Le marché de change sème la panique : un dollar oscille entre 830 et 850 FC

La panique a gagné depuis jeudi soir, le marché de change à Kinshasa et certaines villes de la république, où l’on a enregistré une rareté des billets de banque. Cette situation persiste jusqu’à ce jour. Pendant que les opérateurs économiques s’inquiètent de quoi sera fait demain, les consommateurs chatouillés par l’appréciation du Franc congolais, s’attendent à une baisse des prix sur le marché. Logiquement, le prix du carburant, le transport, les denrées alimentaires de première nécessité, les cartes de communication et autres tarifs d’eau et d’électricité devraient être revus à la baisse.
Sur toutes les places de change de la capitale, le Franc congolais presqu’introuvable, sort en petites quantités. Cette situation a perduré tout le week-end et a également été constatée, hier.
Le dollar a oscillé entre 830 et 850 FC, mettant en mal ceux qui gardaient dans un coin de la valise, quelques billets de la devise américaine.

Pour éviter de tomber dans les spéculations propres à la période de la campagne électorale, nous avons rencontré le directeur général en charge de la politique monétaire et des opérations bancaires, Jean-Louis Kayembe wa Kayembe, pour recueillir les explications techniques sur cette appréciation particulière de la monnaie locale. Entre deux réunions, il a pu nous consacrer quelques minutes pour satisfaire aux préoccupations de la presse économique.
A la question de savoir à quoi est dû cette situation, le Directeur général en charge de la politique monétaire et des opérations bancaires note que ce phénomène peut être expliqué par l’urgence des dépenses liées à la campagne électorale. Beaucoup des candidats députés nationaux sont allés sensibiliser leurs bases à l’intérieur du pays. Pour ce faire, ils ont disponibilisé des fonds importants pour aller battre campagne dans les provinces.

Après une période bien déterminée, croit-on savoir, la situation pourrait revenir à la normale sur le marché financier. Si cette appréciation du FC reposait sur une forte production interne, a cependant fait observer Jean-Louis Kayembe wa Kayembe, cette tendance pourrait persister. Avec cette appréciation du FC, l’objectif fixé par la Banque centrale pour cette fin de l’année, estime le directeur général en charge de la politique monétaire et des opérations bancaires, sera respecté.

Quant à la stabilité du taux de change, on sait qu’elle se mesure sur base de deux indicateurs-clés, à savoir le taux de change et le taux d’inflation. Au cours de dix premiers mois de cette année, a-t-il fait observer, l’objectif de la stabilité a en effet, été atteint.
On se rappellera que la BCC est intervenue sur le marché de change avec 50 millions de dollars. A cette occasion, les deux indicateurs ont été maitrisés jusqu’en octobre, relève le responsable de la direction générale de la politique monétaire et des opérations bancaires, avant d’ajouter qu’on a terminé l’année avec 92 FC le dollar sur le marché officiel, et 925 FC sur le marché parallèle.

Aux dépréciations du Franc congolais enregistrées cette année, l’Institut d’émission est intervenu avec des opérations de BTR pour éponger l’excédent des liquidités. Et le taux de change a maintenu une certaine stabilité, grâce à une politique macro-économique prudente.
Il n’y a pas eu une injection importante des liquidités, fait remarquer Jean-Louis Kayembe wa Kayembe. Dans cet environnement électoral, il s’est réjoui de constater que l’Etat s’est montré discipliné dans la gestion des finances publiques. Ce qui n’a pas entraîné des décaissements importants pouvant se matérialiser par une forte inflation, et un déficit pouvant être financé par des avances de la Banque centrale.
Il est vrai que certains opérateurs financiers auront tendance à spéculer. A ce sujet, le D.G. en charge de la politique monétaire et des opérations bancaires a rassuré les journalistes qu’il n’y aura pas des dérapages. Côté BCC, la situation est suivie de très près.

A Kananga et à Mbuji-Mayi, le taux de change a baissé, affichant 85 FC le dollar. Le même phénomène a été observé à Kinshasa. L’offre des devises a augmenté. En novembre, la Banque centrale a acheté pour plus de 15 millions de dollars, pour ne pas laisser le Franc congolais s’apprécier fortement.
Pour liquéfier l’économie, relève le D.G. Jean-Louis Kayembe wa Kayembe, l’Institut d’émission a procédé à la régulation du marché de change. Par cette politique, deux objectifs sont poursuivis. D’abord, il s’agit de conforter le niveau des réserves de change. Et puis, il faut éviter une forte volatilité du FC.
Enfin, cet expert de la BCC signale que quand le niveau d’activité augmente, le niveau de la demande de la monnaie augmente. Il a conclu que nous sommes dans un contexte où l’activité est là, malgré les élections. Les gens continuent à produire plus, et à exporter plus, tel que l’atteste le baromètre de la conjoncture de l’économie congolaise.

Il a alors évoqué quelques paramètres. L’inflation a baissé à 17,85 % et la marge de positivité du taux directeur est 5.2 %. Actuellement, on est à 5 % et en annualisé à 17,28 %.

J.R.T.

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