Le faux retrait du CNDP/M.23

Le général Bosco Ntaganda et le colonel « Ruzandiza » alias Sultani Makenga sont devenus très loquaces depuis que les troupes rwandaises ont occupé plusieurs villes et localités du Nord-Kivu, au beau milieu de la semaine dernière. Comme pour bien se moquer des Congolais, ils ont fait savoir, dans un communiqué daté du 09 juillet 2012, qu’ils ont décidé de retirer leurs soldats  de la ville de Rutshuru, de la cité de Kiwandja ainsi que des localités de Kako, Rubare, Kalengera et du Camp militaire de Rumangabo.
Les deux seigneurs de guerre laissent croire que la sécurité serait assurée, dans les territoires occupés, par la Police Nationale Congolaise et la Monusco. Un esprit non averti pourrait penser, à la lecture d’un tel communiqué, que les rebelles rwandais opérant sous l’étiquette du CNDP/M.23 seraient effectivement animés de bonnes intentions à l’égard des populations civiles congolaises.
 
Pourtant, le décryptage de leur message montre qu’il s’agit là d’un trompe-l’œil. Pour s’en convaincre, il suffit de bien analyser la menace voilée que charrie le passage où le CNDP/M.23 prévient que toute tentative de contrôle ou d’infiltration des localités prétendues abandonnées serait réprimée immédiatement et énergiquement. Comment expliquer qu’un mouvement rebelle, qui prétend avoir retiré ses hommes de Rutshuru, Kiwandja, Kako, Rubare, Kalengera et Rumangabo, puisse y interdire toute présence de l’armée nationale ? 
Il est bizarre que Bosco Ntaganda et Sultani Makenga se mettent déjà à revendiquer la propriété des espaces militaires conquis par l’armée régulière rwandaise au Nord-Kivu, alors que cette province fait partie intégrante de la République Démocratique du Congo. Chaque Congolais peut constater que l’armée rwandaise n’a pas du tout décroché de Rutshuru, Kiwandja, Kako, Rubare, Kalengera et Rumangabo. Elle est bien là, en train de narguer une population congolaise qui a déserté les zones de combat.
La preuve des mensonges de Bosco Ntaganda et Makenga est à chercher dans leur silence sur la situation de Bunagana. Pourquoi n’ont-ils pas cité cette localité parmi les territoires soi-disant laissés sous l’administration de la police nationale et de la Monusco ? Leur refus de quitter Bunagana s’explique. Pour le CNDP/M.23, c’est la base arrière la plus sûre car située à un jet de pierres du Rwanda et de l’Ouganda.
En plus, au niveau de cette localité frontalière, rien ne peut trahir leur connexion avec le régime de Kigali. Mais, à l’intérieur du Nord-Kivu, comme à Rutshuru, Kiwandja ou ailleurs, leur ignorance des langues locales pourrait les trahir et susciter la méfiance, sinon des manifestations de rue face à une force étrangère d’occupation.
 
Kimp
 

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