Le meurtrier du colonel Faustin Mipembe enfin appréhendé

Trois ans se sont écoulés depuis que la commune de Limete basculait en l’espace d’une nuit, dans la terreur. C’était dans la nuit du 7 au 8 juillet 2007. Vers 2 heures du matin, une fusillade était entendue au quartier Masiala, semant la panique dans tout le secteur. Une demi-heure plus tard, un autre crépitement des coups de feu fut enregistré à 500 mètres de la mosquée voisine du Centre médical Bondeko.

Quand les éléments des postes de police des environs, effectuèrent une descente sur le lieu pour s’enquérir de ces tirs, ils firent une découverte macabre au quartier Masiala. Une voiture Mercedes avec deux cadavres à bord traînait sur lieu de la fusillade. Le premier cadavre était celui d’un homme frisant la cinquantaine qui sera identifié comme étant le colonel Faustin Mipembe, nommé à l’époque, comme inspecteur provincial de la police pour le Katanga. 

            Atteint par plusieurs balles, le colonel Faustin Mipembe était mort, saignant abondamment. Affaissé au volant, le chauffeur Achille blessé à la tête, ne bougeait pas. De cette fusillade, il ne reste plus qu’une seule rescapée. Une dame qui se trouvait sur le siège arrière de la voiture criblée des projectiles meurtriers, s’en tira miraculeusement saine et sauve, mais traumatisée.                                   

Pour la petite histoire, le colonel Faustin Mipembe venait de Kananga, en route pour Lubumbashi, son nouveau poste d’attache. Il séjournait à Kinshasa, chez une de ses connaissances, le temps de rencontrer les autorités hiérarchiques de la Police nationale congolaise, pour recevoir des instructions relatives à leur nouvelle vision de la gestion des services de l’inspection provinciale de la police.

            Dans le quartier de la mosquée, Doris Nkuna, un jeune diamantaire, criblé des balles, était blessé à l’abdomen, au bras et à la jambe. Il fut interné pendant plus de trois mois dans un centre médical de la place, pour des soins appropriés que nécessitait son état de santé. Dieu merci, Doris Nkuna se rétablit et reprit ses activités professionnelles dans le secteur du diamant. 

            Rappelons que dans la nuit de cette fusillade, la bande des malfaiteurs à la base de cette tuerie, tentait de s’échapper quand elle fut prise en chasse par une patrouille motorisée de la police de passage au centre commercial de Limete.

            Au terme d’une course-poursuite avec échange des coups de feu, quelques bandits furent appréhendés. Et le reste de ce groupe tomba plus tard dans les filets de la police, à l’exception du plus redoutable membre de cette bande, Mbuy Singo Konzua.

Les limiers du Bataillon de la police d’investigations criminelles se mirent alors à fouiller les antécédents judiciaires. Ils découvrirent que ces bandits, le sergent Kololo Kasongo Michel, le brigadier en chef Kabamba, de son faux nom, alors qu’il s’appelle en réalité Kabemba wa Kabemba, le soldat Idriss Kabanza Yogo alias Musulman, sieur Mukendi wa Mukendi alias Zoulouwé et le commanditaire Anaclet, étaient presque tous des récidivistes, des repris de justice patentés, bien connus de différents services d’enquête de la police.

 Ecce homo 

            La semaine passée, les enquêteurs de cette unité spécialisée de l’Inspection provinciale de la police ville de Kinshasa ont fait une rencontre insolite. Le fugitif Mbuy Singo Konzua était croisé par hasard dans la commune de Bandalungwa. Filé aussitôt, le malfaiteur a été cueilli sans effusion de sang.

            A l’Inspection provinciale de la police ville de Kinshasa, ce coup de filet devait être salué comme un trophée de la police dans son combat contre la pègre dans la ville de Kinshasa, surtout en ce moment où les autorités politiques tiennent au renforcement des mesures de sécurité dans la capitale en proie à une recrudescence de la criminalité. Le bataillon de la police d’investigations criminelles vient une fois de plus, de prouver son professionnalisme dans la traque des brigands les plus redoutables.

            Dans les milieux de la pègre, l’arrestation de Mbuy Singo Konzua a été ressentie comme une grande défaite, surtout que ce dernier avait pu constituer une nouvelle bande des truands dont il était le chef et le meneur d’hommes.

Qui est ce malfaiteur qui a toujours donné du fil à retordre à la police ?

Alors qu’il passait pour Mbuy Singo Konzua, ce brigand portait de faux noms comme Mulumba Tshimanga ou Mulumba Kalonji. En réalité, il s’appelait Biadondo Konzua alias Kalo Djif. Natif de Gbadi, secteur de Mobayi-Mbongo et âgé de 36 ans, il résidait sur avenue Parlement n°14, quartier Ozone, commune de Ngaliema.         

Selon une source, ce bandit avait été condamné à Matadi et purgeait une peine d’emprisonnement dans la ville portuaire. On ne sait par quel miracle, ce voleur à main armée s’est retrouvé en liberté et a regagné Kinshasa. Mais le sang de leurs victimes criait toujours vengeance au Ciel.

L’on croit savoir qu’à Matadi, ses acolytes qui n’ont pas renoncé à leurs activités criminelles, continuent à procurer des insomnies à la population du chef-lieu de la province du Bas-Congo.

            Il en est de même de ses comparses tapis dans l’ombre à Kinshasa et qui ont rallumé le flambeau du banditisme urbain et hésitent à lancer de grands coups de peur de se retrouver dans les filets de la police.

            Aujourd’hui, le commandant bataillon intérimaire, le major Yakusu Cobra, supervise lui-même cette enquête, surtout qu’il s’agit de reconstituer tous les éléments ayant fait défaut lors de l’arrestation des membres de la bande à Kalo Djif, de leur confrontation, afin de dresser leur sinistre palmarès.

            Le Bataillon de la police d’investigations criminelles attend les dépositions d’éventuelles victimes de ces malfaiteurs. 

 J.R.T.      

 

Leave a Reply