de l’Etat, de sa sœur jumelle et de sa mère Sifa.  Après avoir perçu l’argent, Denis Lessie avait disparu de la circulation et vendu la jeep en association avec ses complices.

Au cours de l’audition de Ntahwa devant le tribunal, ce dernier avait martelé qu’il avait une confiance aveugle en Denis Lessie, serviteur de Dieu comme lui. C’est ainsi qu’il ne lui avait pas exigé des décharges. Selon Ntahwa, il n’avait pas libéré toutes ces sommes pour espérer quelque chose en retour. C’était pour restaurer un climat de paix entre lui et la famille présidentielle.

En ce qui concerne sa relation avec le prévenu Okunhimo Mambusa, qui s’était présenté au nom de Mulindwa, le pasteur Ntahwa avait indiqué avoir fait sa connaissance par le canal de son ami Kasongo wa Ngoy, qui avait sollicité une assistance pour un problème de santé.

S’agissant de la version des faits donnée par Lessie, ce dernier avait soutenu n’avoir perçu aucun sou du précité. La jeep réclamée par Ntahwa lui avait été donnée gratuitement comme action de grâce pour ses courses en tant que pasteur. Il avait soutenu également qu’il n’avait jamais coopéré avec les autres prévenus. Car ils ne se connaissaient pas.

Le ministère public dans son avis, avait demandé la condamnation de Lessie et consorts à perpétuité parce qu’ils méritaient une punition sévère. Il avait confirmé son réquisitoire tout en  demandant au tribunal de dire établies en fait comme en droit toutes les infractions mises à charge des prévenus.

Au cours des audiences passées, Ntahwa avait présenté au tribunal les preuves qui enfonçaient Lessie et ses complices, notamment des SMS que le prévenu lui adressait régulièrement pour des demandes d’argent et des véhicules devant faciliter sa mission et également pour rendre compte de ses démarches et de l’évolution du dossier. Lesdits SMS étaient enregistrés et sauvegardés dans l’appareil téléphonique de la partie civile Ntahwa.

Murka

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