Le CALCC appelle la CENI à prendre en compte la dimension politique des élections

Ceni_1Sous le haut patronage de la Conférence Episcopale Nationale du Congo, CENCO, et la supervision tutélaire de la Commission Episcopale pour l’Apostolat des Laïcs Catholiques, CEAL, le Conseil de l’Apostolat des Laïcs Catholiques du Congo, CALCC, a organisé du 30 mai au 1er juin 2014 au Centre Interdiocésain de Kinshasa,  le 5ème Atelier des Acteurs politiques catholiques sur le thème : « L’avenir de la Nation face aux enjeux politiques, réflexion sur les modes de scrutins ».

 Pour présenter les travaux entre les mains du Seigneur Dieu et demander l’assistance de son Esprit Saint, l’Atelier a commencé vendredi 30 mai par une célébration eucharistique en l’église du Sacré-Cœur de la Gombe et, était présidée, au nom de Mgr le Président de la CENCO, par Son Excellence Mgr Timothée BODIKA, Evêque auxiliaire de Kinshasa et membre de la Commission Episcopale pour l’Apostolat des Laïcs, entouré des Révérends Abbés Léonard SANTEDI et Crispin BAKADISULA, respectivement Secrétaire Général de la CENCO et Secrétaire de la Commission Episcopale pour l’Apostolat des Laïcs.

Dans l’homélie et dans les discours d’ouverture prononcés, les participants ont suivi attentivement l’Enseignement de l’Eglise sur la responsabilité des laïcs en général et des acteurs politiques en particulier, qui sont les Ambassadeurs du Christ dans les milieux politiques. De manière claire, la Hiérarchie de notre Eglise nous a rappelé nos devoirs en stigmatisant notre inaction face à la promotion de la culture des vices, de la corruption et donc du péché, qui s’est installée dans le pays. L’Eglise nous exhorte à prendre nos responsabilités en tant que chrétien et d’arrêter de penser ou d’attendre que les Evêques nous donnent des mots d’ordre pour agir ou encore qu’ils agissent à notre place ; la gestion du temporel c’est la responsabilité des laïcs.

Les travaux se sont ensuite poursuivis au Centre Interdiocésain pendant deux jours, samedi 31 mai et dimanche 1er juin. Des communications de très haute facture scientifique sur les enjeux sociopolitiques des élections ont été données par des universitaires congolais avant que la CENI ne présente l’état des lieux du processus électoral. L’Institution chargée de l’organisation des élections a expliqué les avancées, les contraintes, les motivations mais aussi les défis auxquels elle fait face dans l’exécution de ses tâches. Avec attention, les participants ont suivi la critique émise sur la feuille de route électoral par AETA, Agir pour les Elections Transparentes et Apaisées qui est une association de plusieurs ONG engagés dans l’éducation civique et électorale. Un avis d’un praticien du Droit, de bonne renommée dans les milieux associatifs, a aussi été entendu sur la légalité et la légitimité des propositions clés de la CENI. Pour finir les communications, les participants ont été abreuvés aux valeurs spirituelles et éthiques qui transcendent et fondent l’agir humain et politique.

            Sur base de toutes les informations reçues et analysées, les participants ont levé des options et pris quelques décisions dont le CALCC se chargera de faire le suivi.

            Première décision. Expliquer au peuple la dimension spirituelle de la crise et, annoncer les desseins et la volonté de Dieu. La Nation congolaise souffre d’abord et avant tout de la perversion morale de ses leaders, fruit de l’égarement spirituel, de l’idolâtrie qui engendre l’égoïsme et l’orgueil. Il n’est pas possible de redresser le pays et en garantir l’avenir sans la repentance sincère et profonde de nos leaders et, si la gouvernance n’est pas conforme à la volonté et au plan de Dieu pour la Nation.

            La volonté de Dieu pour notre pays n’est pas difficile à saisir. Il suffit d’observer les merveilles de la Création, de lire attentivement les Saintes Ecritures (Isaïe 18) d’observer la marche du monde pour découvrir la mission de cette Nation au cœur de l’Afrique. Franz Fanon, Nkwameh Nkrumah et très récemment Abdou Diouf, Secrétaire Général de l’OIF et bien d’autres personnes de renommée, l’ont dit chacun dans ses propres termes.

            Le leadership que la RDC doit assumer est si lourd, si précieux qu’il ne peut être assumé sans alliance claire et ferme avec le Seigneur Dieu. Il faut bâtir le Congo avec Dieu car Si l’Eternel ne bâtit la maison, Ceux qui la bâtissent travaillent en vain. Ps 27,1.

            N’est-ce pas à cela que faisait allusion le Président de la République en annonçant, urbi et orbi, à l’ouverture des Concertations nationales : « la République démocratique du Congo est non seulement engagée mais prête à assumer le rôle auquel le Maître des temps et des circonstances le destine ». Et, à la clôture de ces assises, le Chef de l’Etat avait indiqué la condition pour arriver à assumer ce rôle, à savoir : un « vrai changement de mentalités et de comportement ».

            Au nom des participants au 5ème Atelier des acteurs politiques et au nom de tous les Chrétiens Catholiques du Congo, le CALCC soutient et encourage le Président de la République à tenir bon sur cette lancée car c’est là, la voie royale pour assurer à la Nation la paix profonde et durable, la justice et la prospérité. Certes, c’est une voie très exigeante et contraignante qui requiert courage et humilité. Mais les fruits en sont succulents pour tous.

Deuxième décision. Appeler les forces politiques au Dialogue.

            Les élections ne peuvent pas être organisées dans un climat de tension et de soupçon. Dans les conditions actuelles, il est à craindre que la compétition électorale ne serve à allumer le feu au pays. Au nom des participants et au nom de tous les Chrétiens Catholiques du Congo, le CALCC appelle le Chef de l’Etat, Garant de la Nation, à ne pas céder aux discours extrémistes et partisans. Le danger est réel pour le pays dont il assure la garde.

            En vue d’apaiser le climat, le CALCC appelle la CENI à prendre en compte la dimension politique des élections. La tenue des élections n’est pas un challenge individuel. C’est une affaire de la Nation. Au stade actuel, il est préférable que la CENI s’occupe de l’organisation de l’administration électorale en formant les agents à travers tout le territoire national et en équipant les différents bureaux de sorte que les équipes maitrisent le système longtemps avant les scrutins dont la tenue ne peut être programmée sans le consensus des forces politiques. Agir autrement, c’est en rajouter aux soupçons et donc hypothéquer les chances d’une élection apaisée, transparente et crédibles.

            Le consensus indispensable ne peut être obtenu qu’en dialoguant. Certes, chacune de forces politiques intéressées a un agenda en fonction de ses intérêts propres. C’est légitime. Au-delà des intérêts partisans, nous devrions tous rechercher le bien du peuple et, surtout que soit faite la volonté de Dieu qui a garni cette Nation de tant de potentialités. Le Seigneur Dieu, Maître des temps et des circonstances, lui seul qui scrute les cœurs et les reins et qui rétribue avec justice et justesse, a donné des instructions claires, simples et pratiques pour la gestion de cet instant.

                                               Fait à Kinshasa,

le 2 juin 2014

 

Pour le CALCC

 

Vincent de Paul KEKOLEMBA

Porte-parole. 

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