Le come-back inattendu d’E. Tshisekedi

L’onde de choc provoqué sur l’ensemble du territoire national par le retour triomphal Etienne Tshisekedi-wa-Mulumba, le 08 décembre 2010, n’a pas encore fini de faire des vagues sur l’échiquier politique de la Rd Congo. Menteur serait le politicien qui prétendrait être demeuré indifférent ce jour là, face à la marée humaine qui avait pratiquement paralysé le boulevard Lumumba, de l’Aéroport de N’Djili jusqu’à Limeté et de 13 heures jusqu’à 21 heures, uniquement pour accueillir et accompagner le « Père de la Démocratie congolaise », de l’avion qui le ramenait de l’Europe au pays de ses ancêtres – selon sa propre expression – et s’assurer réellement s’il s’agissait bien de sa personne.

          Depuis cette date jusqu’à ce jour, aussi bien les partisans du camp de la majorité présidentielle au pouvoir que ceux de l’opposition parlementaire et non parlementaire se sont vu imposer par le concours de circonstance une révision forcée de leurs calculs politiques. Même au sein de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (U.D.P.S.), son propre parti politique, le choc a été ressenti par les cadres et « combattants », aussi bien ceux restés fidèles à la ligne du parti que ceux qui avaient choisi d’autres voies. Dès cet instant, il n’y avait plus moyen de survivre – en dehors de l’alignement et du repositionnement politique – à la guerre électorale qui s’annonce déjà rude et qui pointe à l’horizon ‘2011’.

La légende est tenace : le Sphinx renaît toujours de ses cendres

          Tous les observateurs du jeu politique congolais distinguent désormais deux mammouths sur l’échiquier politique congolais : d’un coté l’Udps, fille aînée de l’opposition et les partis de l’opposition qui sont venus le rejoindre à cette occasion et de l’autre le Pprd et ses alliés de l’Alliance pour la majorité présidentielle (A.M.P.). Ils s’accordent sur l’impact positif de ce retour sur ces alliances politiques : l’opposition est ragaillardie  d’avoir retrouvé son meneur naturel qui s’est toujours imposé par son combat pour la non violence, la bonne gouvernance, l’Etat de droit et la loyauté dans la lutte politique ; et l’AMP a aussi saisi l’occasion pour ratisser large et compter ses amis. Même au sein de l’Udps, les querelles sur la succession d’Etienne Tshisekedi se sont estompés.

 

          Profitant du séjour prolongé du chef du parti pour raison de maladie – trois ans en Europe – certains cadres se sont mis à rêver du pouvoir. Ils espéraient voir le Sphinx de Limeté rentrer dans un cercueil pour qu’ils s’emparent facilement du leadership au sein du parti. Face au raz-de-marée humain du 08 décembre 2010, ils ont vite déchanté et ont fini par confesser leur fidélité avec un mea culpa retentissant. L’amnistie générale décrétée par le Lider Maximo lui-même à l’issue de son élection à la présidence de l’Udps par le Congrès, le 14 décembre 2010, les querelles intestines ont fait place à l’union sacrée pour la conquête du pouvoir en 2011.

          Aujourd’hui tout le monde s’incline devant le Premier Congrès de l’Udps et  l’adossement par le parti de la candidature d’E. Tshisekedi à la présidence de la République. C’est là un ensemble des réalités qui viennent de bouleverser l’échiquier politique congolais et de faire chanceler plusieurs prévisions électorales. Et la messe qui semblait  déjà dite pour les élections de 2011 est à ré- célébrer car rien n’est plus acquis pour l’instant.

SAKAZ

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