Le CALCC recommande le report des consultations nationales

1. Le Bureau national du CALCC exprime de vives inquiétudes sur les concertations nationales qui devront s’ouvrir mercredi 4 septembre 2013.

2. Convoquées en vue de la cohésion nationale, les concertations vont se tenir sans la participation de plusieurs forces politiques et sociales du pays notamment les principaux partis politiques de l’opposition et des organisations très crédibles de la société civile.

3.  Dans l’organisation de ces assises, on relève :

a. un déséquilibre dans la répartition des quotas des participants qui devraient être équitables entre la majorité présidentielle, l’opposition et la société civile.

b. le manque de transparence et d’objectivité dans la désignation des participants; si bien qu’une composante aussi importante de la Nation comme les confessions religieuses, est réduite à n’y envoyer que douze personnes et l’Eglise catholique qui est la principale force sociale du pays, n’a droit qu’au même nombre de délégués qu’une ONG qui regroupe une centaine de membres.

c. le refus de laisser les participants se choisir eux-mêmes les membres des bureaux

d. le refus de rendre obligatoires et opposables à tous les décisions

4. Mis ensemble, tous ces faits et bien d’autres encore, montrent que ces assises, telles qu’elles s’organisent, ne seront pas véritablement un espace de dialogue ouvert et franc, et risquent d’être une simple consultation sinon un bureau conseil.

5. Nous prenons ainsi le peuple à témoin. Comme au moment du référendum sur la constitution en 2005 où le CALCC avait appelé à voter NON, comme en 2011 où le CALCC avait suggéré le report des élections pour éviter la précipitation, nous recommandons le report des concertations nationales si vraiment leur objectif est de renforcer la cohésion nationale. Il faut prendre plus de temps aux discussions avec les forces sociopolitiques significatives. Le Presidium devrait se faire l’obligation de poursuivre les échanges en examinant sans préjugés les requêtes qui ont été soumises.

6. En outre le CALCC réaffirme l’exigence de centrer les concertations sur les questions fondamentales de la vie de la Nation à savoir les valeurs spirituelles, morales et éthiques. A notre humble avis, il ne sert à rien de perdre du temps et des moyens à discuter des questions pour lesquelles les solutions avaient déjà été formulées dans divers forums notamment la Conférence nationale souveraine, le dialogue intercongolais de Sun City et au sein même du gouvernement.  Dans tous les domaines de la vie nationale, il existe de très beaux et bons textes qui ne demandent que leur application. Le problème est de savoir pourquoi ces textes ne sont pas appliqués et que faire pour les appliquer.

 Fait à Kinshasa, le 2 septembre 2013

Vincent KEKOLEMBA

Porte-parole

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