Le film « Jazz’Mama », un grand hommage à la femme

« Jazz’Mama », le film du réalisateur congolais Petna Ndaliko Katondolo est vivement attendu en mai prochain à Goma, au Nord-Kivu. Ce sera le lancement officiel  dans ce fief bien connu comme théâtre sanglant des violences faites à la femme durant les guerres dites de libération. Ce n’est qu’après cette grande première que le film le tour de Kinshasa et de quelques villes congolaises.  

Signe qui ne trompe pas, en l’avant-première à la Halle de la Gombe, le 8 mars dernier à l’occasion de la Journée des droits de la femme, presque tous les politiques (Gouvernement et diplomates) invités ont brillé par leur absence. 

Petna Ndaliko, l’auteur du film qui n’a projeté ce jour-là que 70% des minutes utiles de son cinéma, a formulé une note d’espoir qui doit interpeller les politiques du monde: « Vous avez désacralisé la femme. Celle là qui donne la vie; notre mère, notre épouse et notre fille! Au-delà du viol, je vous exhorte à réfléchir sur la considération ou encore l’humanisation de la femme. Ce film est un appel à l’exorcisme…»

 

Artiste engagé pour la valorisation des droits de la femme, Petna aligne dans ses séquentiels une série d’images dont la plus frappante montre le déchirement du pagne. Un élément symbolique dans la culture africaine qui signifie la malédiction. Donc, mauvais sort à tous ceux qui maltraitent la femme. Mais, il met aussi en exergue ces « Mamans » qui sont au four et au moulin pour subvenir aux besoins élémentaires de leurs familles. Les enfants de la rue appelés « shégués » y représentent l’échec de la prise en charge parentale et étatique… Il faut alors désenvoûter la société congolaise pour qu’elle retrouve la sérénité sans laquelle tout développement patauge. 

Un film de 26 minutes qui jouit de l’appui de l’asbl Alkebu Film Productions et les productions SESAM (Service pour l’Education, les Savoirs & l’Appui à la Maîtrise et à l’usage du Français).  

Eddy Kabeya 

 

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