Le groupement Yalisika à Bumba saisit la justice

Le groupement Yalisika, dans le territoire de Bumba, district de la Mongala dans la province de l’Equateur, par l’intermédiaire de son chef Maurice Ambena, a porté plainte contre la société Siforco à l’auditorat supérieur de Mbandaka, a déclaré hier à la presse au siège du Réseau des ressources naturelles (RRN), Me John Biselele Tshikele, du cabinet Lutumba Lutumba.
Selon l’avocat, le groupement traduit la société Siforco en justice pour la simple raison qu’en date du 2 mai 2011, il y a eu une expédition des forces de l’ordre contre la population. Cette expédition a donné lieu à des viols, tentatives de viol, coups et blessures ayant entraîné la mort de Muloma Tuka, destruction de biens meubles dans quelques maisons, torture à l’endroit des victimes de l’arrestation arbitraire et incitation des militaires à commettre des actes contraires à la loi.

Cette expédition punitive diligentée par Siforco est consécutive à la saisie, le 20 avril 2011, par des jeunes du groupement Yalisika, de quelques matériels de Siforco. Il s’agit de 3 batteries, 1 panneau solaire avec batterie et 1 phonie avec batterie. L’avocat justifie cette saisie comme étant l’unique moyen de pression dont disposait la population de Yalisika pour amener l’entreprise forestière à la table des négociations.
Ces négociations devraient évaluer le respect du protocole d’accord signé à Engengele entre les deux parties le 18 janvier 2005. Selon ce protocole d’accord, Siforco, une société qui exploite le bois de Yalisika, devrait construire une école secondaire à Mongbakpale et un centre de santé à Lilongo. Selon Me John Biselele, Siforco n’a pas honoré son engagement et pire encore, la société a déjà délocalisé vers la Province orientale ses unités de production se trouvant dans le groupement de Yalisika. D’où l’épineuse question de savoir comment cette entreprise pourrait honorer le protocole d’accord en étant en dehors du groupement.

En l’absence d’un responsable de Siforco, le conseiller juridique de la société, Munganga, présent dans la salle, a déclaré qu’il n’était pas mandaté pour parler au nom de la société et a estimé que les deux parties pourront mieux s’expliquer devant la justice.
Il reste à savoir quelle structure gouvernementale peut mieux défendre les intérêts des communautés locales face aux prédateurs qui exploitent les forêts en Rd Congo.

Jean- René Bompolonga

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