Le microcosme politique en ébullition : Présidentielle, la fin de la distraction

 L’opposition politique semble ne pas faire très attention au facteur « temps », lequel joue contre elle dans son désir de prendre le contrôle du pouvoir d’Etat à l’occasion des élections générales annoncées à partir de novembre 2011. En effet, alors que l’Alliance de la Majorité Présidentielle (AMP) ratissage large pour s’entourer de nouveaux alliés et bat ouvertement campagne aux quatre coins de la République, les opposants en sont encore à la recherche de leur unité, du candidat consensuel autour duquel se fédérer en prévision de la bataille de la présidentielle, des termes de référence de leur programme commun de gouvernement, des commissions chargées de leur identification et de la gestion de leurs ambitions politiques, etc.

 

 Par rapport à l’AMP, dont le candidat unique avait été officiellement investi en octobre 2010, au terme du « Conclave » de Kingankati, l’opposition politique accuse un retard considérable dans la mobilisation de l’électorat.
 Elle tend même à se perdre dans la distraction, avec notamment des sons discordants que l’on commence à entendre aussi bien autour de la candidature unique, du programme commun de gouvernement, du « recensement » que des structures à mettre en place en vue de l’émergence d’un grand bloc soudé.
 Manifestement, les états-majors politiques représentant le contre-pouvoir ne sont pas près de se mettre d’accord sur l’essentiel, à savoir leur regroupement sous la bannière d’une seule personnalité en vue de maximiser leurs chances de remporter l’élection présidentielle. Leur désaccord rappelle à beaucoup le scénario de leur incapacité à se doter d’un porte-parole, conformément à la volonté du Constituant. Depuis l’année 2008 en effet, l’opposition dite institutionnelle a laissé dans l’opinion la triste impression d’un camp divisé.
 Il y a donc lieu de douter sérieusement de la volonté des opposants congolais de présenter, pour une fonction aussi stratégique et juteuse que celle de magistrat suprême du pays, un candidat unique. Aussi, certains observateurs pensent devoir saluer l’initiative d’Etienne Tshisekedi d’avoir abattu ses cartes dès l’ouverture du cahier des ambitions politiques. Il ne reste qu’une chose à ses partenaires politiques : se mettre comme lui sur la ligne de départ pour la course à la présidentielle ou travailler franchement pour sa victoire.
 La course contre la montre est ainsi lancée. Le temps ne se prête plus à la préparation et à l’organisation d’une table ronde de l’opposition, ni à une opération de recensement, encore moins à la formulation des revendications relatives au partage des postes. Chaque opposant devrait opérer son examen de conscience et s’interroger sur la validité et la justesse de ses ambitions par rapport aux scrutins à venir.
    Kimp.

Leave a Reply