LE MESSAGE DE L’OMEC : «Sans médias libres, on ne peut espérer l’avènement d’un Etat de droit» (Par Polydor MUBOYAYI, Président)

Excellence Monsieur le Premier Ministre,

Excellences Mesdames et Messieurs les Ministres,

Excellences Messieurs les Ambassadeurs et Chefs des Missions diplomatiques,

Monsieur le Président du CSAC,

Mesdames et Messieurs les Responsables des Organisations professionnelles des médias,

Distingués invités, en vos titres et qualités respectifs,

 

Le 3 Mai de chaque année, le monde entier célèbre la Journée internationale de la liberté de la presse. A cette occasion, un accent particulier est mis sur la réaffirmation des principes fondamentaux de cette liberté, l’évaluation de son niveau dans nos différents pays, la défense des médias face aux attaques contre leur indépendance et le rappel des cas des journalistes harcelés ou tués pour des raisons liées à leur devoir d’informer.

 

En République Démocratique du Congo, au-delà du travail de monitoring sur les éléments sus-évoqués, l’Observatoire des Médias Congolais et l’Union Nationale de la Presse du Congo ont instauré, en partenariat avec le Programme Médias pour la Démocratie et la bonne Gouvernance, la tradition d’accorder des prix à des journalistes qui se sont distingués dans le respect des règles fondatrices du métier d’informer, la qualité des investigations, la prise des risques etc. Ces distinctions sont accordées dans le cadre du «Prix de la liberté de presse Lucien Tshimpumpu», dont nous célébrons ce jour la troisième édition.

 

La cérémonie de ce 3 Mai 2014 se distingue des précédentes parce qu’elle connaît, pour la première fois, la contribution du Gouvernement de la République dont l’appui financier nous apparaît comme l’expression d’un vœu ardent, celui de voir le Congo, notre pays, doté d’une presse de l’excellence. Nous le remercions profondément pour cet appui.

 

Excellence Monsieur le Premier Ministre,

 Excellences Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement

 Excellences Messieurs les Ambassadeurs et Chefs des Missions diplomatiques,

Monsieur le Président du CSAC,

Mesdames et Messieurs les Responsables des Organisations professionnelles des médias,

Distingués invités,

 

L’organisation du « Prix de la Liberté de presse Lucien Tshimpumpu « est une occasion de rappeler l’impérieuse nécessité de respecter les règles d’éthique et de déontologie aux hommes et femmes  qui se livrent à la collecte, au traitement et à la diffusion des informations  dans ce pays.

Le jury indépendant chargé de sélectionner les meilleurs d’entre nous pour cette troisième édition va nous fournir, tout à l’heure, l’éclairage nécessaire au sujet des critères appliqués pour cette désignation.

 

Nous voulons, pour notre part, souligner que le thème de cette journée commémorative de la liberté de la presse, à  savoir « La Liberté des médias pour un avenir meilleur : contribuer à l’agenda de développement post 2015 «, constitue une interpellation pour les dirigeants de tous les pays et particulièrement ceux de la République Démocratique du Congo. Le message qu’il porte nous rappelle que sans la démocratie, il est impossible de cheminer dans la voie du progrès, qu’il soit politique, social, économique, technologique ou culturel. Bien plus, sans des médias libres, indépendants, responsables et professionnels, aujourd’hui considérés comme des facteurs de la bonne gouvernance et d’éradication de la pauvreté, on ne peut espérer l’avènement d’un État de droit.

 

Excellence Monsieur le Premier Ministre,

 Excellences Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement

 Excellences Messieurs les Ambassadeurs et Chefs des Missions diplomatiques,

Monsieur le Président du CSAC,

Mesdames et Messieurs les Responsables des Organisations professionnelles des médias,

Distingués invités,

             

Chaque fois que nous célébrons la Journée mondiale de la liberté de la presse, il est devenu comme un rituel, macabre hélas, de signaler au moins un assassinat dans les rangs des journalistes congolais.

 

En effet, pas plus tard qu’au mois de février de cette année, un membre de notre corporation, le regretté Kennedy Muliwavyo de la Radio-Télévision Muungano, a trouvé la mort à Beni, au Nord-Kivu, dans une embuscade tendue aux FARDC par des rebelles ougandais de l’ADF/Nalu.  Ses deux compagnons d’infortune, Mitterrand Hangi de la Radio-Télévision Muungano et Patient Subiri de la radio Rwanzururu, ont pu survivre à leurs blessures et constituent aujourd’hui le témoignage vivant des risques que les professionnels des médias encourent pour informer le public, risques qui devraient, nous l’espérons de tout coeur, convaincre les pouvoirs publics de la nécessité de traduire dans les faits la facilitation de la récolte, du traitement et de la diffusion des informations par l’exécution effective des lois et textes réglementaires de la République, en ce qu’ils prévoient un régime d’aides directes et indirectes aux médias.

 

Nous avons, Excellence Monsieur le Premier Ministre, besoin de la réaction positive du Gouvernement sur ce point parce qu’il s’agit de concrétiser l’article 24 de notre loi fondamentale qui nous met tous en demeure d’informer le peuple congolais. En l’absence du régime des facilités prévu par nos lois et textes réglementaires, il est impossible de produire l’information à faible coût et de la diffuser dans tous les coins et recoins de notre pays.

 

Dans l’attente de cette réaction, nous avons le devoir de nous accorder sur l’acte hautement patriotique posé par les trois journalistes victimes de l’embuscade de l’AdF/Nalu qui ont concrétisé, sur le terrain, l’obligation d’apporter à leurs auditeurs et téléspectateurs des nouvelles du front, bien sourcées, recueillies sur le champ de bataille et donc vérifiées. Nous avons, croyons-nous, le devoir de saluer le professionnalisme du confrère décédé sur le champ d’honneur et des deux rescapés encore présents parmi nous. Il n’y a pas meilleur exemple, en cette journée de célébration de l’excellence, de mise en pratique des règles qui régissent le métier d’informer.

 

Tout en demandant aux journalistes congolais de suivre désormais cet exemple de courage et de professionnalisme, nous leur recommandons aussi ce message puissant de Monsieur Ban Ki-Moon, Secrétaire Général des Nations- Unies, et Madame Irina Bokova, Directrice Générale de l’UNESCO,un message commun rendu public à l’occasion de ce 3 Mai 2014 et qui nous sert, ici,  de conclusion  :

 

«Le journalisme est un moyen de débattre de manière éclairée sur un large éventail de questions de développement, depuis les défis environnementaux et le progrès scientifique jusqu’à l’égalité des genres, en passant par la participation des jeunes et la consolidations de la paix. Ce n’est que lorsque les journalistes sont libres de surveiller, d’enquêter et de critiquer les politiques et les actions qu’une bonne gouvernance peut exister».

Puisse cet appel être entendu et servir de boussole aux actions futures !

 

Merci de votre attention.

 

 Polydor MUBOYAYI

 

Président de l’Observatoire des Médias Congolais

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