Le mea culpa du vice-président de la Ceni

 

Le Réseau d’Organisations des Droits de l’Homme et d’Education Civique d’Inspiration Chrétienne « Rodhecic » a adressé dernièrement des invitations aux dirigeants du PPRD, de l’UDPS, de la CENI….. pour recueillir leurs avis sur le processus électoral en cours. Et  proposer des pistes de solution pour le recadrer.

 Boniface  Yemba, rapporteur au Collège des Fondateurs/ Mlc,  Bruno  Tshibala, secrétaire général adjoint de l’UDPS et  Jacques Djoli le vice président de la CENI, se sont prêtés  à cet exercice le vendredi 16 novembre 2012 au collège Boboto.

D’entrée de jeu, celui-ci est revenu sur le constat fait par le Rodhecic en ce qui concerne   le processus électoral en cours.  Qui  a connu beaucoup des ratés. L’image  de la CENI en a pris un sérieux coup.

Jacques Djoli a ajouté que  le débat devrait se focaliser sur ce point :  Sommes -nous dans une société démocratique pour espérer avoir des élections transparentes ?

Il a fait observer  que la CENI  est une institution d’appui à la démocratie. Et lorsqu’un segment du maillon saute, l’ensemble est désarticulé.  Et que le  respect du calendrier des élections conditionne la réussite du processus électoral.

Dans la foulée, le Vice-président de la CENI a parlé  des tergiversations et problèmes qui ont eu lieu dans la période qui va de 2007 à 2011.  Il y a eu  l’absence du consensus dans le chef des acteurs politiques,   l’inféodation des médias, des partenaires extérieurs peu enclins à les accompagner  etc

 Quant aux revendications des opérateurs politiques sur le serveur central, il a affirmé que les membres du Bureau de la CENI  devraient avoir une lecture politique sur ce point

Il a avoué  qu’ils ont connu  de  problèmes techniques. Et puis, il y a  cette  question   : Voulons-nous construire une démocratie de façade ?

 Quant aux  futures élections, Il a affirmé qu’ils s’attèlent déjà  à la fiabilisation des listes électorales.

Pourquoi avoir attendu ce moment ici pour parler ?

Avez-vous un agenda caché ?

Pourquoi n’avoir pas anticipé en refusant d’entrer à la CENI pour ne pas se faire éclabousser ?

Reprenant la parole, l’intéressé a affirmé   qu’ils étaient entrés à la CENI sans avoir une réelle expertise.  Il a fait remarquer que si Musoni n’avait pas claqué la porte, on n’aurait pu bénéficier   de son savoir-faire .

Il a fait savoir  que c’était nécessaire pour lui d’entrer à la CENI. Dans la foulée, il a admis qu’il ne lui était pas parfois facile de prendre certaines décisions

Boniface Yemba, lui, a rappelé ce qui s’est passé après le scrutin de 2006. Rappelant à l’occasion la volonté exprimée en ce temps là par  Jean- Pierre Bemba de faire une opposition républicaine.

  Remontant dans un passé récent, il a évoqué le souci manifesté par les congolais de recourir  au consensus pour régler leurs problèmes. Cela s’est concrétisé dans la mise en place des institutions citoyennes comme la CEI.

On a assisté plus tard à la bipolarisation du bureau de la CENI, à la politisation de la territoriale.  Il a affirmé que présentement, les gouverneurs des provinces sont  des présidents fédéraux du parti présidentiel  Le consensus, on s’en rend compte, a volé en eclats. Tshisekedi s’était autoproclamé président de la République, et la CSJ avait déclaré vainqueur Joseph Kabila. C’est dans ce sens qu’ils préconisent un dialogue républicain pour décrisper l’atmosphère.

Garanties

Bruno Tshibala a survolé les différentes étapes parcourues par notre pays dans sa quête d’une réelle démocratie. Selon lui, on n’est pas encore dans une société  démocratique. Il a distribué ensuite des cartons rouges à l’AMP coupable selon lui d’avoir instrumentalisé l’appareil judiciaire, les services de sécurité, l’armée, la police, le CSAC…. Le processus électoral en cours dans notre pays a été chaotique jusqu’ici, a-t-il noté.

A l’en croire, seule le rétablissement de la vérité des urnes va garantir le succès des prochaines élections. Tshibala a fait remarquer qu’ils veulent bien travailler avec d’autres forces politiques acquises au changement.

Intervenant à la fin de la journée d’échanges et d’informations sur le processus électoral, Jean- Baptiste Ndundu, secrétaire exécutif du Rodhecic a fait savoir que le dialogue entre différents partenaires    n’est pas facile si on a des positions antagonistes sur de nombreux points. Le point commun pour tous les acteurs politiques et sociaux est la population. Laquelle aspire à un bien être.

Quand on dénombre des cas de violation des droits de l’homme, cela  interpelle les acteurs sociaux. La position du Rodhecic sur le processus électoral en cours est connue, a martelé Ndundu. Nous voulons avoir un processus beaucoup plus intéressant.

Jean-Pierre Nkutu 

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