Le M23 à court de munitions

1796865_5_d4f0_les-rebelles-qui-occupent-goma-depuis-le-20_4287c49e76e312b5fe2bbb1c695c45ffLe calme est revenu hier dans la soirée autour de la Ville de Goma et ses environs. Aucun tir d’arme lourde ni automatique n’a été entendu, a indiqué un habitant du chef-lieu de la Province du Nord Kivu relayé par des dépêches des agences internationales de presse. La circulation a repris timidement dans la ville. L’on observait des attroupements dans certains endroits, notamment au niveau de l’entrée de l’avenue qui mène vers l’Université des Grands Lacs et le quartier huppé de Himbi et dans les principaux Rond Point, dont celui dit « Signers », de la BDEGL, de l’ex-hôtel RIF, etc. Une fois la nuit tombée, les rues sont devenues désertes, laissant passer uniquement des véhicules de la Brigade Spéciale d’Intervention de l’ONU et des FARDC effectuant les opérations de patrouille.

            Les universités, écoles supérieures, magasins, boutiques, marchés, hôtels et bureaux n’avaient pas ouvert pendant l’avant-midi jusque vers 16 heures à cause des tirs d’armes lourdes et automatiques provenant du front situé du côté des localités de Kibati et Kanyaruchinya. Pas de circulation non plus à l’exception de ceux des patrouilles militaires et de la Croix Rouge pour secourir les blessés et autres malades. Bref, tout s’est arrêté hier à Goma et les habitants ont préféré rester chez eux et parfois terrés dans leurs maisons lorsque les tirs d’armes devenaient très forts.

Le M23 manque

des munitions

Dans l’avant-midi, des hélicoptères des FARDC ont pilonné les positions du M23 dans les localités de Kibati et Kanyaruchinya appuyés par des tirs d’armes lourdes tirées à partir des véhicules blindés. Deux hélicoptères des FARDC ont lancé des roquettes sur les mêmes positions. Selon Bertrand BISIMWA, l’un des responsables politiques du M23 « si nous tirons, nous risquons d’inviter la Monusco dans la guerre. Je crois que c’est le piège que veulent nous tendre les FARDC et la Monusco ». Mais selon des sources militaires occidentales, ce mouvement rebelle composé des mercenaires rwandais connaît des difficultés d’approvisionnements en munitions et a subi d’énormes pertes en hommes dès les premiers affrontements du lundi. Raison pour laquelle ses éléments n’ont pas réagi aux bombardements de l’armée gouvernementale.

Avertissement sévère

de la Monusco

Dimanche dernier, le porte-parole de l’ONU à New York, avait déjà prévenu que tout mouvement des troupes du M23 en direction de la ville de Goma sera considéré comme « une menace directe » contre les populations civiles. Ce qui pourrait pousser la Brigade Spéciale d’intervention composés à ce jour de deux tiers de ses effectifs de recourir à la force, étant donné que son mandat consiste à neutraliser et désarmer les groupes armés dont particulièrement le M23 tel que prescrit dans la Résolution 2098 du Conseil de Sécurité de l’ONU.

 En évitant de réagir aux tirs des FARDC, le M23 a pris en compte certains messages provenant de divers milieux, notamment celui du Président américain Barack OBAMA qui, de retour de son récent périple africain, avait demandé aux Etats voisins de l’Est de cesser tout soutien aux différents groupes armés qui sévissent en RDC. Ensuite, il y a cet avertissement de l’ONU à partir de New York qui considère que tout mouvement du M23 en direction de Goma constitue une sérieuse menace sur les populations civiles non armées. Enfin, les parrains rwandais et ougandais se trouvent dans le collimateur de la Cour Pénale Internationale suite des révélations faites par d’anciens hauts responsables militaires, dont particulièrement les ex-généraux Faustin KAYUMBA  et  Patrick KAREGEYA ainsi que M. Théoneste RUDASINGWA, ancien directeur de cabinet du Président Paul KAGAME. Selon lesquelles, l’acte déclencheur du génocide de 1994, notamment l’attentat réussi contre l’avion transportant d’Arusha en Tanzanie les présidents rwandais et burundais Juvénal HABYARIMANA et NTARYAMIRA avait été préparé par l’actuel chef de l’Etat rwandais.

F.M.  

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