Le Collège des fondateurs de l’UDPS est un organe consultatif

Au moment où le monde entier salue le retour fracassant d’Etienne TSHISEKEDI sur la scène politique congolaise afin de participer au jeu politique qui s’annonce chaud et palpitant avec la tenue des élections prévues pour l’année prochaine, voilà qu’un groupe des gens se cachant derrière le vocable  « Collège des fondateurs » sort du bois pour tenter de mettre la pagaille au sein de ce parti considéré à juste titre comme le fer de lance de l’opposition pacifique congolaise. Le moment semble mal choisi car ce coup survient malheureusement au lendemain du tout premier congrès de ce parti depuis sa création en 1982, qui a eu comme effet de redonner de l’espoir aux millions des partisans découragés par le jeu mesquin des  leaders de l’opposition parlementaire et surtout de démentir tous ceux qui avaient cru que le leader charismatique ne reviendrait que dans un cercueil.

 
Organe purement consultatif

 Le moment est mal choisi car ceux qui se croient investis de la mission de tout régenter donnent la nette impression d’avoir oublié l’histoire émouvante et poignante de l’UDPS et surtout de n’avoir pas bien lu les statuts constitutifs de leur propre parti. Sinon, ils se seraient rendus compte que le soit-disant collège des fondateurs a toujours été un organe consultatif dont les avis et considérations n’ont toujours eu qu’une valeur purement consultative, déclaratoire et non attributive, bref pas du tout contraignante. Un véritable Sénat des Sages dont la principale tâche consistait à arbitrer les conflits de compétences pouvant subvenir entre les trois autres organes statutaires.
 Ce schéma répond exactement au projet de société de l’UDPS qui prône le régime parlementaire dans un système fédéral. Tant et si bien que vu sous cet angle, il serait anormal qu’un organe consultatif soit doté des pouvoirs contraignants alors qu’il y a un gouvernement ou secrétariat national qui répond de ses actes devant le parlement qu’est le comité national. On se rappelle que le secrétaire général et les membres de son organe ont toujours été élus par le comité national, comme cela s’est passé en 1994 avec l’élection du Dr Adrien PHONGO au Collège Saint Georges de Kintambo où il avait battu le général MOLONGYA soutenu par KIBASSA Maliba. Faut-il rappeler que le Directoire était organisé pour intervenir en dernier ressort en tenant compte des avis émis par le comité national et le secrétariat général. D’ailleurs, c’est au Conclave de Bondeko que les délégués des quatre organes mirent au point un règlement intérieur pour régir les rapports entre eux de sorte qu’en cas d’un problème majeur pouvant engager la vie et le fonctionnement du parti, les décisions soient prises par consensus. Ce, en attendant le premier congrès du parti d’où sortirait le président national. Chose faite depuis plus d’une semaine et l’on ne comprend pas la sortie de ce collège des fondateurs qui se permet de remettre en cause les décisions du congrès qui constitue aux termes des statuts constitutifs l’organe suprême de décisions.  

Cheval de Troie

 Certes, le collège des fondateurs a toujours fait partie des quatre organes statutaires dont le directoire à l’époque composé des quatre leaders principaux, à savoir Tshisekedi, Kibasa, Lihau et Mbwankiem, le secrétariat général vu comme gouvernement du parti et enfin le comité national ou parlement du parti. De tous ces organes, le collège des fondateurs a toujours regroupé d’une part les vrais fondateurs issus des 13 parlementaires qui avaient rédigé et signé l’Acte fondateur de l’UDPS en 1982 à la résidence officielle de feu Joseph NGALULA Mpandandjila et d’autre part certaines personnalités cooptées soit avant ou après la date historique du 24 avril 1990. Parmi les personnalités cooptées avant cette date il y a eu feu Frédéric KIBASA Maliba qui, lui, tout en siégeant au Comité Central du MPR-parti Etat avait été coopté par les vrais signataires des statuts de 1982 issus tous de l’assemblée nationale de l’époque. Voilà donc la composition originaire de ce collège des fondateurs qui a souvent servi de cheval de Troie à tous ceux qui se préparent à traverser la rue.
 Doit-on rappeler qu’avant de prendre le large, feu Frédéric KIBASA Maliba avait aussi utilisé quelques membres de ce collège des fondateurs pour prétendre détenir les pouvoirs légitimes et la légaux du président national ? Bien avant lui, feu Faustin BIRINDWA s’était vanté de parler au nom de deux fondateurs dont particulièrement Charles Dia ONKEN et BIRINGANINE. Malheureusement, mis au parfum car absent du pays, ce dernier dénonça ce jeu malsain par une correspondance envoyée à tous les organes du parti dont copies aux médias locaux et internationaux.

Courage de ses opinions et honnêteté intellectuelle
 
 Par contre, feu Joseph NGALULA Mpandandjila s’employait souvent à répéter à tous ceux qui l’approchaient ou tentaient de lui demander de passer par le même stratagème que l’UDPS était une entreprise historique et merveilleuse appelée à survivre à ses fondateurs et que pour rien au monde il ne se permettrait  de détruire une œuvre pour laquelle il avait sacrifié sa vie et celle des siens. Et par honnêteté intellectuelle et politique, il créa son propre parti qui se rangea aux côtés des Forces du Conclave face à l’Union Sacrée de l’Opposition Radicale tout au long de la longue transition déclenchée le 24 avril 1990. Il en fut de même pour feu Vincent MBWAKIEM Naroliem qui démissionna de l’UDPS en 1998 pour aller créer son propre parti au nom duquel son fils devint ministre dans le gouvernement de l’AFDL sous Mzee L.D. KABILA.
 Gabriel KYUNGU Wa Kumwanza, l’un des treize parlementaires reconnus comme les vrais fondateurs de l’UDPS a été honnête en quittant ce parti pour aller fonder le sien en compagnie de feu Jean NGUZ Karl-i-Bond. Tout comme Paul KAPITA Shabangi, lui aussi l’un des treize parlementaires qui a adhéré à l’APARECO d’Honoré NGBANDA.
 L’histoire ne pardonne pas à ceux qui veulent tricher avec les faits qui sont d’essence sacrés, alors que les commentaires sont libres, comme aiment le dire les professionnels des médias.  Agir autrement serait suicidaire aussi bien pour eux que pour le parti. A tout le moins, ceux qui se croient au dessus du premier congrès de l’UDPS feraient mieux de franchir le Rubicon en allant créer leur propre parti au lieu de maintenir la zizanie et le mensonge. Ils n’ont qu’à suivre la voie leur tracée par des vrais fondateurs de l’UDPS comme Gabriel Kyungu, Paul Kapita et Joseph Ngalula.
F.M.
 

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