Le «kuluna» Ngunda Lakis enfin appréhendé par la police criminelle

Lubwabwa Ngunda Lakis, la terreur personnifiée, est le kuluna au « cœur de pierre », et au regard de fauve, qui a tissé sa légende et son sinistre prestige, à coup d’agressions barbares sur de paisibles citoyens. Souvent en état d’ébriété, ce toxicomane invétéré ne peut se rappeler le nombre exact de ses victimes, ni même les lieux de ses différentes attaques. Ce qu’il sait et retient au moins, c’est qu’il arrache des téléphones portables, des bijoux, des sacs et de l’argent. Un butin qu’il liquide facilement et à vil prix auprès des complices, revendeurs des téléphones d’occasion, heureux de l’avoir comme fournisseur.

Sa célébrité est montée d’un cran, au début du second trimestre de cette année, quand lui et sa bande, ont décidé de délocaliser leur champ de prédilection de la cité, pour aller frapper d’autres victimes au centre-ville.

Leur premier choix s’est porté sur un homme d’affaires libanais, El Fakih, résidant au 8 ème niveau de l’immeuble abritant l’ambassade de Belgique. Le jour de l’agression, comme il faudrait le rappeler, ils ont fait irruption très tard dans la nuit, dans l’appartement de cet expatrié qu’ils ont surpris réveillé par les bruits de casse dans la maison. Devant ces délinquants brandissant des machettes, El Fakih a cru vivre un cauchemar, se demandant par quel miracle ils ont pu accéder dans sa demeure. Ces intrus tous menaçants, lui réclamaient de l’argent, mieux des devises. Ils en voulaient beaucoup, malgré les supplications de ce dernier, qui ne disposait pas sur le champ, de grandes économies.
Alors Lubwabwa Ngunda Lakis, les yeux rouges de rage, s’approcha vite de sa victime, promettant de le découper à la machette, s’il ne s’exécutait pas. Bien qu’ils aient arraché tous les téléphones et quelques biens d’El Fakih, le kuluna Lakis se déchaîna et lui administra un coup de machette à la jambe. De la blessure béante, coulait abondamment un filet de sang qui macula quelques meubles et la pièce. El Fakih qui pleurait ne savait pas quoi proposer à ces bandits pour arrêter leur furie.


Voilà qu’à la vue de la victime étalée, se tordant de douleurs, ils décidèrent de quitter le lieu en catastrophe, sans laisser des traces.
Cette affaire plongea la communauté libanaise dans l’émoi. Dans les milieux de ces expatriés, cette agression a été prise au sérieux, les commerçants redoutant d’autres attaques de la part de ces marginaux qui donnent du fil à retordre à la Police nationale, en quête de nouvelles méthodes de lutte pour éradiquer le phénomène.
Les principales unités de la police furent alors chargées de traquer ces délinquants qui ont délocalisé leur champ de prédilection pour s’attaquer aux milieux des étrangers qui ont choisi la RDC, comme leur seconde patrie. La plupart venus comme investisseurs, ont créé des sociétés et procuré des emplois à la main-d’œuvre locale. L’agression de l’homme d’affaires El Fakih a été interprétée comme une menace dirigée contre les investisseurs expatriés et comme un frein au développement de la RDC.
Ngunda Lakis a vite compris qu’en se réfugiant à Kinshasa, les enquêteurs finiraient par l’appréhender un jour. Il opta pour Kikwit.
Et c’est dans cette ville qu’il se lança dans le vol des motocyclettes qu’il acheminait à Kinshasa pour la vente. Du Bataillon de la police d’investigations criminelles, nous venons d’apprendre l’arrestation, la semaine dernière, de ce bandit doublé de kuluna, longtemps recherché pour association des malfaiteurs, vol à main armée et coups et blessures aggravées.


Certains de ses acolytes se trouveraient actuellement à la Prison centrale de Makala où ils attendent d’être fixés sur leur sort, à l’Auditorat et au Tribunal militaire de garnison de la Gombe.
Ces marginaux équipés d’armes blanches et qui ont pris la capitale en otage, méritent-ils un traitement de faveur devant la justice ? Peut-on évoquer des circonstances atténuantes quant à leur condamnation, eux qui ne savent pas respecter la vie humaine ? Au rythme où s’accumulent les statistiques de la criminalité, force est cependant, de constater que ces malfaiteurs dont l’âge oscille entre 18 et 25 ans, s’organisent et se professionnalisent, au point qu’aujourd’hui, chaque kuluna formé à tendance à créer son propre groupe. C’est ainsi que dans toutes les communes, on en compte près d’une centaine, voire plus, dans la ville de Kinshasa.
Voilà pourquoi la guerre contre ces criminels en herbe ne peut connaître de relâchement, ni de répit.


J.R.T.

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