Le manque des moyens tue l’Education en RD Congo

Des séminaires et ateliers se suivent et se ressemblent pour chercher les meilleurs voies et moyens de sauver le secteur éducatif en République Démocratique du Congo (RDC). Sauver l’Education du naufrage reste une préoccupation qui tourmente l’esprit de tous les responsables congolais en général et des parents d’élèves en particulier. Des ateliers qui s’organisent dans ce secteur suscitent chaque fois un intérêt particulier du fait qu’ils portent en eux l’espoir de ce sauvetage. Il en est de même de l’actuel atelier organisé avec l’appui de l’Unesco, du 04 au 05 juillet 2012, sur le thème : « Renforcement des capacités des acteurs de la société civile et du secteur privé sur les enjeux du secteur de l’Education en RDC ». 
Les organisateurs voudraient promouvoir un meilleur partage de l’information et des stratégies entre les acteurs œuvrant dans le secteur éducatif aussi bien au niveau de l’EPSP, de l’ESU que des Affaires sociales. La finalité de tout – comme à l’accoutumée – est de produire des citoyens utiles à eux-mêmes, à leur pays et à toute la société.
 
Mais ce qui étonne dans l’euphorie de la tenue de ces séminaires est la volonté de ne pas tenir compte de ce qui a été fait précédemment. Tout le monde veut qu’on dise qu’il a inventé la roue de l’Education pour avoir organisé tel ou tel séminaire. Et si l’on regarde de près, les participants à tous ces séminaires sont toujours les mêmes, à quelque exception près. Les propositions qu’ils énoncent à la clôture de chaque forum pour remédier à la dérive du secteur éducationnel se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Elles se résument en la modicité des salaires ; recherche effrénée du gain facile dans le chef des enseignants ; la carence ou délabrement des infrastructures éducatives ; sous-équipement d’écoles, d’universités et d’instituts supérieurs en matériel didactique ; la sous-qualifications des enseignants ; le népotisme et la prostitution dans le milieu éducatif, etc. Ces maux sont connus et exigent des mesures radicales, mais les autorités ne s’y attardent plus et voudraient qu’on invente des solutions « sucrées » pour elles.
 
Le barème de Mbudi : un grève
 
La question salariale mobilise l’attention de ce secteur depuis des lustres. Les premières revendications syndicales formulées après l’arrivée de l’AFDL contiennent cet élément. Tous les décideurs sont bien informés là-dessus et savent qu’un enseignant affamé ne peut tenir une classe un seul instant. L’amélioration des conditions socio-professionnelles des enseignants et des autres agents de l’Etat ont tellement tenu le haut du pavé des revendications que le gouvernement avait décidé de rouler tout le monde en signant un barème fantôme nommé « Barème de Mbudi » où le dernier des fonctionnaires (un huissier) devait avoir 200USD et un secrétaire général d’administration 2000USD. Et dans le budget 2012, la part réservée au secteur éducatif a régressé et, dans l’entretemps, on voudrait que l’enseignant travaille…. Consciencieusement ! Tandis qu’au même moment, les émoluments des membres du Gouvernement et du Parlement sont majorés.
 
RSK

Leave a Reply