Le feu couvre au Nord-Katanga !

armes_congo_kinshasaLa situation sécuritaire dans plusieurs régions de la partie septentrionale de la province du Katanga a été jugée, hier mercredi 18 septembre 2013, « volatile » et « imprévisible » par la Monusco, suite à la résurgence d’activités de différents groupes Maï Maï. « Quoiqu’ils traduisent une forte intention d’intégration, ces groupes sont encore très nuisibles ! », a alerté le porte-parole militaire de la mission onusienne, le lieutenant-colonel Félix Prosper Basse.

En effet, a-t-il souligné, au centre, le climat sécuritaire est incertain et volatile, principalement à cause de l’augmentation des activités des Maï Maï Gédéon et Bakata-Katanga, particulièrement dans les territoires de Pweto, Manono et Mitwaba. Entre les 5 et 8 septembre 2013, illustre le casque bleu, les éléments Maï Maï Bakata-Katanga ont assassiné le chef du village Nondo, situé à 19 Km au Nord-Ouest de Pweto, et blessé grièvement son épouse, pour son soutien présumé aux troupes FARDC lors de la conduite de leurs opérations de bouclage et de ratissage dans la région.

Au registre de reddition, le 9 septembre dernier, l’administrateur du territoire de Pweto a rapporté que 58 éléments Maï Maï Bakata-Katanga en provenance du village de Mwenge (85 Km à l’Ouest de Pweto) et ses environs, se sont rendus aux troupes FARDC déployées dans la région. Cette autorité administrative a ajouté que 258 autres éléments Maï Maï Bakata-Katanga, notamment 32 hommes, 18 femmes et 218 enfants, s’étaient préalablement rendus aux troupes gouvernementales du 613ème bataillon FARDC déployées au Centre de Pweto, et sont présentement accommodés dans leur base en attendant leur prise en compte.

Les 10 et 11 septembre 2013, 11 éléments Maï Maï Bakata-Katanga, appartenant à la faction de Yorgo Kisimba Gérard, alias « seigneur de guerre », se sont rendus aux troupes FARDC déployées au village Kiambi, situé à 80 Km au Sud-Est de Manono. Quinze autres combattants s’étaient rendus au 621ème bataillon FARDC basé à Manono, situé à 450 km au Sud-Ouest de Kalemie.

Il convient de souligner qu’au lendemain de la fête nationale fin juin 2013, le gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi Chapwe, avait rappelé aux députés provinciaux les faits marquants de l’existence des Kata Katanga, «ces forces négatives qui menacent l’intégrité de la riche province cuprifère». Le gouverneur n’était pas allé par le dos de la cuillère pour dénoncer la malveillance de certains acteurs politiques et sociaux qui œuvrent contre la paix et la sécurité de leur propre province. « Plus grave, avec certaines complicités, les milices Maï-Maï, appelées ‘‘Kata Katanga’’, progresseront sur le terrain jusqu’à faire facilement leur entrée dans la ville de Lubumbashi le 23 mars 2013 et cela, après avoir semé désastre, mort et désolation dans les localités de Bunkeya, Lukafu, Kyembe, Tondolo, Kasomeno et Kinsevere », avait-t-il indiqué.

Par la même occasion, le numéro 1 de la province avait invité la population à vaquer librement à ses occupations quotidiennes, annonçant que toutes les mesures avaient été prises pour barrer la route aux Kata Katanga et à leurs complices. «Malgré cela, la situation n’est pas du tout reluisante, a-t-il reconnu. A titre illustratif, il avoue qu’à cause des agissements des «Kata Katanga», la campagne agricole est hypothéquée en 2013. Les agriculteurs n’ont pas pu récolter assez de maïs et le stock disponible est insuffisant pour répondre aux besoins de la population. « Il faut donc s’attendre à des pénuries graves de cette denrée dans les mois à venir », avait-il déjà affirmé.

 

Tshieke Bukasa 

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